FFPM : inquiétudes sur le front des trafics


Pilotage hauturier, amendements et nouvelles dispositions aux conventions STCW et Solas ont alimenté les débats la semaine dernière à Paris lors du 98e Congrès des pilotes maritimes. Un œil sur l’avancement du projet européen de paquet portuaire, les pilotes s’inquiètent dans l’immédiat de l’évolution des trafics portuaires français.


Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM
Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM
Ouvert par Odile Roussel, ambassadrice de France auprès de l’OMI, le 98e Congrès des pilotes maritimes a consacré une large place aux évolutions réglementaires. Depuis le 1er janvier, un amendement à la convention STCW redéfinit ainsi les normes en matière de formation, de certification et de veille. «Ces dispositions imposent que les commandants de navires et les officiers de pont soient formés à l’utilisation des cartes marines électroniques (Ecdis)», explique Frédéric Moncany de Saint-Aignan, réélu pour un mandat de trois ans à la tête de la Fédération française des pilotes maritimes (FFPM). Un sujet délicat car «des anomalies apparaissent dans les premières versions avec la disparition de bouées et d’obstacles comme des épaves». Avant une utilisation obligatoire dès 2018, les pilotes alertent les autorités afin de procéder aux corrections nécessaires, et les commandants ainsi que les officiers de pont «à ne pas les suivre aveuglement».


Au 1er juillet 2012, la fédération salue par ailleurs l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions dans la convention Solas. «À partir de cette date, la surveillance des règles de construction et d’installation des échelles de pilote fera partie intégrante du contrôle par l’État du port. Les échelles électriques seront en outre bannies sur les navires neufs et interdites sur les autres». Encouragement enfin en faveur du projet de résolution visant à réformer le recours aux pilotes hauturiers en mer du Nord, Manche et le Skagerrak. Quant à l’avancement de ce dossier dans les Bouches de Bonifacio, il sera défendu par la France et l’Italie devant l’OMI courant 2013 avant une mise en œuvre escomptée d’ici 2014. «Le pilotage hauturier ne sera sans doute pas rendu obligatoire, mais nous espérons une forte recommandation pour le passage de ce détroit international».

Trafics en berne

Au plan européen, le projet de paquet portuaire suscite toujours autant d’attention. Mené par le cabinet PricewaterhouseCoopers, «l’audit a été lancé sur l’attribution de la licence de capitaine-pilote. En parallèle, une enquête de satisfaction clients sera lancée d’ici cet été. À ce stade, la position de la Commission n’est pas connue ni le type de texte qui découlera de ces démarches». Opposé à toute déréglementation du pilotage maritime, Frédéric Moncany de Saint-Aignan s’interroge sur les questions posées et sur les personnes appelées à répondre à l’enquête de satisfaction. «Nos clients sont les compagnies maritimes.

«Tirer les leçons du "TK Bremen" en intégrant mieux les pilotes dans les chaînes de décision»


Toutefois, les pilotes interviennent dans la sécurité des ports et des littoraux. Il nous semble donc logique que les collectivités locales et les autorités portuaires soient également consultées». Au plan national enfin, l’évolution des trafics inquiète à l’issue du premier trimestre après trois années déjà difficiles. «En 2011, le nombre de navires pilotés s’est établi à 100.864 contre plus de 106.200 en 2010. Hors pilotage hauturier, l’activité par pilote évalué en nombre de navires pilotés est en diminution de 4,4 % tandis qu’en volume piloté, l’activité est stable (- 0,1 %) avec un volume moyen de près de 40.000 m3». Face à ces évolutions, le nombre de pilotes est passé de 345 à 342 par non-remplacement de départs à la retraite, et la station de Roscoff a été rattachée à celle de Brest-Concarneau-Odet.

Érick Demangeon

Mardi 10 Avril 2012


Tags : ffpm, maritime



     

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