Fincantieri veut que STX France redevienne les Chantiers de l'Atlantique


Le PDG du groupe italien Fincantieri, qui a obtenu le feu vert du gouvernement français à la reprise au groupe sud-coréen STX des chantiers navals de Saint-Nazaire, aimerait leur redonner leur ancien nom, "les Chantiers de l'Atlantique".


© STX
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"J'espère que les chantiers de Saint-Nazaire pourront à nouveau s'appeler les Chantiers de l'Atlantique. Cela dépendra d'Alstom, encore propriétaire du nom, mais nous allons lui en faire la demande", a déclaré Giuseppe Bono au "Journal du dimanche" (JDD). Ce nouveau nom correspondrait à l'ambition affichée par Giuseppe Bono, à la tête de Fincantieri depuis 2002, de faire des chantiers STX France de Saint-Nazaire un "Airbus des mers présent sur tous les segments de navires et le premier groupe mondial de la construction navale civile et militaire", a-t-il ajouté.
Dernier fleuron français de la construction navale, les chantiers navals de Saint-Nazaire sont passés sous la bannière de concurrents étrangers dès janvier 2006 avec leur rachat par le groupe norvégien Aker Yards à Alstom Marine. Puis courant 2008, Aker Yards est passé lui-même sous la bannière du sud-coréen STX Shipbuilding, qui a rebaptisé les chantiers français STX France.
Le patron de Fincantieri s'est voulu rassurant pour les salariés de Saint-Nazaire, affirmant qu'il y avait "du travail pour dix ans dans ses chantiers italiens et français". "Saint-Nazaire est une référence sur le marché des paquebots, capable de construire les plus grands navires au monde que nous ne pouvons pas assembler dans nos ports en Italie", a souligné le PDG du principal constructeur naval occidental.

"Saint-Nazaire est une référence sur le marché des paquebots"


Fincantieri, constructeur naval basé à Trieste et qui emploie 19.200 personnes dans le monde, est le seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre les chantiers STX France de Saint-Nazaire, filiale florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding en difficulté. Le gouvernement français a donné jeudi 6 avril son accord de principe à cette reprise, à la condition que Fincantieri reste actionnaire minoritaire et que l’État français, qui détient 33 % de STX France, conserve un droit de veto.

Le dernier fleuron naval français

Des géants des mers, dont le "France", le "Queen Mary II" et plus récemment l'"Harmony of the Seas", sont sortis des cales des chantiers navals de Saint-Nazaire. STX France dispose d'un carnet de commandes bien rempli, avec quatorze paquebots à construire d'ici 2026 pour ses deux principaux clients, l'italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean. Une bonne santé que les chantiers doivent aussi à une politique de diversification menée depuis plusieurs années avec la construction de fondations d'éoliennes offshore et de sous-stations électriques, ce qui permet de pallier l'activité cyclique de la construction navale. Longtemps fleuron français, doté de la forme de construction la plus grande d'Europe (950 mètres), les chantiers sont passés sous la bannière de ses concurrents étrangers dès janvier 2006 avec le rachat par le norvégien Aker Yards à Alstom Marine. Puis courant 2008, Aker Yards est passé sous l'égide du sud-coréen STX Shipbuilding qui a rebaptisé les chantiers "STX France". L’État va entrer au capital à hauteur de 9 % en juin 2008, puis à 33,33 % en rachetant les parts encore détenues par Alstom. Mais en novembre 2016, le géant coréen évite de justesse la liquidation. STX France, sa seule filiale rentable, était à vendre depuis 2013.

Une vie riche en rebondissements

Les chantiers de Saint-Nazaire ont toujours connu une vie riche en rebondissements depuis leur création en 1861 (sous le nom de Compagnie générale transatlantique, CGT) et la sortie en 1864 de l'"Impératrice Eugénie", premier d'une liste de plus de 120 paquebots. 150 ans d'histoire dont des fleurons nationaux comme le "Normandie", mis en service en 1935 puis le célèbre "France", inauguré en 1960. En 1976, stoppés par la crise pétrolière, ils vont conclure un premier mariage d'intérêt avec Alsthom avant d'en devenir une filiale en 1984 et continueront à sortir de leurs cales des paquebots de légende, comme le "Sovereign of the Seas" en 1987. Après 1998 et la fermeture des chantiers du Havre, ils vont devenir le dernier grand chantier naval français. Le chantier affronte alors la concurrence européenne, puis asiatique. En 2003, alors que le "Queen Mary II" est livré, les commandes sont en chute libre. Le nombre d'ouvriers est alors passé de 5.000 en 2001 à 3.000 en 2006. Ils sont aujourd'hui 2.600 salariés (plus 5.000 salariés chez les sous-traitants).

Christian Gauvry

Lundi 10 Avril 2017



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