France : demeurer un leader de l'économie maritime


Une étude du Boston Consulting Group pour la Fondation de la mer souligne le poids des activités liées à la mer dans l'économie nationale et la place de la France à l'échelle mondiale. Elle encourage le pays à prendre le tournant des nouvelles technologies de la mer pour assurer sa position dans ce secteur d'avenir.


© DCNS
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La Fondation de la mer a publié un document intitulé "Baromètre de la maritimisation de l’économie française". L'étude menée pour elle par le Boston Consulting Group rappelle qu'avec 11 millions de km2 de superficie, l’espace maritime français est le deuxième au monde derrière celui des États-Unis. Selon ses auteurs, il contribue à la création de 273 milliards d'euros par an pour l'économie nationale et emploie près de 820.000 personnes.
Loin de verser dans l'alarmisme, le rapport souligne que la France utilise déjà très bien son potentiel, même si elle pourrait faire encore mieux. La somme des activités liées générerait déjà l'équivalent de 14 % du PIB de la France, ce qui est remarquable d'après les rapporteurs. "La France est un des pays dont l'économie est la plus "maritimisée", comparé à des nations de même catégorie : cette contribution du maritime à la richesse nationale représente environ 1,5 fois celle du Royaume‐Uni ou des États‐Unis".

Un potentiel déjà exploité

La France occupe déjà l'un des premiers rangs dans le concert mondial des nations maritimes : "Les mers françaises génèrent 12,5 % de la création de valeur mondiale des océans, alors qu'elles ne représentent que 8 % de leur surface, dont 20 % sont classées Aires maritimes protégées".
Les auteurs enjoignent le pays à faire le nécessaire pour prendre le train des nouvelles technologies marines afin de ne pas perdre son avantage : "Cette position géographique et économique exceptionnelle n'est pas acquise et sa pérennité dépend notamment de la capacité de la France à opérer avec succès le tournant de l'économie bleue et verte en soutenant ses secteurs d'avenir (biotechnologies, EMR, dessalement...), comme en accompagnant la transformation de ses activités historiques".

"Cette position géographique et économique exceptionnelle n'est pas acquise"


Car le document distingue trois périodes de développement de l'économie maritime, les succès de la France reposant aujourd'hui sur les deux premières. De l'Antiquité à l'époque moderne, se sont développés la construction navale (civile et militaire), le transport maritime et les activités liées, la pêche et l'aquaculture – qui génèrent 97,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires et induisent 504.800 emplois aujourd'hui. Les XIXe et XXe siècles ont vu l'essor de l'exploitation pétrolière, de la croisière, du nautisme et du tourisme littoral (153,8 milliards et 304.300 emplois). Le consultant avertit : "L’économie bleue de demain sera assurée par des secteurs aujourd'hui émergents mais au fort potentiel : télécommunications internationales (sous-marines), EMR, biotechnologies marines et dessalement". Il estime son poids actuel à 21,1 milliards et 7.400 emplois.
Le rapport place à 20,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 63.000 salariés le poids du transport maritime et de ses infrastructures et à 8,5 milliards et 42.000 emplois celui de la construction navale.
Le rapport site comme arguments français dans ces domaines les 85 % du commerce extérieur du pays passant par la mer, le fait qu'un navire de commerce touche un port français toutes les 6 minutes et que la France possède l'une des flottes les plus jeunes et diversifiées de monde. Il relève aussi que Marseille est le port européen qui connaît la plus forte croissance dans la croisière et que la France est le quatrième pays d'origine des croisiéristes européens.
"Des entreprises françaises sont aujourd’hui leaders dans de nombreux domaines liés à la mer, tant dans les activités historiques que dans les domaines émergents", commente François Dalens, directeur général du Boston Consulting Group Paris et capitaine de frégate de réserve dans la Marine nationale.

Des opportunités à saisir

Concernant l'avenir, le "Baromètre de la maritimisation de l’économie française" rappelle que les océans sont les régulateurs du climat et juge que la pression démographique nécessitera un recours accru aux ressources des océans pour les besoins en nourriture, en eau et en énergie, accentuant les risques de pollutions sur le littoral et en mer.
Les rapporteurs y voient des opportunités de croissance portées par un quadruple phénomène : le fait que la population mondiale se presse sur les rivages – qui doit renforcer le leadership français dans le tourisme, la croisière ou le nautisme –, le souci du développement durable – où le savoir-faire français dans les énergies marines renouvelables (EMR) est déjà un atout –, l'accroissement de la connaissance des espèces océaniques avec l'émergence de start-up biotechs et enfin la poursuite de la mondialisation de l’économie, alors que 90 % du commerce mondial se fait déjà par voie maritime.
"La Fondation de la mer encourage les entreprises et les investisseurs à se tourner vers les mers et les océans, et les pouvoirs publics à faciliter le développement de cette économie bleue. La capacité d’innovation des entreprises françaises doit être mise au service d’une économie bleue durable, tant dans les secteurs historiques du maritime que dans ceux d’avenir", insiste sa présidente, Sabine Roux de Bézieux.
Sur ces fameux secteurs d'avenir, le rapport souligne que 50 % du marché des systèmes de télécoms sous-marins sont détenus par les acteurs français alors que 98 % des communications internationales passent par ces câbles. Il note en outre que des acteurs français sont présents dans toutes les technologies EMR, même si la France n'a encore aucune éolienne offshore opérationnelle, et que le pays possède le deuxième potentiel hydrolien d'Europe. Il relève enfin que les sociétés françaises cumulent 15 % de la capacité mondiale de dessalement et 10 % du marché des biotechnologies marines avec 50 entreprises et trois pôles de compétitivité. De quoi assurer l'avenir maritime de la France.

Franck André

Mardi 21 Février 2017



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