Ghaam : "Davantage d’anticipation"


Pour les 43 entreprises du Groupement havrais des armateurs et agents maritimes (Ghaam), qui compte environ 3.000 salariés, le ralentissement de la croissance et de la consommation a pesé sur les trafics et l’année 2015 s’annonce difficile. Il faut diversifier les trafics et mieux anticiper, selon son coprésident Matthieu Dehais.


© Éric Houri
© Éric Houri
Cette année, quelle est la santé financière des armateurs et agents maritimes membres du Ghaam ?
L’année 2014 a connu  un trafic stable, avec environ 6.000 escales de navires, soit le même  nombre qu’en 2013 et l’année 2015 s’annonce difficile, en raison du ralentissement de la croissance mondiale et européenne qui entraîne une perte de confiance et donc un repli. La baisse de la consommation qui en résulte entraîne une baisse des échanges. Si l’export demeure positif, grâce à la parité euro-dollar, l’import souffre de cette parité ainsi que du ralentissement  de la croissance chinoise, principal moteur de l’économie. La santé des armements est disparate, selon leur taille, et les plus gros tirent leur épingle du jeu, au sein des grandes alliances.

La surcapacité qui entraîne une baisse des taux de fret est un sujet récurrent : comment la ressentez-vous aujourd’hui ?
Cette baisse des taux de fret est sensible sur les axes principaux, tels que l’Asie-Europe : l’import y a des volumes conséquents qui nécessitent des navires de grandes tailles. La baisse de l’export crée une certaine compétition entre les armements qui font baisser les frets. Mais il faut garder à l’esprit que les armements ont aussi la possibilité de rééquilibrer leur balance conteneur en chargeant des conteneurs vides à destination des régions en «shortage». Enfin, si la mise en place sur certaines lignes de navires à capacité réduite fait au contraire remonter les taux de fret, c’est la loi de l’offre et la demande. Cela fait partie de la stratégie propre à chaque armement, libre d’agir à sa guise.

"Haropa, «Best European Seaport» pour la quatrième année consécutive"


Quel impact a sur votre profession le gigantisme croissant des navires que connaît le secteur des conteneurs ?
Il y a une dizaine d’années, nous chargions sur des 2.000 voire 3.000 EVP que nous considérions déjà comme des géants, sans supposer alors les solutions qu’apporte aujourd’hui la technologie. Certes, ces navires consomment moins de carburants et transportent  davantage et plus rapidement que des navires standards, mais il faut, pour que cette  économie d’échelle fonctionne et que nous arrivions à des gains au coût unitaire, que les navires soient pleins.  Par ailleurs, cette évolution oblige nos clients à une meilleure anticipation, notamment pour éviter les problèmes d’évacuation des terminaux qui peuvent survenir lorsque des navires de 18.000 EVP travaillent un week-end,  lors des entrées le vendredi ou des sorties du lundi. Mais les process standards commencent à bouger. Ici, au Havre, nous avons ainsi mis en place le système du rendez-vous des transporteurs routiers sur les terminaux, qui leur a permis de diminuer de 16 minutes en moyenne leur temps passé sur le terminal. Il faut encore mieux planifier nos livraisons sur les heures travaillées. Plus le travail est fait en amont, plus nous gagnons en fluidité en aval.

Sur quels axes d’amélioration le port du Havre doit travailler, selon vous, pour améliorer sa compétitivité ?
Le port du Havre est choisi par les vingt premiers armements mondiaux. Mais il faut encore accroître les volumes pour gagner en compétitivité, par nos exports et imports mais aussi par les transbordements de conteneurs, un volume additionnel qui peut permettre de diminuer les coûts. Nous devons continuer de diversifier les trafics, de toute nature : conteneur, chimie, colis lourds, croisière, éolien, vrac et roulier…

Peut-on attendre l’ouverture au Havre de nouvelles lignes dans les mois qui viennent ?
Potentiellement, oui. Il le faudra, pour atteindre en 2019 les 3,5 millions de conteneurs visés par le plan stratégique du Grand Port maritime du Havre. Il est évident que les armements se placent là où les chargeurs-transitaires ont un volume suffisant sur une destination. Mais les ouvertures de lignes ne se discutent pas en local : nous remontons toutes les informations à nos principaux qui analysent les coûts, les risques et les opportunités. Il est évident que nous œuvrons pour la place portuaire havraise en rappelant l’accès nautique 24 heures sur 24 comme la qualité des services aux navires et l’importance des zones dédiées aux activités logistiques.

Quelles sont aujourd’hui vos priorités ?
Nous travaillons conjointement avec les acteurs de la place portuaire pour attirer de nouveaux trafics, source d’emplois et augmenter les volumes import-export, pour améliorer la productivité de la manutention et simplifier encore le passage de la marchandise, ce que va permettre la mise en place de S One, le nouveau guichet portuaire unique que nous sommes en train de nous approprier. La nomination en 2014 par les Asiatiques pour la quatrième année consécutive d’Haropa comme «Best  European Seaport» montre que nous savons faire.

Natalie Castetz

Jeudi 24 Septembre 2015



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