L'ambition verte du gouvernement


"Pas serein" mais "déterminé" : Nicolas Hulot pense pouvoir faire prendre un tournant plus écologique à la France. Dès cette rentrée, plusieurs dossiers seront un test de sa capacité à gagner des arbitrages et à convaincre Emmanuel Macron. "Je reste tant que je crois qu'on peut collectivement changer les choses", a souligné mercredi 30 août le ministre de la Transition écologique et solidaire.


© Vermilion
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Des transports plus propres

Des "assises de la mobilité" devraient se tenir d'ici la fin de l'année. Parmi les chantiers prioritaires mis en avant par Nicolas Hulot : l'amélioration des trains du quotidien et le transfert du fret routier vers le ferroviaire. Le ministre a promis une convergence entre la fiscalité du gasoil et de l'essence "d'ici trois-quatre ans". Pour favoriser un parc automobile plus propre, le barème des bonus-malus pour l'achat de véhicules neufs va être révisé et le système des primes pour mettre au rebut des vieux diesel doit être élargi. Le contenu du dispositif doit être annoncé "courant septembre".

Les grands travaux en mode pause

"Une pause" sur les grands projets d'infrastructures a été évoquée par Emmanuel Macron en juillet, la cour des Comptes ayant dénoncé en 2016 un sous-financement important. Pas de nouvelle LGV, a par exemple dit Nicolas Hulot mercredi. La préservation des terres agricoles, chaque année grignotées, doit aussi devenir une priorité, estime-t-il. Dans ce contexte, la ligne ferroviaire Lyon-Turin et le canal Seine-Nord pourraient être remis en cause. Quant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'emblématique dossier est suspendu aux conclusions d'une nouvelle médiation d'ici fin 2017.

Les fossiles c'est (presque) fini

Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, un projet de loi "relatif à l'interdiction de l'exploitation des hydrocarbures" sera présenté lors du conseil des ministres du 6 septembre. Il n'y aura plus de nouveaux permis d'exploration et pas de renouvellement des concessions d'exploitation existantes. La prolongation des permis de recherche déjà attribués est maintenue. Mais quoi qu'il en soit, la production de gaz et de pétrole prendra fin d'ici 2040, prévoit le projet. "Cela envoie un signal et permet aux acteurs de se préparer", se félicite Michel Dubromel, président de France Nature Environnement. Concernant les hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste), exploration et exploitation seront désormais interdites "quelle que soit la technique utilisée" et pas seulement via la fracturation hydraulique, bannie depuis 2011.

Ufip : un projet de loi "dangereux"

Le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) a jugé mercredi "dangereux" et contre-productif le projet de loi visant à interdire à terme l'exploitation des hydrocarbures en France. "Ce projet de loi pour nous est dangereux et va engager le début de la fin d'un secteur industriel qui est performant en France en favorisant une importation accrue de produits pétroliers", a dit Francis Duseux, président de l'Ufip. "Il n'aura aucun impact sur la consommation de pétrole et conduira à augmenter les émissions de gaz à effet de serre puisque ce qu'on ne produit pas en France, il faudra l'importer et donc il y aura du CO2 émis au transport", a-t-il ajouté. Parmi les arguments avancés par l'Ufip figure encore la menace qui pèserait sur les 1.500 emplois concernés, la fin de certaines recettes pour les collectivités locales ou encore l'image potentiellement négative de la France donnée aux investisseurs étrangers. "En tant que patron d'une entreprise pétrolière, je ne peux pas être d'accord", a réagi de son côté le PDG du groupe Total, Patrick Pouyanné, interrogé en marge de l'université d'été du Medef. "Si je ne peux pas explorer en France, j'explore ailleurs", a-t-il ajouté.
Actuellement, 63 concessions d'hydrocarbures sont en cours de validité dans le pays et sont concentrées dans les bassins parisien et aquitain. La France a produit environ 815.000 tonnes de pétrole l'an dernier, soit l'équivalent d'à peu près 1 % de la consommation nationale. Le plus gros producteur en France est le groupe canadien Vermilion. "Les géologues ont la quasi-certitude qu'il y a des ressources disponibles en Guyane et, à notre avis, il serait utile de permettre l'exploration pour vérifier si on en trouve ou pas car cela pourrait être une source de richesse considérable pour les Guyanais", a encore fait valoir Francis Duseux. "On dit que pour lutter contre le réchauffement climatique, le préalable, c'est de renoncer à exploiter les trois quarts des réserves d'énergie fossiles qu'on a sous nos pieds. Il faut qu'on montre l'exemple", a de son côté estimé Nicolas Hulot mercredi matin.

Catherine Hours et Céline Serrat

Jeudi 31 Août 2017



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