GNTC : la "spoliation" de l'aide au transport combiné


Succédant à Gérard Perrin à la présidence du Groupement national du transport combiné, Delphine André appelle l'État à reconsidérer ou à clarifier sa position sur plusieurs dossiers relatifs au combiné. Pérennité et montant de l'aide au coup de pince, convention collective et autoroutes ferroviaires sont quelques questions en attente.


La baisse de 30 % de l'aide au coup de pince représente 12 millions d'euros © Franck André
La baisse de 30 % de l'aide au coup de pince représente 12 millions d'euros © Franck André
Habitués à des avis musclés de la part de Gérard Perrin, les pouvoirs publics ne perdront pas au change avec Delphine André élue à la tête du GNTC. Présidente du groupe Charles André qui compte Novatrans comme filiale, elle a donné le ton de son mandat lors de l'assemblée générale du groupement le 16 octobre à Paris. Face au sentiment de "spoliation" après la baisse de 30 % de l'aide au coup de pince décidée, de façon rétroactive, en mai 2014 pour les trafics réalisés en 2013, la nouvelle présidente s'indigne : "L'aide est passée de 18 à 12 euros TTC, les conséquences sont catastrophiques et mettent en péril nos entreprises. Le manque à recevoir s'élève à 12 millions d'euros (7,5 millions pour le ferroviaire et 4,5 millions pour le fluvial) soit, sur la base de l'année 2012, 7 à 10 % du chiffre d'affaires de nos membres". Cette décision impose à ces derniers "de procéder dans l'urgence à des revalorisations tarifaires avec le risque d'une perte de compétitivité auprès de nos clients", confie Yves Bodilis, président de Logiseine-Logirhône. Sans grand espoir que l'État reconsidère sa position, les opérateurs espèrent un relais de la part des collectivités locales, dans une logique de bassins dans le fluvial notamment, et misent sur le potentiel des certificats d'économies d'énergies (C2E) révisés par la loi sur la transition énergétique.

Plan à trois ans

Depuis l'annonce de cette coupe, la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM) et le GNTC travaillent sur une refonte de l'aide afin de donner plus de visibilité aux opérateurs. De cette réflexion a été rédigé un protocole d'accord qui porte sur les trois prochains exercices 2015, 2016 et 2017. Sur cette période, la DGITM et Bercy s'engagent à verser au transport combiné 19 millions d'euros par an, contre environ 30 millions en 2012. Dans l'immédiat, la répartition de cette somme entre le ferroviaire et le fluvial n'est encore pas décidée, sachant que seraient exclues de son périmètre les manutentions sur les points nodaux (hubs) sauf pour les unités intermodales en logistique urbaine, les déchets et les trajets de moins de 80 km.
Cet engagement public laisserait le temps de trouver des financements locaux et d'étudier le potentiel des C2E... avant une possible suppression après 2017. Dans le fluvial par exemple, cette fin annoncée pourrait coïncider avec une solution sur les THC fluviales dans les ports maritimes.

Croissance de l'activité

Malgré les assurances de la DGITM, le GNTC est par ailleurs attentif aux suites données à la réforme ferroviaire et notamment son volet social avec l'application de la convention collective de la SNCF à l'ensemble des entreprises ferroviaires. Soit un surcoût sur les charges de personnel évalué à 40 %. Autre motif de préoccupation, l'arrêt du gel des péages ferroviaires à travers la suppression du soutien versé par l'État à Réseau ferré de France. À la clé, une augmentation de l'ordre de 15 % des tarifs de ce mode... en plus des 6 % déjà prévus par RFF pour 2016.
Pour étayer ses arguments en faveur du transport multimodal, Delphine André a rappelé quelques chiffres sur le combiné rail-route. Sous toutes ses formes, il représente 10 milliards de tonnes-kilomètres "soit plus de 600.000 semi-remorques en moins sur les axes routiers.
Depuis le premier semestre 2013, les membres du GNTC ont lancé 18 % de trains supplémentaires". Cette progression est confirmée par RFF qui relève une hausse de 21 % des trains-kilomètres au premier semestre, et un millier de circulations en plus. "En 2013, l'activité française représentait 20 % du combiné rail-route européen". Et dans l'attente de l'avis de l'Autorité de la concurrence sur l'autoroute ferroviaire Atlantique, la présidente insiste : "90 % des trafics nationaux sont réalisés par combiné classique".

 


Érick Demangeon

Vendredi 17 Octobre 2014



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