Hapag-Lloyd confiant malgré une perte en 2016


Hapag-Lloyd a subi une perte l'an dernier mais sent déjà le vent tourner pour une année 2017 riche en événements avec le lancement des nouvelles alliances et sa seconde fusion en moins de trois ans.


© Hapag-Lloyd
© Hapag-Lloyd
Hapag-Lloyd a enregistré une perte de 93,1 millions d'euros en 2016, contre un bénéfice de 113,9 millions l'année précédente. L'armateur allemand souligne que son résultat d'exploitation (Ebit) est resté positif de 126,4 millions d'euros, en baisse de 66 % comparé aux 366,4 millions enregistrés en 2015. "Nous avons connu une conjoncture très difficile au cours des six premiers mois mais nous avons été capables d'améliorer nettement notre chiffre d'affaires et notre résultat en seconde partie d'année", a constaté Rolf Habben Jansen, directeur général de Hapag-Lloyd. "Même si nous nous en sommes bien sortis en 2016 comparé au reste du secteur, au bout du compte, le résultat n'est pas satisfaisant", concède-t-il.
Comme pour l'ensemble des acteurs de la ligne régulière, la surcapacité semble être la première cause des mauvais résultats de la compagnie de Hambourg. Ainsi, sous l'effet du déséquilibre entre l'offre et la demande, le taux de fret moyen annuel a encore diminué de 15,4 % après les baisses de 14,2 % de 2015 et 3,2 % en 2014, pour s'établir à 1.036 dollars, contre 1.225 dollars sur l'année précédente.

La chute du pétrole compense celles des taux

Conséquence, après un bond de presque 30 % en 2015 suite au rachat CSAV, le chiffre d'affaires a reculé de 12,5 % en 2016 (à 7,734 milliards de dollars) malgré l'augmentation de 2,7 % des volumes, qui ont atteint 7,6 millions d'EVP l'année dernière. Cette année, la comparaison se fait à périmètre constant, près de deux ans après l'intégration effective de la compagnie chilienne fin 2014.
Rolf Habben Jansen s'attend à ce que cette situation de surcapacité se détende enfin cette année pour faire monter les taux de fret : "À long terme, le peu de commandes de navires neufs et le maintien d'un haut niveau de démolitions tendent vers un meilleur équilibre entre l'offre et la demande".

"Vers un meilleur équilibre entre l'offre et la demande"


En 2016, les pertes de la compagnie allemande ont été limitées aussi par la baisse de 12,3 % de ses coûts d'opération, à 6,364 milliards d'euros, elle-même due essentiellement au fort recul du prix du pétrole. Hapag-Lloyd a payé le combustible de ses navires en moyenne 210 dollars la tonne en 2016, contre 312 dollars en 2015, soit 33 % moins cher. L'armateur met aussi en avant une réduction de 6,3 % de sa consommation de fuel sur l'année du fait de navires "plus grands et plus efficaces". Il affirme enfin avoir réduit de 8,3 % ses dépenses en services externes (transport terrestre de conteneurs, frais d'affrètement et de location, droits de ports, de canaux et de terminaux), principalement grâce aux synergies issues de sa fusion avec CSAV et à son plan de réduction de coûts "Octave". Néanmoins, il reste conscient que les cours du pétrole ne resteront peut-être pas favorables en 2017.

Nouvelles économies en 2017

En effet, le prix du baril est déjà remonté assez nettement. Les taux de fret sont, eux, sur une tendance positive pour les armateurs mais Hapag-Lloyd déplore de ne pas en profiter pleinement du fait de ses contrats à long terme. Le numéro six mondial compte sur sa fusion avec UASC pour se donner de l'air, avec de nouvelles synergies et une diversification de son offre.
D'un point de vue opérationnel, Hapag-Lloyd se base sur l'anticipation de croissance du FMI (3,8 %) pour prévoir une croissance "modérée" de son taux de fret moyen et de ses volumes transportés en 2017, hors UASC. L'officialisation de l'intégration de la compagnie panarabe a été reportée à fin mai. Hapag-Lloyd compte en tirer une économie annuelle de 435 millions de dollars relativisée par un coût de fusion de 150 millions.
D'autres économies sont attendues résultant de la fusion avec CSAV et toujours du programme Octave, ce qui laisse espérer aux dirigeants un résultat d'exploitation à nouveau positif fin 2017. "Les principaux événements de cette année seront le lancement de notre nouvelle alliance (THE Alliance, NDLR) et l'intégration rapide et homogène d'UASC dans Hapag-Lloyd", annonce Rolf Habben Jansen. En attendant le résultat de ces deux opérations, la compagnie estime être assise sur des fonds propres (5 milliards d'euros) et des liquidités (760 millions) confortables qui lui permettent d'être "financée de manière sûre pour l'avenir".

Franck André

Mardi 4 Avril 2017



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