L'Afrique, terre d'opportunités de plus en plus évidente


Beaucoup d’États, notamment en Europe, envieraient le taux moyen de 5 à 6 % de croissance que réalisent depuis quelques années certains pays d’Afrique. "Ce taux se maintient, il n’est plus un phénomène exceptionnel et il devrait poursuivre sur cette voie", observait Bernard Dunis, directeur régional de la Coface lors du récent forum Eurafric.


© Camille Moirenc
© Camille Moirenc
L’Afrique est un réservoir d’opportunités. Ses ressources naturelles et minières, sa richesse agricole qui devrait être beaucoup mieux exploitée, sa démographie qu’il ne faut pas voir comme un handicap (50 % des Africains ont moins de 20 ans), la montée de la consommation sont des faits à prendre en compte quand on observe ce vaste continent composé toutefois de pays très différents. La Côte d’Ivoire atteint 8 % de croissance tandis que la République centrafricaine est à - 14 %. L’Afrique compte 1 milliard d’âmes et elles seront 2 milliards en 2050 dépassant la Chine et l’Inde. On compte 50 milliardaires en Afrique dont 20 déjà au Nigeria. La consommation est en hausse avec l’émergence d’une classe moyenne et la présence de jeunes diplômés avides de découvrir et d’utiliser des produits de luxe et de haute valeur technologique. 40 % de la population résident dans des villes. On note aussi le mouvement de jeunes diplômés européens allant chercher des opportunités en Afrique. C’est par exemple le cas des Portugais qui fuient la crise. Selon l’OCDE, 70.000 Portugais partiraient chaque année vers d’autres pays de l’Europe, au Brésil, en Angola ou au Mozambique. Selon certains spécialistes, il y aurait entre 150.000 et 200.000 Portugais en Angola. Un certain nombre de foyers ont aujourd’hui des revenus supérieurs à 5.000 dollars par an et on estime que 95 millions de personnes dépensent 10 dollars par jour. C’est un phénomène assez nouveau et en progression.

Taux d’impayés supérieurs en Europe

La moitié des Africains ont un mobile, ce qui permet de "bancariser la brousse" et d’apporter des services aux terres reculées, en ouvrant des horizons nouveaux. Les troubles religieux, politiques et ethniques qui sévissent, la mauvaise gouvernance, la corruption, des infrastructures insuffisantes et malaisées pour transporter hommes et marchandises, des lourdeurs administratives sont cependant autant de freins à l’évolution des affaires et des partenariats qui ont besoin de confiance, de stabilité, de loyauté pour être pérennes et s’établir sur des relations "gagnant-gagnant". Selon Bernard Dunis, la faible croissance européenne et le ralentissement de la croissance des pays émergents ne devraient pas trop nuire à l’essor africain qui bénéficie de moteurs de croissance interne.

"Insuffisance des entreprises françaises en Afrique"


La Coface a étudié les critères de pression au changement et les instruments du changement. Les constats sont différents selon les États, leur niveau d’éducation et d’ouverture. Mais les peuples aspirent à la liberté d’entreprendre.
Bernard Dunis a relevé qu’actuellement les taux d’impayés sont supérieurs en Europe qu’en Afrique. "La Coface dispose de 10 milliards d’euros de garantie sur l’Afrique, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2009, tandis que ses encours ont augmenté très fortement sur l’Asie et l’Amérique latine". La Coface établit à 70 % son taux d’acceptation des risques en moyenne en Afrique. Le groupe se méfie des acheteurs publics et préfère traiter avec des acteurs privés. Le FMI estime que la gestion s’améliore en Afrique dont l’endettement public atteint 30 à 40 % contre presque 100 % en France.
La Coface a reçu le Trophée de la coopération lors du forum Eurafric, le "Trophée de la pugnacité des entreprises", a noté le récipiendaire. Les sociétés Quenea Energies renouvelables de Carhaix (29) et Vincent Industrie de Brignais (69) ont, elles aussi, été distinguées.
Comme chaque année, le problème des visas a empêché de nombreux chefs d’entreprises et techniciens de suivre le forum Eurafric. Certains n’ont pas pu quitter leur pays, d’autres ont été bloqués à leur arrivée alors qu’il s’agit d’hommes d’entreprises venant chercher des contacts, des connaissances et des partenaires pour développer leur pays. Jean-Louis Gagnaire, vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes en charge des affaires économiques, semble avoir pris des contacts avec le ministère de l’Intérieur pour trouver une solution sur ce sujet très pénalisant.

Annick Béroud

Samedi 16 Novembre 2013



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