Journée européenne du fret ferroviaire : l’avenir du réseau capillaire préoccupe les chargeurs


Malgré les améliorations constatées, la marge de progrès du fret ferroviaire face aux attentes de ses clients demeure importante. Avec la capacité à mutualiser et à fédérer les acteurs du mode, les chargeurs traditionnels du rail issus du monde agricole et du BTP, réclament plus de visibilité et un plan de soutien en faveur du réseau capillaire.


© GPMM
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Si le 4e baromètre de perception des chargeurs sur le fret ferroviaire d’Eurogroup Consulting relève quelques progrès, les niveaux de satisfaction vis-à-vis du mode demeurent contrastés. Composés à 80 % d’industriels, 11 % de commissionnaires et à 9 % de distributeurs, les 113 clients sondés se déclarent insatisfaits à 56 % de la qualité de service proposée dans le ferroviaire conventionnel, et à 25 % pour le combiné rail-route. Toujours perfectibles, ces taux étaient respectivement de 80 % et 47 % l’an passé. Plus inquiétants, les chargeurs embranchés au cœur du système ferroviaire sont majoritairement mécontents (62 %).

Anne-Laure Noat, associée d’Eurogroup Consulting © Eurogroup Consulting
Anne-Laure Noat, associée d’Eurogroup Consulting © Eurogroup Consulting
Décryptés par Anne-Laure Noat d’Eurogroup Consulting le 24 mars lors du SITL Europe, ces résultats montrent en revanche le travail mené par les entreprises ferroviaires et les commissionnaires pour améliorer la lisibilité sur l’organisation du mode. Entre 2013 et 2016, l’opinion négative en la matière passe de 60 à 34 %. Seuls, une nouvelle fois, les chargeurs embranchés se démarquent avec 44 % d’insatisfaction. Parmi les points négatifs les plus cités, Anne-Laure Noat souligne "le manque de transparence au niveau des propositions tarifaires, la complexité des offres, le peu d’informations sur les dates et sillons possibles, les difficultés pour trouver des sites embranchés efficaces… et l’abandon des lignes capillaires". Par les voix d’Olivier Clity, directeur des opérations chez Soufflet, et d’Arnaud Colson, président de l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG), le manque de visibilité sur le réseau capillaire concentre les inquiétudes, et hypothèque les investissements et donc l’avenir de plusieurs sites agricoles et carrières.

Pistes d’amélioration

Au-delà de pointer les avis négatifs, le baromètre consolide les actions concrètes défendues par les chargeurs pour améliorer le fonctionnement du fret ferroviaire. Avec une vision ambitieuse en faveur du réseau capillaire "finançable par le plan européen Juncker", indiquent Arnaud Colson et Olivier Clity, ces propositions visent tout d’abord "à réaliser une cartographie des flux, des sillons, des lignes régulières et des sites embranchés". Tout en précisant davantage le rôle de chaque maillon dans la chaîne du fret ferroviaire, la mise en place "d’une plateforme web partagée de planification/validation des opérations de tractions" est préconisée. Cette initiative croiserait une demande forte exprimée en particulier par les clients du wagon isolé, de lots de wagons et du combiné rail-route pour fédérer les moyens et développer la mutualisation ainsi que la coopération entre les acteurs. De l’avis général, cette action reviendrait aux entreprises ferroviaires et aux commissionnaires.

Massification des flux

Cette attente est d’ailleurs à l’origine de la création de Forwardis représenté par Édouard Laverny, son directeur Europe. Regroupant Écorail, Ermechem, Ermefret, Captrain Solutions et Captrain UK, Forwardis est la nouvelle marque de SNCF Logistics pour ses activités de commission de transport à dominante ferroviaire.  Sur 10 millions de tonnes déclarées par la nouvelle entreprise, 60 % sont traitées en trains complets et le solde en wagon isolé sous l’organisation multi-lots/multi-clients ainsi qu’en fluvial.

"56 % des clients du ferroviaire conventionnel critiquent sa qualité de service"


Une nouvelle approche susceptible de séduire les 89 % de chargeurs prêts à confier davantage de marchandises aux opérateurs ferroviaires si "l’accès et la qualité des infrastructures, les coûts, le respect des délais et la flexibilité" s’améliorent. Dans ce cadre, "la massification et un meilleur pilotage des flux avec les entreprises ferroviaires" sont deux retombées espérées d’une meilleure coopération entre les acteurs de la filière.

Érick Demangeon

Vendredi 1 Avril 2016



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