L'éloignement de la métropole, piège ou une opportunité pour les ports d'Outre-Mer?


Aux ports d'Outre-Mer qui se sont sentis pendant longtemps coupés du monde vis-à-vis de la Métropole, la réforme devrait apporter, une fois achevée, une regain de dynamisme. Dans l'océan Atlantique, dans l'océan Indien ou dans le Pacifique, si certains ports voient dans le transbordement un gisement de croissance, d'autres restent repliés sur le trafic inter-îles ou la croisière. Points de vue de Camille Valero, de l'Isemar, sur des marchés éclectiques qui attirent encore beaucoup les armateurs nationaux malgré leurs déséquilibres.


© Ports de France
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Est-ce que la mise en place de réforme des ports d'Outre-Mer va permettre de donner un nouveau souffle à certains d'entre eux ?

La mer, les ports, la connectivité font partie des éléments-clés de l'essor économique de ces îles qui tentent, chacune à leur manière, de faire de leur éloignement une opportunité. Outre la réforme portuaire en elle-même, il est urgent pour les territoires d'Outre-Mer de trouver de nouveaux débouchés, que ce soit dans l'extraction d'énergie fossile, dans le développement des énergies marines renouvelable, la R&D en biologie marine pour la cosmétique, la pharmacologie, l'alimentation humaine ou animale, l'aquaculture avec des espèces à forte valeur ajoutée, la croisière... Les opportunités de croissance ne manquent pas. A charge pour le gouvernement de les soutenir.

Il existe un réel déséquilibre des échanges pour la plupart des ports ultramarins. Comment faire face à cette problématique ?

En effet la balance commerciale des Dom-Com est totalement déséquilibrée. Il n'y a quasiment pas d'exportation dans les îles hormis la filière de la banane dans les Antilles. Le vrai challenge des ports des Dom-Com est de sécuriser leur position actuelle ainsi que les lignes régulières directes d'approvisionnement afin d'éviter toute rupture de charge susceptible d'engendrer des délais et des coûts supplémentaires et participer encore un peu plus à la cherté de la vie insulaire.

"Une balance commerciale déséquilibrée"


Aux Antilles, la concurrence des ports latino-américains (et notamment du futur port cubain de Mariel) demeure-t-elle un danger malgré les investissements réalisés ?

Le positionnement géographique est un facteur-clé de l'essor économique d'un port. Il est vrai que les ports de l'Ouest de la Caraïbe vont jouer un rôle central d'éclatement international profitant de flux plus importants et en contact immédiat avec le canal de Panama. En 2015, le groupe CMA CGM a finalement obtenu la concession pour le terminal à conteneurs de Kingston, ce qui lui permet de jouir d'une position centrale pour développer son grand hub Panama-Caraïbe. Pour leur part, les ports de l'Est joueront le rôle de hub régionaux inter-îles ou encore approvisionnant le plateau de la Guyane, comme projette de le faire le Grand Port maritime de la Guadeloupe.

Résister à la concurrence

L'élargissement du canal de Panama fait espérer aux ports antillais un rôle de hub dans la Caraïbe. Leur espoir pourra-t-il être récompensé ?

Pour ce qui a trait à la mer des Caraïbes et à la création d'un futur hub de transbordement en Guadeloupe ou à la Martinique, ce projet semble peu probable, au regard du contexte géo-économique en présence. En effet, on compte cinq autres sites déjà bien ancrés sur le secteur du transbordement international avec le nouveau port de Mariel à Cuba, ceux de Colón, Manzillo Cristobal et Balboa au Panama, Kingston en Jamaïque, Freeport aux Bahamas, Carthagène en Colombie, Limón au Costa Rica et enfin Caucedo en République dominicaine. Ces ports présentent l'avantage de bénéficier de charges sociales et salariales faibles, d'une fiscalité plus attrayante et de normes environnementales moins contraignantes. Les ports de Martinique et de Guadeloupe doivent quant à eux éviter tout mouvement social qui viendrait éroder leur image, mener des réflexions sur l'organisation du travail et des terminaux. Dans le cadre de la réforme portuaire, ils sont en train de mettre en place un opérateur unique.

Vincent Calabrèse

Jeudi 25 Février 2016



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