L'avenir d'Air France-KLM en suspens


Le départ surprise d'Alexandre de Juniac d'Air France-KLM laisse en suspens les questions sur l'avenir de la compagnie franco-néerlandaise, qui a regagné une partie du terrain perdu face à ses concurrentes, les low-cost et les compagnies du Golfe, mais n'a pas encore retrouvé son lustre d'antan.


Air France-KLM a consenti d'importants sacrifices, comme la suppression de 5.500 postes © Air France-KLM
Air France-KLM a consenti d'importants sacrifices, comme la suppression de 5.500 postes © Air France-KLM
Après l'annonce du départ de son PDG, le titre Air France-KLM perdait plus de 5 % dans la matinée de mercredi 6 avril à la Bourse, le marché goûtant peu l'incertitude et la "nécessité de trouver au plus vite un remplaçant", a souligné un courtier parisien. Alexandre de Juniac, qui quittera ses fonctions au plus tard fin juillet pour rejoindre l'Association du transport aérien international (Iata), peut targuer d'avoir rétabli les comptes du groupe franco-néerlandais (dont l'État détient 17,6 % du capital). Celui-ci a renoué avec les profits l'an dernier, une première depuis 2008, avec un bénéfice net de 118 millions. Mais Alexandre de Juniac s'est heurté à l'hostilité des syndicats, et en premier lieu celui des pilotes, sur certains pans de ses réformes.

Plusieurs mois pour trouver un remplaçant

"Son successeur n'est pas encore connu mais le Comité des nominations dispose de plusieurs mois pour trouver un remplaçant qui devrait, selon toute vraisemblance, venir de l'extérieur", relèvent les analystes du courtier Aurel BGC. Plusieurs noms circulent : Fabrice Brégier, le patron d'Airbus, Guillaume Pepy, celui de la SNCF, Thierry Antinori, le numéro deux de la compagnie du Golfe Emirates, ou Philippe Boisseau, qui vient de quitter Total. Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, Nicolas Dufourq, directeur général de BpiFrance, sont également cités, mais le choix pourrait aussi se porter en interne : Frédéric Gagey, le PDG d'Air France, Lionel Guérin, patron de Hop, la filiale régionale, ou encore le Néerlandais Pieter Elbers, président du directoire de KLM.

"Air France est une entreprise qui fonctionne, qui a du potentiel"


"On espère que le successeur d'Alexandre de Juniac saura à la fois restaurer la confiance avec les personnels, parce qu'on ne peut pas diriger une compagnie aérienne contre ses pilotes en particulier et ses salariés en général, et qu'il saura aussi s'attacher au développement d'Air France, qui est une entreprise qui fonctionne, qui a du potentiel", a résumé Véronique Damon, secrétaire générale du SNPL, le puissant syndicat de pilotes.
Jugé brutal et cassant par ses détracteurs mais admiré pour sa vision stratégique et sa pugnacité par ses partisans, Alexandre de Juniac laisse une entreprise qui "est sortie de la zone de risque, mais n'est pas revenue dans le peloton des trois ou quatre meilleures mondiaux", a-t-il expliqué mercredi 6 avril. "Dans une course menée par des géants, si vous ne comptez pas parmi ces géants, vous déclinez", a-t-il estimé. Prise en étau entre les compagnies low-cost en Europe, Ryanair et EasyJet en tête, et celles du Golfe sur le long-courrier, la compagnie en difficultés a consenti d'importants sacrifices, comme la suppression de 5.500 postes.
Mais cette stratégie de réduction des coûts et le développement de la filiale à bas coûts Transavia a fini par creuser un fossé entre lui et les syndicats, notamment de pilotes, qui paraissait infranchissable et explique en partie son départ. Cette hostilité a atteint son paroxysme en octobre, lorsque le directeur des ressources humaines a dû fuir des manifestants en colère, en escaladant un grillage devant le siège d'Air France à Roissy, la chemise déchirée.
Pour Miguel Fortea, numéro un de la CGT Air France, Alexandre de Juniac restera comme "l'homme de la stratégie de la division" entre les catégories de personnel. Avec lui, le dialogue social c'était "soit on est d'accord avec lui soit c'est le bras de fer". De l'autre côté du spectre, Ronald Noirot, de la CFE-CGC, s'est dit "un peu désolé" du départ d'un "grand patron qui a su faire bouger les lignes", "a "pris des décisions courageuses" et "avait le sens de l'écoute". Pour Béatrice Lestic, de la CFDT, son départ "dégage un peu le paysage interne et tout ce qui polluait les débats puisque Alexandre de Juniac avait réussi à cristalliser sur son nom un certain nombre de ressentiments". Ce qui compte vraiment, "c'est qui va le remplacer", selon Béatrice Lestic.

Djallal Malti

Jeudi 7 Avril 2016



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