L'Écotaxe est suspendue sur tout le territoire


Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a décidé de suspendre sur l'ensemble du territoire pour une durée indéterminée l'application de l'Écotaxe devant la forte hostilité qu'elle suscite en Bretagne, mais la région reste mobilisée malgré ce recul.


À l'issue d'une réunion avec des élus bretons et les ministres concernés, le Premier ministre a annoncé vouloir se "donner le temps nécessaire d'un dialogue au niveau national et régional". "Le courage, ce n'est pas l'obstination, c'est écouter, comprendre", a justifié Jean-Marc Ayrault, dont le gouvernement multiplie depuis plusieurs semaines les reculades sur les sujets fiscaux. "Suspension n'est pas suppression", a-t-il assuré, un signal au partenaire écologiste qui redoutait une disparition pure et simple de cette taxe poids lourds. Difficulté supplémentaire pour le gouvernement : si l'État décidait de supprimer cette taxe il lui en coûterait 800 millions d'euros, selon le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, car il lui faudrait alors défaire le contrat avec la société chargée de sa collecte. Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a précisé que ce report de l'Écotaxe, dont la mise en œuvre avait été décidée en 2009 par la précédente majorité, devrait perdurer pendant plusieurs mois.

"Suspension n'est pas suppression"


Cette suspension est nationale "afin d'éviter les distorsions entre les territoires et les entreprises", a précisé le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas, qui a annoncé la décision du Premier ministre avant que celui-ci ne prenne la parole. "Il faut maintenant que chacun soit responsable et arrête de pousser les feux en mettant chacun dans la rue", a demandé la ministre de la Réforme de l'État, Marylise Lebranchu, une des "Bretonnes" du gouvernement. Elle a appelé la FNSEA à revenir à la table des négociations. "On arrête les chaises vides, on se met au travail", a-t-elle insisté. Que les élus UMP ne soient pas venus à l'invitation du Premier ministre à Matignon "c'est quand même assez terrifiant parce qu'ils sont aussi responsables de cette situation", a-t-elle déploré. "Il faut qu'on soit capable d'apaiser et de retrouver la voie du dialogue", a jugé aussi Stéphane Le Foll, saluant "une décision courageuse et de sagesse".

Manif maintenue samedi

Cette taxe, qui cristallise une bonne part de la colère bretonne, région touchée de plein fouet par la crise de l'agroalimentaire, est une mesure du Grenelle de l'environnement mis en place à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Elle doit être payée pour tous les camions français ou étrangers de plus de 3,5 tonnes, roulant sur certaines routes (hors autoroutes payantes). Censée rapporter plus d'un milliard d'euros par an, elle vise à inciter les entreprises à utiliser, pour le transport de marchandises, des modes moins polluants. L'Écotaxe, issue du Grenelle de l'Environnement, a déjà été reportée deux fois. Elle devait initialement s'appliquer dès le 20 juillet 2013. Mais son entrée en vigueur a été reportée au 1er octobre, puis une seconde fois, au 1er janvier 2014. Pour son dernier report, le gouvernement avait avancé des dysfonctionnement dans la mise en place du dispositif, dont la gestion et la collecte revient à la société Ecomouv'.
Ce nouveau recul a été bien accueilli par les élus bretons présents à Matignon pour cette réunion, boycottée par les membres de l'UMP. Seul élu breton représentant l'UDI, et seul participant de l'opposition à la réunion de Matignon, le député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoît a salué "un geste d'apaisement" de la part du chef du gouvernement. Le président de l'UMP, Jean-François Copé, s'est lui aussi déclaré "soulagé pour les entrepreneurs, les agriculteurs, les Français, que le Premier ministre ait entendu leur cri de colère et leur inquiétude". L'eurodéputé écologiste José Bové a en revanche jugé "minable" la suspension "sine die" de l'Écotaxe. "C'est une reculade vraiment invraisemblable face à un lobby agro-industriel mené par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, et le Medef pour casser une logique économique qui aurait été la relocalisation", a-t-il déclaré. Les organisateurs de la manifestation contre l'Écotaxe samedi 2 novembre à Quimper ont décidé de maintenir le rassemblement malgré la suspension. "Ce n'est pas suffisant, la Bretagne demande sa suspension définitive", a déclaré mardi Christian Troadec, maire (DVG) de Carhaix (Finistère) et responsable du collectif qui a lancé l'appel à la manifestation à Quimper.

Mathieu Foulkers et Sandra Laffont

Mardi 29 Octobre 2013



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