L'aéroport marseillais apprend la patience


L'aéroport de Marseille-Provence connaît un fléchissement de son trafic de fret au troisième trimestre mais vise la stabilité sur l'ensemble de l'année. Les travaux prévus pour 2014 sur ses installations à température dirigée, doivent lui permettre de doubler son volume de marchandises périssables.


© Aéroport Marseille-Provence
© Aéroport Marseille-Provence
Après une année 2012 de stabilité quasi absolue, le trafic fret de l'aéroport Marseille-Provence est en baisse sur les neuf premiers mois de l'année 2013. Fin septembre, le fret avionné atteignait 38.500 tonnes (- 1,9 %). Ce ralentissement s'affiche dans les mêmes proportions que celui du fret express, principale composante de l'activité marseillaise, généralement sensible à la conjoncture économique globale.
Parmi les intégrateurs, seuls DHL et Fedex ont connu une croissance. Pour le premier, elle a été de 5 %, à environ 6.000 tonnes. Ce résultat est lié à une réorganisation interne pour le traitement du fret niçois et à "une activité davantage tournée vers l'Europe que ses concurrentes", selon le responsable fret de la plate-forme, Jean-Marc Boutigny. De son côté, l'intégrateur américain, en pleine croissance sur le territoire français, a profité d'un été fructueux pour atteindre une évolution de 9 %, à 900 tonnes.

L'express national en souffrance

TNT a gardé un trafic stable au cours des trois premiers trimestres, avec 8.100 tonnes (+ 0,1 %). UPS a connu la baisse la plus importante sur Marseille-Provence, avec 6.200 tonnes, soit 7 % de moins qu'au troisième trimestre 2012, "du fait d'une part importante de son activité réalisée avec les États-Unis, dont les trafics baissent, surtout à l'import". Quant à Europe Airpost, il a vu son activité se réduire de 4,4 %, à 8.740 tonnes, ce que l'aéroport attribue principalement aux perturbations météo du mois de mars à Paris, qui ont occasionné l'interruption totale du service pendant plusieurs jours. De plus, selon le responsable fret de Marseille-Provence, "beaucoup d'entreprises préfèrent le mode routier en ces temps de crise, pour assurer leurs acheminements nationaux".
Globalement, le fret express échangé avec la Tunisie dans le cadre du hub méditerranéen de TNT, UPS et DHL a pâti du ralentissement de l'économie locale. Ses volumes ont baissé de 8 %, à 1.900 tonnes. Avec la centaine de tonnes de fret traditionnel générée par les soutes de Tunisair, la Tunisie reste cependant le premier partenaire fret de l'aéroport, juste devant l'Algérie.

"Turkish Airlines démontre les possibilités offertes par son réseau"


Ultra minoritaire à Marseille (environ 10 %), le fret traditionnel a reculé de 4,5 % après neuf mois d'activité, soit une perte de 400 tonnes. Son premier débouché, l'Algérie, a récupéré ce qui avait été perdu au début de l'année avec la prise d'otage sur le site gazier d'In Amenas. Le trafic est stable, à 1.600 tonnes. "Non seulement, les expéditions de matériel de forage ont repris, mais l'attaque a généré un nouveau trafic lié à la sécurisation des exploitations (grillages, miradors, etc.), qui a apporté 240 tonnes", constate Jean-Marc Boutigny.
Quant à l'arrivée de Turkish Airlines à Marseille en juillet dernier, à raison de quatre vols hebdomadaires en B737, elle n'a pas bouleversé la donne pour ce qui concerne le fret. La faiblesse des capacités en soute est notamment en cause. En trois mois, quelque 30 tonnes ont été acheminées par la compagnie, presque uniquement à l'import et quasi-exclusivement en provenance d'Extrême-Orient. Bien que timide, ce démarrage fait une première démonstration des possibilités offertes par le réseau de la compagnie turque et de son hub d'Istanbul, désormais reliés à la Provence.
À l'issue d'une nouvelle année de crise et après une forte croissance sur la période 2007-2011, Marseille-Provence vise comme l'an dernier la stabilité de son trafic sur l'ensemble de 2013. L'aéroport restera à la deuxième place des aéroports de province derrière celui de Toulouse-Blagnac.

Récupérer les agréments vivant et périssable

Si l'année 2014 est encore incertaine question trafics, on est sûr qu'elle commencera par un investissement. Pour satisfaire à la règle européenne interdisant au 1er janvier 2015 la présence de gaz réfrigérant de type R22 dans les systèmes de climatisation et les compresseurs, l'aéroport Marseille-Provence va remplacer l'ensemble de ses chambres froides. "Elles seront non seulement en conformité avec la réglementation mais aussi plus adaptées aux besoins des professionnels", annonce Jean-Marc Boutigny. Car si cette mise à niveau est une condition sine qua non pour conserver le Poste d'inspection frontalier (Pif), l'établissement compte en profiter pour retrouver les agréments perdus ces dernières années, ceux permettant la prise en charge des animaux vivants (en 2009) et des produits congelés (en 2011). Le directeur fret voit là "des perspectives intéressantes pour les compagnies qui transportent du périssable en soute" et se fixe comme objectif un doublement des volumes de marchandise périssable, de 370 à 650 tonnes annuelles dès 2015. Pour y parvenir, l'aéroport a demandé aux opérateurs de s'engager sur des volumes, en contrepartie d'un investissement de 320.000 euros. L'essentiel du trafic périssable traité à Marseille, stocké pour le moment sous température positive, est destiné à l'alimentation humaine. Il est composé à 70 % de poissons et fruits de mer importés du Maroc, de Mauritanie, de Tunisie et d'Israël et à 25 % végétaux (Maroc et Israël).

Franck André

Mercredi 9 Octobre 2013



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