L'empreinte carbone des transports affichée au grand jour


Elle figure sur internet lors d'une réservation pour un trajet en train ou en avion, est indiquée dans les bus ou précisée sur les factures des transporteurs : l'affichage de l'empreinte carbone est devenue obligatoire depuis mardi 1er octobre pour les transports de marchandises ou de personnes.


© Volvo Trucks
© Volvo Trucks
Depuis le 1er octobre, les entreprises de transport de personnes et de marchandises doivent indiquer à leurs clients la quantité de CO2 émise pour effectuer leur prestation. Cette nouvelle législation, issue du Grenelle de l'environnement, s'applique tant aux entreprises de transport routier ou maritime qu'aux opérateurs ferroviaires et aux compagnie aériennes. Jusqu'aux taxis et déménageurs... Par exemple, lors de l'achat de son billet d'avion, le client d'Air France visualise un lien vers le calculateur CO2, mis en place par la compagnie depuis plusieurs années. Type d'avion, distance, mais aussi conditions effectives du vol (vent...), permettent de connaître l'équivalent de gaz carbonique produit lors de ce vol pour chaque passager.

"FNTR : C'est une charge de travail supplémentaire pour l'entreprise"


La SNCF avait elle aussi mis en ligne, depuis 2006, un "éco-comparateur". Lors d'une réservation, qu'elle soit réalisée en ligne, sur une borne automatique, au guichet, le passager a une indication de la quantité émise sur le trajet qu'il souhaite effectuer. Le CO2 émis par le train de sa gare de départ à sa gare d'arrivée, et pour l'ensemble des passagers, est également affiché sur les fiches horaires de chaque ligne. Dans les bus de sa filiale de transports urbains Keolis, des affiches indiquent la quantité de CO2 qu'émet le véhicule par kilomètre. C'est également l'affichage choisi par la compagnie essonnienne de bus Tice.
En effet, les entreprises n'ont, dans un premier temps, aucune obligation de se lancer dans de longs et complexes calculs : jusqu'au 1er juillet 2016, seul un affichage au kilomètre, par type de transport, est obligatoire. Ensuite, les entreprises de plus de cinquante salariés devront donner des information plus détaillées et personnalisées. Les émissions de CO2 liées à la production de l'énergie sont également prises en compte dans ce calcul.

Aller au-delà des émissions de CO2

La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) déplore cette mesure. "C'est une charge de travail supplémentaire pour l'entreprise. C'est lourd dans un secteur essentiellement composé de TPE et PME", a souligné Nicolas Paulissen, délégué général de la fédération, regrettant également l'arrivée de cette mesure en même temps que l'Écotaxe poids lourds, repoussée à janvier 2014. Parce qu'un camion charge et décharge au fur et à mesure de son trajet, calculer l'empreinte pour chaque client peut rapidement devenir un casse-tête. "Ce n'est pas qu'une simple formule à calquer sur une feuille Excel pour coller au plus près de la réalité. Et un artisan-transporteur qui passe la journée dans son camion n'a pas forcément le temps ni l'envie, le soir", de se lancer dans ces calculs, ajoute Olivier Arrigault, délégué régional de la FNTR dans le Nord-Pas-de-Calais. La fédération a, pourtant, développé et mis à disposition de ses adhérents un calculateur d'émissions de CO2, pour "aller au-delà de l'information" sur la quantité émise, et "qu'il y ait une recherche d'optimisation, des économies de CO2 et des économies financières", a-t-il ajouté.
Pour le ministère de l'Écologie et des Transports aussi, cette mesure "constitue un premier pas vers une meilleure prise en compte des émissions de gaz à effet de serre dans les choix des voyageurs et des chargeurs". Il s'agit "de les guider progressivement vers les solutions les plus respectueuses de l'environnement", a-t-il indiqué. Le ministère a précisé que le calcul des émissions est commun à tous les modes de transports (ferroviaire ou guidé, routier, fluvial, maritime et aérien), garantissant "un traitement équitable entre les transports utilisant des carburants et les transports utilisant l'énergie électrique".

Julie Chabanas

Mardi 1 Octobre 2013



Lu 284 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse