Inquiétude des pilotes face à l'évolution des trafics


La contraction des vracs industriels dans les ports inquiète la Fédération française des pilotes maritimes dont le 99e congrès s'est tenu à Paris la semaine dernière. Sur le front des dossiers européens, les orientations de la Commission sur l'ouverture des services portuaires et le certificat d'exemption de pilotage satisfont. La prudence reste de mise toutefois.


Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM © E. D.
Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM © E. D.
Raffinerie Petroplus, pipeline sud-européen, importations de minerais... "dans la plupart des ports français on recense plus de pertes de trafics que de gains", déplore Frédéric Moncany de Saint-Aignan. Loin d'être compensée par la reprise des conteneurs et le développement de la croisière, la réduction des vracs industriels se poursuit. Elle inquiète le président de la Fédération française des pilotes maritimes (FFPM) dont les effectifs se contractent. Avec 4 départs à la retraite non remplacés, 338 pilotes maritimes sont en exercice aujourd'hui au sein de 31 stations qui ont dû se séparer d'une dizaine de personnes sédentaires l'an passé. "Il y a peu, notre filière recrutait une douzaine de pilotes par an. Cette année, ce nombre sera divisé par deux". Quant aux navires opérés, il connaît lui aussi une légère érosion à hauteur de 101.000 entrées, sorties et mouvements. La hausse du volume de ceux-ci maintient cependant le chiffre d'affaires au niveau de 2011 à près de 123 millions d'euros, dont 75 % réalisé dans les Grands Ports maritimes métropolitains. "Dans le même temps, nos dépenses d'exploitation ont augmenté de 2,5 %. Ces évolutions impactent les résultats de la profession, alimentent la prudence en matière de recrutements, et obligent d'allonger les durées d'amortissement des investissements".

Ouverture des services portuaires

C'est dans ce contexte que la FFPM suit avec attention les travaux de la Commission européenne. D'ici l'été est attendu "un instrument législatif contraignant, sans doute un règlement, sur l'ouverture des services portuaires". S'agissant du pilotage, ce projet laisserait aux États membres la possibilité de conserver un service public délégué, cas de la France, sous réserve de respecter plusieurs règles. "Elles concernent la transparence, la séparation des comptes, la fourniture de services correspondants aux besoins des clients, et le contrôle par les autorités de la concurrence nationales", explique Frédéric Moncany de Saint-Aignan. Sur cette base, le président estime que le futur texte européen "complétera le dispositif du pilotage français plus qu'il ne le bouleversera. En France, l'organisation du pilotage et la fixation de ses tarifs est le fruit d'une concertation au sein de commissions commerciales portuaires. Y participent des représentants de clients, d'autorités portuaires, des pouvoirs publics et de la DGCCRF".

Certificat d'exemption de pilotage

Deuxième dossier sur la table de la Commission européenne : le certificat d'exemption de pilotage avec un projet annoncé d'ici la fin de l'année. Appelé "Licence de capitaine pilote", ce dispositif qui autorise les mouvements de navires dans les ports sans l'intervention de pilote existe déjà en France. "Il représente un tiers des mouvements et donne entière satisfaction en termes de sécurité. La délivrance de cette licence s'appuie sur une approche nationale dont les critères sont adaptées au plan local autour d'un nombre minimal d'escales par an, de l'aptitude physique du capitaine et d'un examen en langue française". 

"La licence de capitaine pilote française pourrait inspirer l'Europe"


Ces conditions sont soumises par une commission locale portuaire au préfet de région qui les valide ou non. Pour chaque port, ces conditions déterminent le type de navire concerné, leur longueur maximale ainsi que le nombre et la fréquence des escales requis. Sans être opposée à la démarche initiée par les autorités européennes, la FFPM plaide pour le maintien de ce dispositif national dont, en particulier, le nombre de fréquences minimum, la possession de notions en français, et le caractère nominatif de la licence.

Érick Demangeon

Vendredi 12 Avril 2013





     

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