Fédération française des pilotes maritimes : "Massifier les pré et post acheminements"


Si la profession encourage le développement de la croisière, celle-ci ne compense pas l’évolution mitigée des trafics fret sur les activités de pilotage, dans les ports décentralisés en particulier. La Fédération française des pilotes maritimes se dit favorable au renforcement des dessertes terrestres portuaires. Elle salue aussi la position du Parlement européen sur le projet de règlement "services portuaires".


En 2015, l'ensemble des pilotes français a effectué 99.000 sorties © Franck André
En 2015, l'ensemble des pilotes français a effectué 99.000 sorties © Franck André
Reflet de l’évolution du transport maritime mondial et de l’attractivité des ports nationaux, le pilotage français connaît des tendances contrastées. Consolidant les entrées, sorties et mouvements de navires, d’un côté, le nombre d’opérations avec pilote à bord diminue d’année en année depuis 2008. L’an passé, 99.000 sont ainsi recensées, un chiffre en baisse de 1,7 %*. "Pour la seule métropole, le retrait s’élève à 5,5 %", précise Jean-Philippe Casanova, président de la Fédération française des pilotes maritimes (FFPM), qui était en congrès du 10 au 12 mai à Paris.

"Le volume moyen des navires pilotés dépasse la barre des 40.000 m3"


De l’autre, le volume piloté se maintient autour de 4,1 milliards de m3 avec une moyenne de 42.300 m3 pour les Grands Ports maritimes et de 25.000 m3 pour les autres ports nationaux. Si ces tendances semblent profiter au chiffre d’affaires global du pilotage français à hauteur de 125 millions d’euros en 2015 (+ 4 %), sur le terrain, elles creusent les différences d’activité entre les stations, et soulignent les difficultés structurelles des ports français. "Les ports décentralisés pâtissent de l’augmentation de la taille des navires qui se concentrent de plus en plus dans les GPM, dont la croissance est bridée par la capacité limitée de leurs dessertes terrestres".

Mobilisés autour de la croisière

Marquant son optimisme dans l’avenir malgré la présentation de ce tableau préoccupant, Jean-Philippe Casanova relève aussi plusieurs évolutions positives. À commencer par l’ouverture annoncée pour le 28 juin prochain du terminal méthanier à Dunkerque. La croisière est un autre sujet de satisfaction qui profite aux GPM comme aux ports décentralisés. "Ce marché est en croissance, comme on le voit avec l’augmentation régulière des escales de paquebots, et ses perspectives sont favorables, estime Jean-Philippe Casanova. Les pilotes participent à la promotion des escales françaises, associés aux communautés, associations dédiées et acteurs économiques régionaux de chaque port".
Dans ce cadre, la station de Marseille-Fos par exemple, a conclu un accord avec Météo France pour affiner ses prévisions, et améliorer le pilotage des paquebots. "Nous invitons les compagnies de croisières à nous transmettre les caractéristiques de leurs navires pour les intégrer à nos outils de simulation afin d’anticiper leur venue. Nous sommes enfin partenaires et présents lors de démarches commerciales auprès d’elles ou à l’occasion de salons spécialisés", ajoute le président d la FFPM.

Jean-Philippe Casanova, président de la Fédération française des pilotes maritimes ©FFPM
Jean-Philippe Casanova, président de la Fédération française des pilotes maritimes ©FFPM
Une issue européenne favorable ?

Comme chaque année, les questions européennes ont tenu une large place dans les débats du 102e congrès. En l’état des positions connues, l’évolution du règlement européen "services portuaires" semble aller dans le sens des attentes des pilotes français et européens. Sur la base du rapport du député Knut Fleckenstein rendu public le 22 mai 2015, la proposition de texte a été adoptée par le Parlement européen le 8 mars 2016. À cette occasion, il a validé l’exclusion du pilotage des services portuaires susceptibles d’être libéralisés et l’a maintenu dans le chapitre consacré à la transparence financière. "À l’instar de l’EMPA, l’association européenne des pilotes maritimes, nous soutenons la position du Parlement européen", souligne Jean-Philippe Casanova. La bataille n’est pas gagnée pour autant dans l’attente, d’ici à la fin de l’été normalement, des résultats de la négociation tripartite en cours avec le Conseil et la Commission.

Navire du futur

Saluant la nomination de Patrice Laporte en tant que directeur de l’École nationale supérieure maritime (ENSM), la FFPM a enfin abordé les appels à manifestation d’intérêt consacrés aux navires du futur. Face aux projets de navires sans pilote ou de réalité augmentée appliquée à la navigation maritime, les pilotes s’interrogent quant à la place qui sera laissée à l’intervention à bord, à l’approche et dans les ports. Pour Jean-Philippe Casanova, le progrès technique est à double tranchant : "Si nous restons ouverts aux nouvelles technologies, nous sommes attentifs à leur développement qui peuvent apporter une valeur ajoutée à nos prestations ou, au contraire, compromettre leur fiabilité".

*En 2015, la FFPM recense également 40.000 environ opérations réalisées sous licence de capitaine pilote ne nécessitant pas l’intervention de pilote à bord du navire.

333 pilotes en France
Au 31 décembre 2015, l’effectif de l’ensemble des stations de pilotage françaises s’élevait à 333 pilotes, dont 236 interviennent dans les Grands Ports maritimes métropolitains, 57 dans les ports décentralisés, 38 dans les ports d'Outre-mer et deux en qualité de pilotes hauturiers. Les effectifs de pilotes sont stables en France depuis plusieurs années, dans une fourchette de 330 à 340 personnes.

Érick Demangeon

Vendredi 13 Mai 2016



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