L'Autorité environnementale doute du projet Fos Faster du GPMM


En octobre, l'Autorité environnementale a adressé trois avis relatifs aux projets stratégiques 2014-2019 des Grands Ports maritimes du Havre, de Rouen et de La Rochelle. Globalement, elle valide les développements des trois ports en leur recommandant de mieux clarifier leurs impacts environnementaux au sein et à l'extérieur de leurs enceintes portuaires. L'Autorité se montre en revanche plus critique sur le projet gazier Fos Faster à Marseille-Fos.


Dans le contexte d'un marché gazier en baisse, l'Autorité environnementale se demande si le jeu Fos Faster en vaut la chandelle © GPMM
Dans le contexte d'un marché gazier en baisse, l'Autorité environnementale se demande si le jeu Fos Faster en vaut la chandelle © GPMM
Deux volets des projets stratégiques 2014-2019 sont soumis à évaluation environnementale. D'un côté l'aménagement et le développement durable, de l'autre les dessertes et démarches en faveur de l'intermodalité. À ce titre, Le Havre et Rouen ont transmis leurs projets qui s'inscrivent dans leur réflexion commune "Haropa 2030". Aussi, les recommandations sont-elles proches, notamment en matière d'élargissement du champ des impacts environnementaux au-delà du  périmètre de leur domaine portuaire. L'objectif est "d'analyser ses enjeux et les indicateurs retenus pour en assurer le suivi". Au Havre, l'avis insiste par exemple sur l'articulation du projet stratégique avec le fonctionnement de l'estuaire, en matière de gestion foncière notamment. À Rouen, il se concentre davantage sur la gestion hydrosédimentaire à travers les dragages, clapages et modification de l'endiguement. Pour évaluer les impacts de leur projet stratégique, l'Autorité demande aux deux ports de prendre le début des années 2000 pour période de référence, et de mieux les articuler avec d'autres plans et programmes : Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE Seine-Normandie), Plans d'action pour le milieu marin (PAMM) ou de gestion des risques d'inondation par submersion marine.

Croissance sous maîtrise environnementale

Réalisé dans le cadre d'une collaboration avec les GPM de Nantes-Saint-Nazaire et de Bordeaux, le projet stratégique 2014-2019 du GPM de La Rochelle a lui aussi fait l'objet d'un examen. Les principaux axes de développement du document portent sur le ferroviaire (part modale de 20 % d'ici 2020 contre 13 % actuellement) et la diversification en renforçant, par exemple, les expertises du port rochelais sur la manutention spécialisée, notamment le conteneur. Sur cette base, l'Autorité recommande que les effets environnementaux soient analysés "projet par projet et globalement sur la qualité des eaux littorales, les milieux naturels, les sols et sous-sols ainsi que les paysages". L'avis attire aussi l'attention du GPMLR sur les zones à risque de submersion marine, et lui recommande d'approfondir ses analyses sur le sujet. "Pour ce qui concerne les sédiments, la nature et les effets des modalités de gestion envisagés restent à préciser".

Interrogations autour de Fos Faster

Si l'Autorité environnementale ne s'est pas encore prononcée sur le projet stratégique du GPM de Marseille, elle a été saisie sur la construction du terminal méthanier Fos Faster. Supposant la création de quatre réservoirs et d'une canalisation de 9,3 km2, des opérations de dragage en darse 1 de Fos et l'installation d'une station de stockage pour déchets inertes, le terminal permettra l'alimentation en gaz naturel depuis l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, puis son acheminement vers le nord de l'Europe par route et gazoduc. "Ses principaux enjeux environnementaux concernent la sécurité des personnes et des biens ainsi que des milieux naturels traversés en particulier les zones humides". Compte tenu de ces impacts jugés "majeurs", l'Autorité s'interroge : "L'opportunité, le dimensionnement et le calendrier du projet devraient être soigneusement développés dans le contexte particulier présenté dans le dossier, d'un marché gazier en baisse, de terminaux français actuellement sous utilisés et de l'adaptation des capacités de transport de gaz qui seraient rendus nécessaires en aval du terminal". En l'état, elle recommande de compléter l'étude de dangers et les évaluations d'impacts sur les milieux naturels. "Les mesures de compensation ne doivent intervenir qu'une fois assuré l'effet des mesures d'évitement et de réduction et doivent alors faire l'objet d'un engagement"...
 

Érick Demangeon

Jeudi 6 Novembre 2014



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