Intramar : "Les bassins Est ont déjà beaucoup d'arguments"


Entre la faiblesse des trafics et le coût de la réforme portuaire, Med Europe Terminal se trouve toujours dans une situation économique difficile. Pourtant, le directeur général de la société de manutention, Michel Henry, assure croire en un avenir radieux pour les bassins Est, dont les atouts ne se limitent pas au futur terminal ferroviaire.


Michel Henry, directeur général d'Intramar © Franck André
Michel Henry, directeur général d'Intramar © Franck André
"L'Antenne" : Quelle est la situation d'Intramar et de sa marque Med Europe ?

Michel Henry :
Nous nous sommes beaucoup restructurés depuis trois ans, nous avons récupéré des trafics de vracs (alumines pour l'usine de Saint-Jean-de-Maurienne) et conro avec Grimaldi. Une combinaison dont on pense qu'elle a un grand avenir en Afrique, où les port disposent de peu de grues, puisqu'elle permet de mixer roulier et conteneurs. Les deux lignes de Messina (avec l'Afrique) et celle de Grimaldi (notamment avec la COA) nous apportent quelque 150 boîtes et 1.200 mètres linéaires de roulant par semaine. Entre l'Égypte, la Grèce et la Tunisie, il y a beaucoup d'instabilité dans le bassin méditerranéen, ce qui explique, en plus de la crise mondiale, la baisse de l'activité conteneurs à Mourepiane.

"L'A." : Avez-vous digéré la réforme portuaire ?

M. H. :
Notre productivité est aujourd'hui de 24 à 25 mouvements à l'heure, contre 18 avant la réforme. Le gain réside surtout dans la disponibilité des machines et leur fiabilité, le taux de panne a été fortement réduit. Nous avons constitué des équipes de haut niveau en même temps que nous réduisions le circuit administratif. Il y a eu aussi un effort des dockers, qui ont changé de braquet. Nous avons dû recruter neuf mainteneurs. Nous en avions demandé dix-huit mais seulement cinq ont accepté de quitter le port pour nous rejoindre. D'un autre côté, nous sommes en sureffectif de portiqueurs, nous en avons une vingtaine en trop sur trente-six personnes. Nous discutons d'une compensation avec le port, qui a négocié seul avec les syndicats pour les détachements.

"L'A." : Comment voyez-vous l'avenir ?

M. H. :
Nous devons absorber le coût la réforme : les détachements de personnels, l'outillage, la convention collective et la pénibilité. La situation de l'entreprise est précaire. Nous nous battons pour récupérer des boîtes mais il y a très peu de créations de lignes. Au contraire, Arkas a choisi récemment de rejoindre Fos. Nous essayons de récupérer des trafics intra-méditerranéens. Nous espérons que notre actionnaire unique CMA CGM va renforcer ses volumes. La croissance économique du bassin méditerranéen sur le long terme semble évidente mais dans l'immédiat, la situation est très incertaine. Pourtant, nous avons déjà beaucoup d'arguments : la fiabilité, beaucoup d'espace disponible et nous avons fait des efforts considérables sur la sûreté. Nous avons déjà une bonne connexion ferroviaire et la perspective du terminal ferroviaire de Mourepiane en 2016. Les gains de capacité et de coût nous rendront plus attractifs. Ce sera un atout considérable pour les bassins Est.

"Le terminal ferroviaire de Mourepiane est soutenu au plus haut niveau"


Au niveau national, les sociétés de manutention portuaire sont confrontées au problème de l'anxiété. Des dockers retraités qui ne savent pas encore s'ils seront malades de l'amiante assignent les manutentionnaires français au titre du préjudice d'anxiété. Nous avons été condamnés une fois et il reste plus de 600 dossiers en attente. Nous alertons donc les pouvoirs publics au travers de l'Unim, notamment les députés. Il faudrait que ce préjudice soit reconnu dans la loi comme maladie professionnelle. À Marseille, il y a aussi la situation du Grand Port maritime qui n'est bonne pour personne. La baisse continue des vracs liquides, qui représentent plus de 60 % du trafic total, met le port en difficultés financières. On a fait la réforme portuaire mais le port n'a pas fait sa réforme interne. La baisse du trafic pétrolier était pourtant inscrite depuis sept ou huit ans dans ses projections.

"L'A." : Quel est votre avis sur la question récurrente de l'avenir des bassins Est ?

M. H. :
Parmi les 45.000 emplois induits par le GPMM, 10.000 le sont par l'activité des bassins Est. Or, en dehors des têtes de ligne, ce n'est pas la croisière qui génère de l'emploi, c'est bien le fret. Les bassins Est sont vitaux pour la ville et son agglomération. Il ne faut pas négliger l'avenir du commerce maritime à Marseille. Le futur terminal ferroviaire est déjà financé par l'État et soutenu par le président de la République, ce qui est assez rare pour être souligné. Il ne manque plus que la conclusion d'un accord avec l'opérateur de l'autoroute ferroviaire. En plus de cet engagement au plus haut niveau, l'intérêt évident en termes de développement durable d'un port situé en pleine ville et l'inscription de l'activité portuaire dans le projet de métropole marseillaise sont des gages solides pour l'avenir des bassins Est.

Franck André

Vendredi 11 Octobre 2013



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