"Hard or soft Brexit, that is the question"


D’ici le 31 mars 2019, les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne seront connues. De chaque côté de la Manche, transporteurs, logisticiens et chargeurs clarifient leurs positions auprès de leurs autorités publiques respectives en vue des prochaines négociations afin de leur souligner les enjeux économiques et opérationnels du "terrain".


Blandine Huchet (Armateurs de France), Thierry Coquil (Affaires maritimes), Jean-Pascal Bidoire (AMCF) et Jean-François Auzéau (TLF Overseras, Ziegler) lors du débat sur le Brexit organisé à Paris le 23 juin © Érick Demangeon
Blandine Huchet (Armateurs de France), Thierry Coquil (Affaires maritimes), Jean-Pascal Bidoire (AMCF) et Jean-François Auzéau (TLF Overseras, Ziegler) lors du débat sur le Brexit organisé à Paris le 23 juin © Érick Demangeon
Processus inédit, la décision de la Grande-Bretagne de sortir de l’Union européenne, actée par le vote britannique du 23 juin 2016 puis notifiée en mars dernier, ouvre une période de négociation de deux ans. Au plus tard, le 31 mars 2019, les modalités de sortie seront connues. "Qu’il soit dur ou non, le Brexit modifiera les échanges commerciaux entre l’Union et la Grande-Bretagne et il faut s’y préparer", prévient Vincent Falcoz, conseiller auprès du Secrétariat général des Affaires européennes. Tous les maillons logistiques sont concernés : administrations publiques dont les douanes, chargeurs, ports d’État (GPM) et décentralisés, commissionnaires, armements, agents maritimes et consignataires, logisticiens… À l’invitation d’Armateurs de France, ils ont présenté le 23 juin à Paris leurs analyses en présence de Pauline Bastidon de la Freight Transport Association et de Gavin Simmonds de l’UK Chamber of Shipping. Pour les représentants britanniques, la priorité est de préserver "un marché de libre-échange sans barrières pour les marchandises et les personnes, gens de mer inclus, un libre-accès réciproque aux marchés, notamment le cabotage maritime, et obtenir une période de transition". Si l’on partage ce cap, côté français, les priorités sont aussi "de remonter les attentes des professionnels auprès des autorités françaises et européennes chargées des négociations avec la Grande-Bretagne, et de connaître au plus vite les modalités du Brexit, dures ou non, afin de les anticiper".
 
Trois scénarios

En l’état, trois scénarios de sortie sont possibles. Redouté par les professionnels logistiques et les chargeurs, le premier consiste en un "divorce" sans accord. Réintroduisant alors les contrôles et les formalités douanières aux frontières dont les déclarations en douane, procédures ICS-ECS, etc. Les nouvelles relations seraient calquées "sur la base des règles de l’OMC au même titre que les pays tiers", indique Emmanuelle Gidouin de la DGDDI. Le nombre de déclarations en jeu se chiffre en millions avec, pour conséquence, un allongement des délais, de nouveaux besoins en compétences et ressources et de très probables congestions sur les lieux de transit, notamment portuaires, où devront être aménagées de nouvelles installations.

"Le flux transmanche pèse chaque année plus de 4 millions d’unités de fret"


Selon la Banque mondiale, la réintroduction des procédures douanières allongerait d’un jour les processus d’importation ou d’exportation d’un conteneur.
La deuxième option consiste à "dupliquer des accords privilégiés existants tels que ceux avec les pays de l’AELE ou la Turquie". Cette hypothèse semble peu probable cependant puisque "le gouvernement britannique veut actuellement un modèle spécifique". Emportant la majorité des suffrages avec période de transition si possible, le troisième scénario s’appuie sur "la définition d’accords bilatéraux de libre-échange globaux ou sectoriels et de reconnaissance mutuelle" comme en matière de sûreté-sécurité via le statut d’opérateur économique agréé (OEA).

Enjeux économiques et commerciaux

Le commerce britannique avec l’Union permet d'apprécier l’impact logistique du Brexit. Il représente 53 % de ses importations et 45 % de ses exportations. Le Royaume-Uni est le cinquième client et fournisseur de la France. Le flux transmanche transitant par les ports nationaux pèse chaque année plus de 25 millions de passagers et plus de 4 millions d’unités de fret. Pour Paul Tourret de l'Isemar, le Brexit pourrait avoir pour conséquence de modifier les organisations logistiques, avec davantage de trafics non accompagnés, de déplacer les lieux de transit, voire d'engendrer la création de nouvelles zones franches côté britannique. Si les dimensions juridiques ont peu été évoquées lors des débats, la compétitivité de l’Union, notamment des pavillons communautaires, préoccupe face à la volonté affichée du Royaume-Uni de relancer sa politique maritime…

Érick Demangeon

Lundi 3 Juillet 2017



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