GDF Suez croit encore en l'avenir du gaz en mer du Nord


À quelques centaines de mètres du chantier qui l'a vue s'ériger, dans le Nord-Est de l'Angleterre, une imposante plateforme gazière de GDF Suez s'apprête à prendre le large : l'énergéticien français continue de croire au potentiel de la mer du Nord britannique, malgré des réserves déclinantes et des coûts croissants.


© GDF Suez
© GDF Suez
Une dizaine de jours après son départ de la ville industrielle d'Hartlepool, fin avril, la structure métallique de 37 mètres de long et 23 mètres de haut sera implantée à 180 km des côtes, dans une eau profonde d'une vingtaine de mètres seulement, pour pomper dès fin 2015 le gaz du gisement majeur de Cygnus. Elle y sera rejointe par trois autres plateformes toujours en construction et plus grandes encore, dont une deuxième pour le forage, et les autres pour le traitement du gaz et l'hébergement des employés.
"Même dans des bassins matures, il reste un potentiel en mer du Nord", a assuré Jean-Claude Perdigues, directeur général de GDF E&P UK, lors d'une visite du chantier. Opérateur du projet, il en détient 38,75 % aux côtés du britannique Centrica (48,75 %) et de l'allemand Bayerngas (12,5 %), pour un investissement total de 1,4 milliard de livres (1,7 milliard d'euros).
Avec 18 milliards m3 de réserves (110 millions de barils équivalent pétrole, Mbep), Cygnus constitue la plus grande découverte de gaz de ces vingt-cinq dernières années dans la partie Sud de la mer du Nord. La production devrait atteindre un pic d'environ 42.000 barils équivalent pétrole par jour en 2016, soit 5 % de la production britannique, permettant d'alimenter 1,5 million de foyers.

Hub gazier

La durée de vie du gisement est estimée de vingt à trente ans, mais GDF Suez étend déjà sa prospection aux zones attenantes, espérant faire de Cygnus un véritable "hub gazier", souligne Olivier Burger, un des responsables du projet. En 2013, GDF Suez a extrait en mer du Nord britannique 3 % de sa production totale d'hydrocarbures (51,9 Mbep, dont 69 % de gaz). Le groupe compte y poursuivre son développement, même si les perspectives ne sont pas rassurantes.
Selon l'association professionnelle Cedigaz, les réserves de gaz ont chuté de 23 % à 461 milliards m3 depuis 2009, et la production de 37 % à 35,2 milliards m3, au point que le Royaume-Uni est devenu importateur net. "C'est pire dans la mer du Nord britannique qu'en Norvège", autre grande zone de production moins mature, souligne Geoffroy Hureau, secrétaire général de Cedigaz. "Il y a encore des découvertes, mais généralement avec des volumes faibles depuis quelques années". Et ces poches de gaz sont de moins en moins à portée de pompe. "On va de plus en plus chercher des ressources difficiles à exploiter, parce que les gisements sont plus profonds, plus petits ou plus complexes", des défis technologiques qui entraînent un renchérissement des coûts d'exploitation, confirme Jean-Claude Perdigues.

Allégements fiscaux

Pourtant, les projets restent nombreux, grâce à des infrastructures bien développées et à une fiscalité incitative qui devrait provoquer un sursaut de la production pendant quelques années. Les investissements ont même bondi de 125 % en cinq ans pour atteindre 20,8 milliards de dollars fin 2013, selon Cedigaz. "On ne cherche pas forcément des gros volumes", explique le patron de la filiale britannique de GDF Suez. "Il y a tout un ensemble de critères qui doivent être pris en considération dans le choix des investissements. Le volume potentiel n'est qu'un des éléments". "Il est évitent que le contexte global, qu'il soit réglementaire ou fiscal, joue un rôle", ajoute Jean-Claude Perdigues. Après le coup de semonce provoqué par l'instauration d'une surtaxe en 2011, le gouvernement britannique a tenté d'inverser la vapeur en prévoyant des allégements fiscaux pour certains projets, comme les champs anciens ou en eau peu profonde. Une mesure qui avait permis de lancer le développement de Cygnus. "Les découvertes qui avant n'auraient pas été économiques, deviennent économiques", reconnaît Jean-Claude Perdigues. GDF Suez a d'autres projets dans son escarcelle en mer du Nord, qui capte deux tiers de ses investissements en exploration-production. Il déploie aussi un programme d'exploration "ambitieux", notamment à l'ouest des îles Shetlands, où il vise des projets "qui ont deux fois la taille de Cygnus", selon Jean-Claude Perdigues. Également dans la ligne de mire de GDF Suez, le gaz de schiste. En octobre 2013, il avait annoncé une prise de participation minoritaire dans treize permis d'exploration dans l'Ouest de la Grande-Bretagne.

GDF Suez va renforcer sa présence au Mexique

GDF Suez a annoncé vendredi 11 avril avoir signé un protocole d'accord et de coopération avec le groupe pétrolier mexicain Pemex, afin de développer des projets de gaz naturel et énergétiques au Mexique. Ce protocole d'une durée de deux ans a été signé par les patrons des deux groupes, en présence des présidents mexicain et français, Enrique Peña Nieto et François Hollande, à l'occasion de la visite du chef d'État français au Mexique. Il lance un processus de collaboration sur de futurs projets de développement communs portant sur des infrastructures de gaz naturel, des installations de liquéfaction du gaz et des centrales au gaz. Il s'agit pour GDF Suez d'"intensifier notre présence sur les marchés à forte croissance et le Mexique apparaît clairement comme un marché prometteur", a déclaré le PDG, Gérard Mestrallet. Le groupe français collabore déjà avec Pemex dans le cadre du projet de gazoduc Los Ramones long de 740 km. Mettant fin à 75 ans de monopole d'État, le parlement mexicain a adopté en décembre une réforme constitutionnelle qui permettra d'ouvrir le secteur de l'énergie aux investissements privés, nationaux et internationaux, dès l'adoption cette année des lois d'application.

Martine Pauwels

Lundi 14 Avril 2014



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