L'Algérie refusera toute livraison de blé d'origine "mixte"


L'Algérie a décidé de ne pas prendre possession de toute livraison de blé d'origine "mixte" après le recours à l'importation par la France pour pallier les problèmes de qualité affectant la récolte.


Alger refusera toute livraison de blé d'origine "mixte", a-t-on appris jeudi 28 août de source proche du dossier. L'Algérie est le premier acheteur de blé français. Dans une correspondance adressée il y a quelques jours à ses fournisseurs, "l'office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a précisé qu'il n'accepterait aucune livraison de blé issu de mélanges de différentes origines. Le cahier des charges est clair : les céréales doivent provenir du pays d'origine", selon la même source. L'organisme algérien a particulièrement insisté sur le critère de qualité du blé, l'indice de Hagberg, qui mesure la qualité boulangère de cette céréale, et permet de déterminer s'il pourra être utilisé pour faire du pain.
L'OAIC réagissait à des informations de presse selon lesquelles la France, premier exportateur européen de céréales, a importé du blé pour pallier sa mauvaise récolte et pouvoir ainsi fournir ses grands clients étrangers, dont l'Algérie. Le port de Rouen a reçu la semaine écoulée un chargement de 27.000 tonnes de blé en provenance de Lituanie et un autre de 4.400 tonnes venu du Royaume-Uni, avait déclaré le 21 août un porte-parole du port, le premier pour l'exportation de céréales en Europe. Selon Damien Vercambre, de la société de courtage Inter-Courtage, il ne s'agit pas d'utiliser ce blé pour la consommation intérieure dans l'Hexagone, mais d'"améliorer la qualité des chargements vers les pays clients de la France", Algérie en tête, avec qui de nombreux contrats avaient déjà été passés en prévision de la récolte de cet été.
La récolte française de blé pour la meunerie a été gâchée cet été par une conjugaison exceptionnelle d'intempéries qui ont dégradé la qualité des grains, lui laissant peu d'espoir de trouver des acquéreurs sur le marché international. Pour honorer leurs contrats, les exportateurs français doivent donc mélanger du blé de bonne qualité au blé plus médiocre livré par les agriculteurs.
L'Algérie importe en moyenne 5 millions de tonnes de blé français. Ses importations avaient explosé en 2011, affichant une progression de plus de 133 % à 7,4 millions de tonnes, avant de baisser de près de 26 % à 6,9 millions de tonnes en 2012. Les besoins de l'Algérie sont estimés à 80 millions de quintaux par an, faisant de ce pays l'un des plus gros importateurs de céréales.

Les céréaliers réclament un comité spécial pour vendre la récolte

Les producteurs de blé ont demandé jeudi 28 août la création d'un comité spécial pour gérer la commercialisation délicate de la récolte, en partie dégradée par les intempéries, ainsi qu'un versement anticipé des aides de la PAC. "La conjoncture cette année entraîne une situation inédite que nous devons gérer collectivement", a déclaré Philippe Pinta, président de l'Association générale des producteurs de blé (AGPB). "Le ministre de l'Agriculture doit réunir d'urgence les partenaires et décider la mise en place d'un comité de suivi de la campagne céréalière", ajoute-t-il. La récolte française de blé pour la meunerie a été en partie gâchée cet été par une conjugaison exceptionnelle d'intempéries qui ont dégradé la qualité des grains. Cela se traduit par une proportion plus élevée de blé fourrager, destiné à nourrir les animaux, et par moins de blé meunier pour le pain. "Cette situation nécessite d'orienter judicieusement les blés vers les différents segments de marché au regard de leurs exigences qualitatives respectives. Ceci nécessite un suivi et un pilotage coordonnés et minutieux de la campagne". Les entreprises qui collectent le blé "ont commencé un gros travail de tri et de classement" des grains en fonction de leur qualité, une tâche longue et compliquée, a expliqué un porte-parole de l'AGPB. L'objectif est donc de "partager les informations entre les coopératives, le négoce, les exportateurs, la meunerie pour arriver à allouer au mieux les différentes qualités de blé", selon lui. Selon l'AGPB, "tous les débouchés devraient pouvoir être ainsi approvisionnés en fonction de leurs besoins", alors que des inquiétudes pèsent sur la capacité export de la France. Dans ce contexte, l'AGPB demande aussi au ministère un versement anticipé des aides de la PAC au 16 octobre, car la baisse des cours mondiaux des céréales, et donc des revenus des agriculteurs risque de causer "de graves problèmes de trésorerie pour engager les semis" de la prochaine récolte.

AFP

Vendredi 29 Août 2014



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