Gemo : "Une meilleure visibilité"


Assurer l’emploi et améliorer les dessertes, deux priorités au Havre pour Christian de Tinguy, président du Groupement des entreprises de main-d’œuvre (Gemo).


© GPMH
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Dans un contexte fortement concurrentiel, comment se situe aujourd’hui la manutention havraise ?

Le niveau de qualité des opérations de leurs navires convient parfaitement à nos clients : les investissements nécessaires ont été réalisés, les équipements sont adaptés, la fiabilité sociale retrouvée, l’efficacité de nos opérations reconnue, nos effectifs suffisants et la mise en place du système obligatoire de rendez-vous pour les routiers apporte une amélioration certaine. Il n’y a pas de frein au développement en termes commercial et de qualité de travail. Reste que le problème de la partie terrestre reste crucial. Un port n’est pas une fin en soi et un terminal n’est qu’une plaque de transit : tout ce qui rentre par la mer doit sortir par la terre et réciproquement, et il faut être aussi bon sur la partie terrestre.

La plateforme multimodale destinée à massifier les flux de conteneurs sera opérationnelle à la fin de l’année.

À la massification du mode maritime, nous devons apporter une réponse en termes de massification du mode terrestre. Nous avons privilégié la qualité de l’accès maritime avec la construction de Port 2000, mais si le réseau ferroviaire portuaire est tout à fait convenable, doté d’accès directs à Port 2000, nous assistons à une diminution du fluvial – moins de 10 % contre 36 % à Anvers –, alors que nous disposons d’un magnifique débouché sur l’hinterland avec la Seine, et à la stagnation du ferroviaire. Le terminal multimodal sera un palliatif au manque d’accès direct des barges à Port 2000.
De son côté, le mode routier s’est développé, alternative moins adaptée à la massification du mode maritime. Mais nous ne pouvons pas développer l’import et l’export uniquement avec des camions ! La mise en service de la ligne Serqueux-Gisors qui coûte 250 millions d’euros est repoussée au-delà de 2020 alors que l’Europe annonce une enveloppe de près de 26 milliards pour améliorer les infrastructures de transports.

"Tout ce qui rentre par la mer doit sortir par la terre et réciproquement"


Quel est l’impact des concentrations des armements et de la course au gigantisme des navires sur votre activité ?

Nous accueillons aujourd’hui quatre groupes de clients contre plus d’une trentaine d’armements dans les années 90. Comme pour les autres ports du Nord, cette concentration entraîne une diminution des escales mais un volume par escale plus important, que nous constatons déjà : nous passons globalement de 1.000 à 2.000 conteneurs à traiter lors d’une grosse escale avec quatre ou cinq portiques aujourd’hui nécessaires, et sur une période plus concentrée dans la semaine. Nous ne connaissons pas les problèmes de congestion de main-d’œuvre ni d’incapacité à évacuer la marchandise qu’ont connus les ports de Rotterdam et Hambourg. Mais nous avons besoin d’un mode massifié que nous n’avons toujours pas.

En 2013, vous évoquiez une dégradation de la rentabilité des entreprises et un taux d’inemploi important. Comment se présente l’année 2014 ?

Dans un contexte économique français et européen difficile, le port du Havre affiche au premier semestre 2014 une très légère hausse du trafic des conteneurs, à hauteur de 1 %, mais une chute des volumes dans le secteur des vracs. La situation n’a donc pas beaucoup changé, et l’inemploi, qui coûte cher, reste malheureusement au même niveau. Nos entreprises souffrent d’un problème de compétitivité : on ne peut pas baisser les prix et par ailleurs augmenter les charges, quand l’impact de la nouvelle Convention collective nationale unifiée a représenté pour nous entre 10 et 20 % d’augmentation de la masse salariale.

Comment se présente l’année 2015 ?

Nous avons aujourd’hui, suite aux négociations menées entre les gros armements, une meilleure visibilité de l’évolution des nouvelles alliances, notamment avec la constitution toute récente du 2M qui va développer le nombre d’escales au Havre concernant l’Extrême-Orient. Pour 2015, notre priorité est d’assurer l’emploi pour tout le monde, d’améliorer la rentabilité de nos entreprises et de participer le plus possible aux projets d’amélioration de nos dessertes. Nous souhaiterions pour cela participer aux décisions stratégiques et à la politique du Grand Port maritime, dans lequel nous avons été co-investisseurs, à parts égales, à hauteur de 500 millions d’euros, pour construire Port 2000.

Natalie Castetz

Vendredi 26 Septembre 2014



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