Feu vert à la reprise d'Olympic par Aegean Airlines


La Commission européenne a autorisé mercredi 9 octobre le rachat par la compagnie aérienne grecque Aegean Airlines de son concurrent Olympic Air, en dépit de la création d'une situation de monopole sur certaines liaisons intérieures en Grèce.


© Olympic Air
© Olympic Air
Bruxelles a donné son feu vert à la reprise d'Olympic Air par Aegean Airlines. Il est rare que la Commission, gardienne de la concurrence en Europe, prenne une telle décision. Elle a ainsi refusé cette année pour la deuxième fois la fusion des deux compagnies irlandaises Ryanair et Aer Lingus. Mais étant donné qu'Olympic Air, confrontée à des difficultés financières, n'est pas viable, la concentration "ne saurait nuire à une concurrence appelée à disparaître" de toute façon, a jugé la Commission. Le commissaire chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, a aussi évoqué le fait que la crise grecque décourage d'autres concurrents potentiels.
Aegean Airlines avait annoncé en octobre 2012 un accord pour la reprise de 100 % d'Olympic au groupe d'investissement Marfin pour 72 millions d'euros. En janvier 2011, un précédent projet de fusion entre les deux compagnies aériennes grecques avait été bloqué par la Commission. En avril dernier encore, l'exécutif européen semblait réticent à cette fusion et avait annoncé l'ouverture d'une enquête approfondie, craignant toujours la création d'un monopole susceptible d'entraîner une hausse des prix. Mais devant le risque de disparition d'Olympic, la fusion a finalement été autorisée "car elle n'aura aucun effet négatif supplémentaire sur la concurrence", a expliqué Joaquin Almunia.

La compagnie n'a jamais été rentable

L'actionnaire unique d'Olympic, le fonds d'investissement Marfin, a en effet notifié aux autorités européennes son intention de ne plus soutenir financièrement la compagnie, quoi qu'il arrive. Olympic, créée par le légendaire armateur Aristote Onassis, avait été rachetée par Marfin à l'État grec en 2009. La compagnie "n'a jamais été rentable depuis sa privatisation", a rappelé Joaquin Almunia. Si elle avait pu constituer un concurrent crédible à Aegean Airlines, "la décision aurait été d'interdire la fusion", a-t-il expliqué.
La Commission a établi qu'il n'y avait pas d'autre repreneur crédible qu'Aegean pour Olympic ou pour ses actifs. En effet, note-t-elle, "les nouveaux arrivants potentiels jugent plus rentables les possibilités qui s'offrent à eux ailleurs", notamment parce qu'ils estiment les coûts d'entrée trop élevés ou parce qu'ils se tiennent éloignés du marché intérieur grec en raison des difficultés économiques du pays. Elle note en outre que la crise grecque a entraîné une baisse de 26 % de la demande de transport aérien intérieur à partir de l'aéroport d'Athènes, avec 4,5 millions de passagers en 2012 contre 6,1 millions en 2009, une tendance qui s'est poursuivie au premier semestre 2013. Aegean, qui a enregistré en 2012 une perte nette de 10,5 milliards d'euros, après une perte de 27,1 milliards l'année précédente, considérait le rapprochement avec Olympic comme indispensable pour réaliser des économies d'échelle. La Commission remarque aussi que le nombre de liaisons assurées à la fois par Aegean et Olympic a fortement diminué ces dernières années, et notamment depuis qu'elle s'est opposée au premier projet de fusion en 2011. À l'époque, les deux compagnies proposaient des services concurrents sur dix-sept liaisons, parmi lesquelles neuf posaient des problèmes de concurrence. Leurs activités ne se chevauchent plus aujourd'hui que sur sept liaisons, dont cinq qu'elles sont les seules à exploiter au départ d'Athènes : La Canée, Corfou, Mytilène, Santorin et Kos. La compagnie chypriote Cyprus Airlines a fait figure de concurrent potentiel à Aegean pendant un temps sur certaines lignes intérieures grecques mais, confrontée elle-même à des pertes abyssales, a dû renoncer. Joaquin Almunia a reconnu que la situation du marché n'était "pas idéale pour les près de 1 million de passagers annuels" qui empruntent les lignes intérieures où la concurrence est absente, "mais la fusion elle-même n'est pas responsable de cette situation", a-t-il souligné.

AFP

Jeudi 10 Octobre 2013



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