L'enquête se concentre sur le détachement de l'éclisse


Les enquêtes sur le déraillement du train Paris-Limoges se concentrent désormais sur les raisons pour lesquelles une éclisse, pièce métallique d'une dizaine de kilos, s'est détachée des rails, provoquant la catastrophe qui a fait six morts vendredi 12 juillet à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne.


© RFF
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Sur place, les opérations de dégagement des voies se sont achevées lundi 15 juillet. La dernière voiture du convoi accidenté a été relevée en fin de journée pour être évacuée. Alors que la vétusté du réseau est pointée du doigt, le président de Réseau ferré de France (RFF), Jacques Rapoport, a assuré que le vieillissement des équipements ferroviaires nuisait à la performance du réseau mais pas à la sécurité, affirmant qu'"il n'y a pas de lien entre l'âge d'un équipement et sa sécurité". Il a réaffirmé que son groupe, qui gère le réseau ferré français, et la Société nationale des chemins de fer (SNCF) assumeraient leurs responsabilités après cet accident, alors que dix personnes étaient toujours hospitalisées en fin de journée.

"Examen des 5.000 éclisses du réseau pendant deux semaines"


Les trois enquêtes en cours, qui "vont prendre du temps", "nous diront s'il y a de nouvelles mesures, des adaptations, des changements de méthode, des efforts complémentaires à faire et nous les ferons", a déclaré Jacques Rapoport, estimant que le transport ferroviaire était "parfaitement fiable aujourd'hui en France", vu "le nombre infinitésimal" d'incidents ferroviaires. "Il est exact que le réseau ferroviaire français a vieilli" ces trente dernières années et "sur 54.000 km de voies, nous avons 3.000 km de ralentissements" imputés à ce vieillissement, a néanmoins reconnu le patron de RFF. "L'enjeu n'est pas d'augmenter les investissements, mais de les pérenniser dans la durée".
Dimanche, le patron de la SNCF Guillaume Pepy avait confirmé, photos à l'appui, l'hypothèse d'un déraillement provoqué par le détachement d'une éclisse - une pièce d'acier qui relie deux rails - qui s'est alors positionnée dans l'aiguillage. Selon lui, "aucune anomalie mécanique" n'a été constatée sur le train accidenté. Cette rame avait subi un examen de sécurité le 29 juin 2013. L'aiguillage avait été contrôlé le 4 juillet. Selon "Libération", l'équipe de maintenance l'ayant révisé à cette date la considérait "conforme, mais en fin de vie". La SNCF a démenti cette information et affirmé que "le rapport ne relève aucune anomalie des éclisses et ne comporte aucun commentaire de ces éclisses".
L'opérateur ferroviaire continuait à examiner sur tout le réseau les 5.000 éclisses du même type que celle qui est en cause dans le déraillement du train Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge. Cette opération devrait durer deux semaines.


En Île-de-France, un réseau ferroviaire vieillissant

La fréquentation du réseau ferroviaire francilien pèse sur l'état de l'infrastructure, jugé vieillissant. Côté fréquentation, 40 % des circulations ferroviaires en France se font sur le réseau ferré d'Île-de-France, qui ne représente pourtant que 10 % du réseau national et 2,2 % du territoire. Chaque jour, 7.500 trains roulent en Île-de-France, empruntés par 3 millions de personnes. 90 % des circulations TGV nationales et européennes passent par la région. Cette fréquentation use l'infrastructure. En France, "en moyenne, les rails sont changés tous les 30-35 ans mais, en Île-de-France, les cycles sont plus courts", en raison de cette sollicitation, explique Jean Faussurier, directeur régional de RFF. Plusieurs audits ont pointé le vieillissement du réseau. "La prise de conscience du vieillissement de l'infrastructure date d'environ sept ans", précise Jean Faussurier, qui souligne que "la conséquence de ce vieillissement n'est pas une baisse de la sécurité mais une baisse de la qualité de service, en particulier des ralentissements". "L'état du réseau est hélas bien connu, la SNCF et Guillaume Pepy parlent eux-mêmes de "lignes malades". C'est notamment le cas pour les lignes des RER C et D. Le réseau Austerlitz est par ailleurs connu pour sa vétusté", estime Pierre Serne, élu en charge des transports à la région Île-de-France. "Certains postes d'aiguillage datent des années 30. Ça marche encore mais c'est problématique", s'inquiète Marc Pélissier, un des porte-parole de l'association Circule (RER C) et membre de l'Association des usagers des transports d'Île-de-France. Un audit réalisé au cours de l'année 2007 pour RFF et le Stif (l'autorité organisatrice des transports franciliens) estimait que "20 % au moins des causes d'incidents relèvent de l'infrastructure au sens large". "Un effort significatif de renouvellement ou de gros entretien doit nécessairement être entrepris dans les prochaines années", était-il écrit, "sans un effort particulier, les conséquences dommageables de ce vieillissement apparaîtront, sans aucun doute, à court ou moyen terme".


Un premier train de voyageurs passe par Brétigny

Le premier train de voyageurs à traverser la gare de Brétigny-sur-Orge depuis la catastrophe ferroviaire de vendredi, est arrivé mardi 16 juillet à Paris-Austerlitz, sans encombres mais avec un peu de retard. Le train Intercités 21.388 en provenance d'Orléans est arrivé à 9 h 01, soit près d'une demi-heure après l'heure annoncée. "Il a roulé doucement, notamment au niveau de la gare de Brétigny et de la traversée de l'Essonne, en raison d'une réduction de l'alimentation, conséquence de l'accident", a expliqué un responsable de la SNCF.


Les syndicats de cheminots appellent à la prudence

Des syndicats de cheminots ont appelé lundi 15 juillet à "la prudence" concernant l'origine du déraillement du train Paris-Limoges. Dans un communiqué intitulé "L'heure est à la prudence et aux enquêtes", la fédération CGT des cheminots déplore "l'emballement médiatique, autour souvent d'annonces infondées, de spéculations, de contre-vérités, ainsi que l'utilisation de l'événement à d'autres fins ou encore des conclusions hâtives".


Une association dénonce "le temps des trains poubelle"

L'Association des voyageurs-usagers du chemin de fer (Avuc) a dénoncé "le temps des trains poubelle" et "la vétusté" du matériel ferroviaire français. "On a connu les bateaux poubelle, c'est le temps des trains poubelle", a dit le porte-parole de l'association, Willy Colin, qui a décrit des "convois de bric et de broc" et la "vétusté" du matériel. "On ajoute des voitures de Corail aux voitures des Intercités", a-t-il affirmé. "La SNCF est-elle encore en capacité de faire circuler autant de trains dans ces périodes de vacances, de très forte fréquentation ?", a demandé le responsable associatif qui a réclamé des "inspections" du matériel.

Anne Padieu

Mardi 16 Juillet 2013



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