L’avenir de Lyon passera par l’intermodalité


Dans le "Global Competitiveness Report 2011-2012", la France est classée tristement au 116e rang sur 142 pays examinés. Lyon quant à elle figure au 17e rang sur 40 parmi les villes d’Europe les plus attractives. Les villes classées en tête sont souvent des capitales ou des ports. Lyon, pour s’affirmer sur la scène européenne, voire au-delà, doit en conséquence s’appuyer sur sa capacité à optimiser son intermodalité. Et à défaut de port maritime, elle dispose d’un port pratiquement en centre-ville dont le potentiel est loin d’être complètement exploité.


© RFF/Philippe Giraud
© RFF/Philippe Giraud
Selon les réflexions menées par les services du préfet sur l’avenir du territoire de Saint-Exupéry, le hub de Lyon-La Part-Dieu et le hub de Lyon-Saint-Exupéry composent deux axes sur lesquels s’appuyer pour tisser un réseau interconnecté de niveau européen.
Le hub de La Part-Dieu prend assise sur un quartier d’affaires qui est le deuxième de France après la Défense à Paris. Il vient de s’enrichir de la tour Oxygène de 24.000 m2. Ceci porte la capacité d’accueil de ce quartier à 1 million de m2 de bureaux. Dans vingt ans, il pourrait compter 2 millions de m2. En 2013, la tour Incity proposera 40.000 m2 à la commercialisation. Le niveau des loyers est environ 30 % à 50% moins élevé qu’à Paris.

La Part-Dieu et Saint-Exupéry : deux territoires majeurs

Ce quartier d’affaires majeur est "alimenté" par le TGV qui peut desservir 3 millions de passagers dans la région et par un réseau de TER, transports en commun et Rhônexpress qui amplifie les flux entrants et sortants. À la voie K qui accroît les trafics avec Saint-Étienne notamment, s’ajoutera une voie L qui favorisera l’accélération du nombre de trains accueillis à la gare de La Part-Dieu, l’une des plus importantes d’Europe. "Le TGV est devenu un bureau", observe un cadre de la CCI de Lyon qui rappelle que sur 70 grands comptes recensés à Lyon, 40 ont une base à La Part-Dieu. Lyon a un vrai rôle à jouer en matière d’attractivité sur la partie Sud-Est de la France filant vers les portes de la Méditerranée avec Marseille, Nice et Montpellier.

"Éviter d’être seulement une zone de transit"


Le hub de Saint-Exupéry représente une articulation entre l’Europe et l’Afrique du Nord. L’arrivée d’Emirates début décembre avec une liaison directe Lyon-Dubaï, pôle d’affaires et de logistique majeur, ajoute un élément positif à la région lyonnaise et à un aéroport qui manque de liaisons intercontinentales point à point. Il est soumis aux stratégies des grandes fédérations aériennes et aux systèmes de correspondances choisies par des groupes comme Air France-KLM et Lufthansa qui font finalement de Lyon une place de rabattement sur de grands hubs internationaux et non de logique intercontinentale. L’aéroport de Lyon aura des fonctions nouvelles avec l’arrivée de liaisons TGV Rhin-Rhône (aujourd’hui à Dijon) et du Lyon-Turin et les services qui seront associés comme le projet de fret express de Lyon-Carex. Le TGV Rhin-Rhône donnerait à Lyon la pointe Sud d’un triangle Lyon-Paris-Strasbourg-Lyon avec prolongement sur l’Allemagne et le Nord et qui optimiserait les deux hubs de La Part-Dieu et de Saint-Exupéry d’autant que la ligne TGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon viendrait en renfort de ce schéma.
Au regard des connexions routières, la pertinence de ces deux hubs sera aussi améliorée par des infrastructures comme l’A89 Bordeaux-Genève qui reliera la façade atlantique à Rhône-Alpes et dont la section à péage Balbigny-La-Tour-de-Salvagny vient d'être inaugurée. Elle améliorera les échanges entre la région lyonnaise et les autres pôles régionaux et elle désenclavera le Nord de la Loire et le Nord-Ouest du Rhône. Le projet de l’A45 Lyon-Saint-Étienne semble sombrer ce qui met en fureur les entrepreneurs et la CCI de Saint-Étienne. Le TOP (Tronçon Ouest du périphérique) et le COL (Contournement Ouest de Lyon) piétinent. Comment pourrait évoluer le projet "Anneau des sciences" dans le cadre du débat public ? Il a pour but de relier par des voies urbaines les principaux centres de recherche et de formation de Lyon, de relier plusieurs bassins de vie, de dynamiser le projet du TOP dont le parcours serait en grande partie enterré, impliquant un autre remplacement autoroutier, de déclasser les autoroutes A6 et A7 dans leurs traversées urbaines. Tout ceci ne verrait pas le jour avant 2020-2030.
L’enjeu de tous ces grands projets d’infrastructures consiste à multiplier les occasions de multimodalité et de multi-spécialités afin de ne pas transformer la région lyonnaise en une simple zone de transit coincée dans des réseaux saturés, pollués, non adaptés aux échanges, aux transports et à une logistique modernes.

Annick Béroud

Vendredi 25 Janvier 2013





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