Investissements au Havre : les manutentionnaires persistent et signent


Accès fluvial direct, extension de Port 2000 : il est urgent d’investir, n’a de cesse de répéter le président du Groupement des employeurs de main-d'œuvre du port du Havre, Christian de Tinguy.


© Éric Houri
© Éric Houri
La "chatière", un serpent de mer. Comment rendre accessible Port 2000 à l’ensemble des bateaux fluviaux, par quasiment toutes conditions météo, quand un projet d’écluse en fond de darse a été, il y a bien longtemps, écarté ? "Cela fait des années que nous réclamons cet accès fluvial direct à nos terminaux", martèle Christian de Tinguy. Pour le président du Groupement des employeurs de main-d'œuvre du port du Havre (Gemo), cette connexion est cruciale : "Ne pas réaliser l’accès direct à Port 2000 au prétexte qu’il y a le terminal multimodal devient une erreur plus grave que celle d’avoir réalisé ce terminal".  

100 millions d’euros

La solution réclamée par le Gemo consiste en la création de deux brèches dans les digues existantes, l’une dans la digue Sud du port historique, l’autre dans la digue Nord de Port 2000. Le passage entre ces brèches serait protégé par une digue extérieure longue de 2 km. La durée des travaux s'élèverait à trois ans, le coût de la réalisation à 100 millions d’euros.

"Réaliser le plus rapidement possible" la "chatière" était l’une des premières recommandations du rapport "Attractivité des ports maritimes de l’axe Seine", rendu en 2016 par Valérie Fourneyron et Charles Revet, députée et sénateur de Seine-Maritime.
 
Exxon, Total, Soufflet


Les manutentionnaires havrais ne sont pas les seuls à attendre cette connexion. En janvier 2015, ExxonMobil commence tout juste à livrer aux porte-conteneurs accostant aux terminaux du port historique des lots entre 40 et 1.700 tonnes de gasoil avec l’avitailleur fluvial Thierry M. de la société Maheu. Cette offre "très bien accueillie par nos clients a suscité immédiatement l’intérêt des porte-conteneurs à la recherche de lots importants difficiles à livrer par camion sur la zone de Port 2000". Mais la direction des ventes et des opérations de la division Marine Fuels & Lubricants déplore auprès du directoire du Grand Port maritime du Havre (GPMH) : "Malheureusement, il n’existe pas à ce jour de liaison directe fluviale entre Port 2000 et le port historique".
En juin dernier, les directeurs de la plateforme Normandie Total et de Total Marine Fuels, Jean-Yves Durieux et Olivier Jouny, écrivent également au président du directoire du GPMH, Hervé Martel, un courrier dans lequel ils expliquent que, suite à la nouvelle réglementation permettant à des automoteurs citernes fluviaux, depuis juillet 2016 d’accéder à Port 2000 par la mer, la mise en service d’un automoteur dédié reste "contraignante" et coûteuse. Un accès direct à Port 2000, "en offrant une solution de desserte fluviale simple, efficace et performante pour les activités d’avitaillement réduira le coût de l’avitaillement pour nos clients".
 
Éléments objectifs


En juillet, c’est au tour du président du directoire du groupe agro-industriel Soufflet (4,7 milliards de chiffre d’affaires, plus de 7.500 employés, 61 sites industriels dans 18 pays) de prendre la plume. Jean-Michel Soufflet assure soutenir le projet de la "chatière" : 50 % des quelque 19.000 conteneurs de malt, en vracs ou en sacs, acheminés en 2016 par la Société nogentaise de transport combiné depuis Nogent-sur-Seine et Le Havre l’ont été par barges. L’arrêt de la navette ferroviaire du Havre et le transbordement hebdomadaire à Rouen des conteneurs sur camions pour Le Havre occasionne "un surcoût qui pèse considérablement sur la compétitivité des exportations".

"Malheureusement, il n’existe pas à ce jour de liaison directe fluviale entre Port 2000 et le port historique"


Les études en cours, cofinancées par l’État, la région Normandie et l’Union européenne à hauteur de 2 millions d’euros devront "apporter, selon le GPMH, des éléments objectifs notamment socio-économiques et financiers, pour une prise de décision sur la réalisation d’ici fin 2017". Autre serpent de mer aux yeux du Gemo, le prolongement des quais 11 et 12. "Il faut terminer l’infrastructure prévue au départ sur Port 2000, répète Christian de Tinguy. Il faut cinq ans pour réaliser cette extension alors que vient d’arriver une rafale de commandes de navires de plus de 20.000 EVP qui seront là dans deux ans".

Natalie Castetz

Mercredi 20 Septembre 2017



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