Inauguration du tunnel Marmaray sous le Bosphore



La Turquie a inauguré en grande pompe mardi 29 octobre, au jour du 90e anniversaire de la République, le premier tunnel ferroviaire sous le Bosphore, reliant les rives asiatique et européenne d'Istanbul. Baptisé le "chantier du siècle", après neuf ans d'attente, le Marmaray, un tunnel de 14 km dont une portion immergée de 1.400 mètres, relie désormais en 4 minutes seulement les deux continents séparés par le détroit du Bosphore dans la mer de Marmara. "Marmaray qui était un rêve pendant 150 ans est finalement devenu une réalité", a déclaré le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. L'ancien maire d'Istanbul, très impliqué dans ce projet pharaonique, l'a qualifié de "perle et chef d'œuvre d'architecture et d'ingénierie". "Marmaray est un projet de paix et de solidarité qui pourra relier Pékin à Londres", s'est encore félicité Recep Tayyip Erdogan, avant d'embarquer parmi les premiers passagers. Le projet a pour objectif de fluidifier le trafic intercontinental, sur un trajet effectué quotidiennement par plusieurs millions de stambouliotes. Le Premier ministre était notamment accompagné lors de cette inauguration, à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de la république turque en 1923, par le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe, principal bailleur de fonds pour le projet. L'idée d'un tunnel sous le Bosphore avait été évoquée pour la première fois en 1860 par un sultan ottoman, Abdulmedjid. Mais faute de technique et de fonds suffisants, elle ne s'était jamais concrétisée.
Le projet a été relancé dans les années 90 sous la pression de l'explosion démographique d'Istanbul, dont la population a doublé depuis 1998 pour dépasser 15 millions d'habitants. Grâce à l'appui financier de la Banque du Japon pour la coopération internationale puis de la Banque européenne d'investissement (BEI), le premier coup de pioche a été donné en mai 2004 par un consortium d'entreprises turques et japonaises. Le coût total du projet est évalué à 3 milliards d'euros. Les travaux devaient initialement être achevés en quatre ans mais ont été longtemps suspendus par la découverte d'une série de trésors archéologiques.
Le tunnel, un double tube immergé à 62 mètres sous le lit du Bosphore, est aujourd'hui achevé. Dans cette région à forte activité sismique, il est censé pouvoir résister à des séismes d'une magnitude de 9 sur l'échelle ouverte de Richter.
Avec cet ouvrage, à terme relié à 75 km de voies ferrées nouvelles, les autorités veulent mettre un terme aux souffrances des 2 millions de Stambouliotes qui, chaque jour, traversent le Bosphore sur ses deux ponts, toujours saturés. Mais certains spécialistes sont dubitatifs même si le tunnel a suscité moins de critiques que le futur 3e aéroport de la ville, ou le canal de 45 km parallèle au Bosphore ou encore un troisième pont sur le détroit.
Marmaray ne sera cependant pas opérationnel à 100 % immédiatement. Il faudra attendre encore 2016 pour que le chantier soit entièrement terminé. "La portion mise en service est très limitée. Tout ça a été reporté à bien plus tard", a regretté Tayfun Kahraman, le président de la chambre des urbanistes d'Istanbul. Les détracteurs d'Erdogan l'accusent d'avoir précipité l'inauguration de ce tunnel intercontinental avec la volonté de le présenter comme un enjeu avant les élections municipales prévues en mars 2014.

Première panne dans le tunnel

Au lendemain de son inauguration en grande pompe, le premier tunnel ferroviaire intercontinental sous le Bosphore, à Istanbul, a subi une première panne mercredi 30 octobre, forçant les passagers à achever le trajet à pied. "Une coupure d'électricité de 2 minutes est survenue à 6 h 12", a précisé Burcu Öztürk, du ministère turc des Transports. La panne est due au fait que mardi, jour de sa mise en service, "beaucoup de personnes ont appuyé sur les boutons d'arrêt d'urgence" ce qui a poussé une panne de système mercredi, a-t-elle expliqué. Le trafic a repris 10 minutes après, a souligné la responsable, affirmant que "le fait de marcher dans le tunnel est prévu dans le protocole de sécurité". "Le train était bondé avec au moins 1.400 personnes ce qui est sa capacité maximale", a-t-elle ajouté.

Emmanuelle Baillon

Mercredi 30 Octobre 2013



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