"L'Union européenne n'est pas restée inactive"


Alors que 22 % des Français, selon le sondage d'Ipsos-Steria, jugent que l'appartenance de la France à l'Europe est "une mauvaise chose", les armateurs du pays estiment que l'UE a œuvré en faveur du transport maritime. Témoignage de Raymond Vidil, président d'Armateurs de France, qui continue de défendre bec et ongles les intérêts de la profession.


© Afcan
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À quelques jours des élections européennes, Raymond Vidil, le président d'Armateurs de France, a donné une tournure très communautaire à une intervention devant les membres de l'Union des avocats européens (UAE), à Marseille.
Intitulé "Le Pavillon français face au pavillon européen", le débat organisé par la délégation supranationale Méditerranée Paca Corse Ligurie de l'UAE a été l'occasion pour le représentant des armateurs français de rappeler que, malgré la création du Registre international français (RIF), le déficit dont souffre le pays est dû à un surcoût lié à l'organisation du travail de 40 %. Raymond Vidil prône donc "la fixation d'un cap pour la sauvegarde et la croissance du transport maritime". Au plan européen, tordant le cou à une idée reçue selon laquelle Bruxelles n'avait rien fait pour le transport maritime ces dernières années, il a souligné que la Commission a pris des mesures en faveur du report modal. "Non, l'Union européenne n'est pas restée inactive". À ses yeux, elle "cherche à imposer une réglementation".

"Bruxelles cherche à imposer une réglementation"


Il a rappelé la publication du "Livre blanc" en 2001, intitulé "La Politique européenne des transports à l'horizon 2010. Après avoir démenti "la dimension théorique" de ce document, qui comporte 60 mesures, il a évoqué la publication, en 2007, du "Livre vert".
Le président d'Armateurs de France a également remis en mémoire les trois paquets législatifs visant à améliorer la sécurité et la sûreté suite au naufrage du pétrolier "Erika" en 1999 et à celui du "Prestige" en 2002.
Sur le front du report modal, l'Europe a également mis en place le programme Marco Polo destiné notamment à encourager les "autoroutes de la mer". Il souhaite que le "short sea shipping" puisse se développer "face à la route, son concurrent quasi-unique, malgré les nombreux obstacles dressés".
Concernant le réseau transeuropéen de transport (RTET), il est convaincu qu'il a vocation à faire "disparaître les goulets d’étranglement, à favoriser les passages de frontière et à améliorer l’intermodalité". Il place ses espoirs dans le coordonnateur des autoroutes de la mer, estimant qu'il doit dynamiser ce mode. "Elles constituent un élément indispensable de la chaîne de transport européenne", insiste-t-il.
Sur le thème de mesures telles que l'Écotaxe, il met en garde "il ne faudrait pas qu'elles soient contre-productives en conduisant tout simplement à faire du report modal inversé : de la mer vers le camion". Reste à savoir si elle sera maintenue ou abandonnée.

GNL : "un calendrier extrêmement contraignant"

Autre sujet sur lequel la Commission européenne a travaillé ces dernières années, l'optimisation de la pollution des carburants utilisés par les navires. Raymond Vidil a rappelé que l'annexe VI de la convention internationale Marpol, qui impose l'emploi d'un carburant à 0,1 % de soufre dans les zones Seca, a été transposée en droit européen.
Sur cette question, les armateurs français, selon lui, estiment que le texte pourra bien être applicable à partir du 1er janvier 2015 mais "sur des navires neufs".
Quant à l'utilisation du GNL, évaluée comme "une voie prometteuse permettant de répondre aux objectifs actuels de réduction des émissions", il estime que "le calendrier est extrêmement contraignant" pour les entreprises du secteur qui se trouvent confrontées à d’importantes questions techniques, économiques, financières et réglementaires.

Vincent Calabrèse

Mardi 20 Mai 2014



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