L'actionnaire d'Air Caraïbes renonce à acheter Corsair


Moins de deux semaines après avoir dévoilé un projet ambitieux de rapprochement entre Corsair et Air Caraïbes pour donner naissance au leader aérien sur les Antilles, leurs maisons mère, TUI France et Dubreuil, ont brutalement mis fin à leurs discussions, sous la pression des syndicats de Corsair.


Les syndicats de Corsair ont levé leur appel à la grève prévue à partir de vendredi 6 mars © Corsair
Les syndicats de Corsair ont levé leur appel à la grève prévue à partir de vendredi 6 mars © Corsair
Corsair ne sera finalement pas racheté par le groupe Dubreuil. Alors que l'opération avait été annoncée, le 20 février, conjointement par les dirigeants des actionnaires des deux compagnies, c'est par un bref communiqué de Corsair International que la nouvelle est tombée jeudi 5 mars. "Le groupe Dubreuil (actionnaire d'Air Caraïbes) et le groupe TUI (actionnaire de Corsair) ont mis fin à leurs discussions relatives au projet de transaction", indique le transporteur français. "Malgré les efforts de ces dernières semaines, les parties ont conclu qu'elles ne seront pas en mesure de mener à son terme le projet de cession de la compagnie Corsair". "Le groupe Dubreuil confirme l'arrêt des discussions autour du rachat de Corsair International", a déclaré de son côté Éric Fohlen, porte-parole du groupe diversifié vendéen. Les dirigeants se sont refusés à expliquer les points d'achoppement.
La pression des syndicats et l'imminence d'un nouveau mouvement de grève après le dur conflit du week-end dernier aura sans doute pesé lourdement dans ce choix bien que le groupe Dubreuil ait tenté, en vain, de rassurer les personnels de Corsair, martelant qu'il n'y aurait ni plan social ni fusion des deux compagnies, qui auraient conservé leur marque propre, ni suppression de lignes. "Nos réseaux sont complémentaires et les équipes de direction se connaissent et s'estiment", avait fait valoir Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair, le 20 février. "Il y un mot clé : la confiance. C'est essentiel pour la réussite de ce projet", avait-il argué.
Corsair devait apporter de nouvelles routes vers l'Océan Indien, mais aussi le Canada et l'Afrique. Le groupe Dubreuil comptait créer au dernier trimestre 2016 une nouvelle structure pour opérer à terme une flotte de onze A350 dont le premier exemplaire doit être réceptionné en décembre 2016.
"La grève des pilotes d'Air France l'a très bien illustré. Le cash part tellement vite lorsque les avions sont cloués au sol que dans le cas de Corsair, cela pouvait tout simplement mettre à mal le projet de cession sur le plan financier", a commenté un expert du secteur, qui a requis l'anonymat. "Toutes les synergies peuvent être gommées en seulement quelques jours de grève", a-t-il souligné. De source syndicale, affréter pendant trois jours des avions et équipages de remplacement aurait coûté 4 millions d'euros à Corsair.

Corsair, condamnée à poursuivre les restructurations

En toute logique, l'intersyndicale a immédiatement levé son préavis de grève de trois jours à compter de vendredi 6 mars, qui devait succéder au mouvement massivement suivi le week-end précédent. "Les salariés sont extrêmement satisfaits. On est arrivés à ce qu'on voulait. Maintenant, il reste beaucoup de choses à faire pour élaborer de nouveaux projets avec TUI", a réagi auprès un responsable syndical. "C'est extraordinaire, c'est la victoire de David contre Goliath", commentait une salariée. Les syndicats de Corsair, qui emploie 1.150 personnes, réclamaient des "garanties" pour l'emploi.
Si les personnels sont satisfaits, la fin de ce projet de cession n'est pas une bonne nouvelle pour Corsair, fragilisée. En déficit chronique ces dernières années malgré de lourdes restructurations et une montée en gamme, la compagnie devenue régulière et autonome n'a plus sa place au sein du tour opérateur TUI qui entend se défaire de cette activité non stratégique. "Corsair est condamnée à poursuivre ses efforts de redressement tant qu'elle ne trouvera pas de partenaire", souligne le spécialiste du secteur aérien. "C'est la seule voie possible", dit-il.
Pour Air Caraïbes, ses ambitions de développement sur les Antilles sont contrariées mais elle demeure bien gérée. Les deux compagnies restent enfin liées par des accords commerciaux (partage de codes) sur les Antilles, en vigueur depuis trois ans. Leur concurrente Air France va, elle, respirer. Elle conserve la part de marché la plus importante entre la métropole et les Antilles (quelque 40 %) contre quelque 30 % pour Air Caraïbes, 22 % pour Corsair et 5 % pour XL Airways.

Delphine Touitou

Jeudi 5 Mars 2015



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