Fin de la grève à la SNCM


Les salariés de la SNCM ont voté la fin de la grève jeudi 9 janvier, au lendemain d'une réunion jugée "constructive" avec le gouvernement, qui s'est engagé sur un renouvellement de la flotte et le pavillon français, selon les syndicats.


La grève a touché le duo SNCM-La Méridionale © Paul Williams
La grève a touché le duo SNCM-La Méridionale © Paul Williams
Les salariés de la compagnie maritime SNCM ont voté jeudi 9 janvier, lors d'une assemblée générale à Marseille, la fin de la grève entamée le 1er janvier, au lendemain d'une réunion jugée "constructive" avec le gouvernement. L'ensemble des syndicats participant au mouvement (CFE-CGC, CGT-marins, Syndicat autonome des marins de la marine marchande et CFDT) ont estimé avoir obtenu satisfaction sur leurs deux principales revendications : le renouvellement de la flotte et la question du pavillon français "premier registre", qu'ils souhaitent voir imposer à l'ensemble des compagnies opérant en France, en premier lieu Corsica Ferries.
Il a fallu plus d'une semaine pour que le ministre des Transports renoue la discussion avec les grévistes sur l'ensemble du dossier, après avoir été interpellé par le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et le président PS de la région Paca, Michel Vauzelle.
À l'issue de la table ronde mercredi 8 janvier, les deux parties affichaient leur satisfaction, Frédéric Cuvillier estimant que "les conditions étaient réunies pour une reprise de l'activité" quand les syndicats exprimaient un "sentiment plutôt positif". "Le gouvernement a pris en compte la nécessité du renouvellement de la flotte et de la régulation de la concurrence, ce sont les deux éléments majeurs", a expliqué le délégué CFE-CGC des officiers, Pierre Maupoint de Vandeul.

"Élaboration d'un décret anti-dumping social, unique en Europe"


Concernant le premier point, la Banque publique d'investissement (BPIFrance) et la Caisse des dépôts (CDC), actionnaire de la SNCM, vont étudier "les solutions financières" en vue de l'achat de quatre navires. Cette commande, prévue dans le plan de sauvegarde que les actionnaires (Veolia Transdev à 66 %, État à 25 %, actionnaires salariés à 9 %) avaient voté le printemps dernier, n'a cessé d'être repoussée, Veolia agitant le spectre d'un dépôt de bilan, au grand dam des syndicats et de la direction qui y voient la clé d'un retour à l'équilibre de la société.

Difficultés chroniques

Second point crucial pour l'avenir de l'opérateur historique des liaisons Corse-continent, la "distorsion de concurrence" créée, selon la SNCM, par la compagnie privée Corsica Ferries, aux navires battant pavillon italien et aux équipages multinationaux. Le ministère travaille à l'élaboration d'un décret anti-dumping social, "unique en Europe", assure Frédéric Cuvillier, promettant "des règles qui sont les mêmes pour tous". Une réunion technique à ce sujet a eu lieu lundi 6 janvier entre le cabinet et la CGT, et une autre doit réunir, jeudi, les armateurs et l'ensemble des syndicats, qui demandent l'obligation pour toutes les compagnies ayant des activités en France d'opérer sous pavillon français "premier registre", qui impose les normes sociales les plus strictes. Selon Me Christine Bonnefoi, avocate de la CGT-Marins, la réglementation européenne autorise une telle mesure. "C'est de la responsabilité de l'État quand il s'agit du cabotage d'un continent vers une île", souligne-t-elle.
La SNCM, compagnie aux difficultés chroniques, n'est jamais parvenue à un équilibre financier solide depuis sa création il y a plus de trente ans. Privatisée en 2006 dans des conditions "contestables", selon un récent rapport parlementaire, elle accumule les pertes, confrontée à la concurrence croissante de Corsica Ferries et pénalisée par des grèves à répétition, avant une accalmie sociale ces deux dernières années. L'entreprise qui emploie 2.600 salariés est en outre sous le coup d'une double condamnation de Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros d'aides jugées illégales. Une situation qui dissuade tout actionnaire : Veolia, qui devait récupérer en direct les 66 % détenus par Transdev, coentreprise formée avec la Caisse des dépôts, souhaite se désengager. Frédéric Cuvillier a dit vouloir réunir les collectivités "pour préciser sous quelle forme elles souhaitent intervenir", alors que les syndicats réclament une table ronde pour plancher sur un "actionnariat public d'intérêt général".
La grève, qui touche le duo SNCM-La Méridionale, détenteur de la délégation de service public (DSP) de la desserte de la Corse pour la période 2014-2023, a entraîné l'immobilisation des navires desservant la Corse et le Maghreb. Pour la SNCM, elle avait entraîné sur les trois premiers jours une perte de recettes de 1,25 million d'euros et affecté plus de 6.000 passagers.

Anne Beade

Jeudi 9 Janvier 2014



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