L'ICS pour un objectif mondial sur les émissions de CO2 du shipping


La fédération internationale des armateurs mondiaux va demander à l'OMI d'imposer des objectifs chiffrés et ambitieux en termes d'émissions de gaz carbonique, notamment une réduction de 50 % des rejets par tonne-kilomètre.


L'OMI a mandat pour conclure un accord international de réduction des émissions de GES du transport maritime © Maersk Line
L'OMI a mandat pour conclure un accord international de réduction des émissions de GES du transport maritime © Maersk Line
L'International Chamber of Shipping (ICS) veut passer à la vitesse supérieure en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime mondial.
L'association mondiale des armateurs a décidé de presser l'Organisation maritime internationale (OMI) d'adopter des objectifs plus ambitieux qu'actuellement afin de peser efficacement et équitablement sur l'empreinte écologique du secteur.
Cette décision a été adoptée lors de l'assemblée générale annuelle de l'ICS qui s'est tenue à Istanbul du 9 au 11 mai. Le but est de faire adopter "un objectif élevé en considérant le secteur dans son ensemble pour être en phase avec les objectifs de l'accord de Paris sur le changement climatique".
L'ICS compte ainsi demander à l'agence maritime de l'ONU d'imposer trois visées : maintenir la quantité totale d'émissions de dioxyde de carbone du shipping mondial sous le niveau de 2008, réduire les émissions de CO2 par tonne-kilomètre d'au moins 50 % d'ici 2050 par rapport à 2008 et réduire chaque année les émissions de CO2 du secteur d'un taux à définir pour remplir les objectifs précédemment cités.

Privilégier les mesures communes

L'ICS regroupe les associations d'armateurs de 37 pays et représente 80 % de la flotte marchande mondiale, toutes activités confondues. Son président, Esben Poulsson, s'est satisfait de cette décision : "Il est très important que l'OMI montre clairement et sans ambiguïté à la communauté mondiale que les régulateurs se sont entendus sur des objectifs ambitieux avec des chiffres et des dates pour réduire les émissions du secteur, de la même façon que l'activité terrestre est maintenant couverte par l'engagement des gouvernements dans l'accord de Paris".
Les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime, comme ceux du transport aérien, ne sont pas comprises dans l'accord cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adopté à Paris en 2015. En vertu du protocole de Kyoto, ce mandat appartient à l'OMI jusqu'en 2020.

"Être en phase avec les objectifs de l'accord de Paris sur le changement climatique"


L'ICS dit préférer que l'OMI garde la main sur les mesures de réduction de l'empreinte carbone des navires au niveau mondial plutôt que de voir émerger des mesures nationales ou régionales, avec le risque de distorsions du marché qu'elles comporteraient. "Le shipping a vraiment son mot à dire dans la réduction des émissions mais il est difficile de le faire sur le long terme sans signal clair de l'OMI sur ce que doivent être nos objectifs communs", estime Esben Poulsson.

"Développer les combustibles non fossiles"

Paradoxalement, l'ICS demande à ce que l'OMI n'impose aucune limitation contraignante sur les émissions ni du secteur dans son ensemble ni des navires pris individuellement, par égard pour l'activité commerciale des pays en développement, explique l'organisation professionnelle. "Nous ne pourrons faire coexister d'importantes réductions de CO2 avec une croissance du commerce qu'en développant des combustibles alternatifs non fossiles", affirme le président de l'ICS, qui invite l'OMI à en tenir compte dans sa stratégie.
Selon cette dernière, les transport maritime international a émis au total 921 millions de tonnes de CO2 en 2008. Ce chiffre a diminué de 13 % en 2012 "sous l'effet de mesures techniques et opérationnelles", à moins de 800 millions de tonnes, soit 2,2 % de l'ensemble des émissions mondiales. En l'absence de nouvelles mesures, l'OMI prévoit que la quantité émise par le secteur dépassera le niveau de 2008 avec l'augmentation du trafic.
L'ICS a l'intention de demander à ce que l'OMI adopte ces objectifs dans sa stratégie initiale de réduction des émissions de CO2 qui doit être bouclée en 2018. Elle prévoit de soumettre officiellement son idée lors du comité de protection de l'environnement marin de l'OMI, début juillet, conjointement avec le Bimco (armateurs, agents et brokers de 120 pays), Intercargo (armateurs de vraquiers) et Untertanko (armateurs de tankers).

Armateurs de France applaudit la décision

Armateurs de France s'est félicité "de l’adoption, lors du Board de l’International Chamber of Shipping (ICS), d’un objectif ambitieux de réduction des émissions de CO2 du shipping mondial : moins 50 % d’émissions en 2050 par rapport à 2008 à la tonne-kilomètre".
Cette décision "s’inscrit dans la lignée de la dynamique volontariste, impulsée à la suite de la Cop21. Bien que la forte mobilisation d’organisations telles qu’Armateurs de France et de ses homologues scandinaves n'ait pas permis d’inclure le transport maritime dans l'accord de Paris, elle a en revanche suscité un élan aussi bien de la communauté armatoriale, que de l’Organisation maritime internationale".
Armateurs de France souligne que "cet accord intervient après l’adoption, en octobre 2016, par le Comité pour la protection du milieu marin (MEPC) de l’OMI, d’un système international de collecte obligatoire de données des émissions de CO2 des navires.
Pour le président de la fédération, Jean-Marc Roué, cet accord est "un succès pour l’ICS et pour notre industrie, et démontre sa capacité à avancer sur un sujet crucial pour l’avenir de notre secteur. La dynamique d’un transport maritime durable est bel et bien lancée".

Franck André

Mercredi 17 Mai 2017



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