L'envolée du yen pourrait coûter cher à l'industrie japonaise


La tourmente qui ébranle la zone euro ne devrait pas dégénérer en crise économique, estime le PDG de l'alliance automobile franco-japonaise Renault-Nissan, Carlos Ghosn, plus inquiet de l'impact du yen fort pour l'industrie japonaise.


Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan © Renault-Nissan
Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan © Renault-Nissan
Q : La crise de la dette dans la zone euro et les turbulences sur les marchés financiers ont-elles un impact sur l'industrie automobile ?

R : Pour l'instant, nous n'avons pas senti d'impact significatif de la crise financière sur le marché automobile. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'impact, je dis qu'il n'y a pas d'impact qu'on puisse discerner clairement sur les ventes et sur les commandes. Mais il est évident que, si cette incertitude devait perdurer, si avant la fin de l'année on n'a pas trouvé une solution aux problèmes actuels, elle aura un impact sur l'économie réelle.

Q : Vous ne partagez donc pas les craintes du patron de l'autre grand constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, qui dit s'attendre à des temps plus difficiles ?

R : Je suis assez confiant sur le fait qu'une solution va être trouvée avant que cela ne dégénère en crise économique. Il y a suffisamment d'intelligence, de compétence et de bon sens en Europe pour que ça ne se produise pas.

«De plus en plus de projets implantés en dehors du Japon»



Q : Pas besoin par conséquent de réduire le volant d'intérimaires chez Renault, comme cela est prévu chez PSA ?

R : Nous n'avons pas de plan particulier. Il est très difficile de répondre avant de savoir comment sera l'environnement économique.

Q : La flambée du yen, qui vient d'atteindre son record depuis 1945 vis-à-vis du dollar, vous inquiète-t-elle plus ?

R : Cela ne m'inquiète par pour Nissan car le groupe a toujours la possibilité de déplacer ses productions dans d'autres pays. Mais il est plus difficile de justifier des projets de nouveaux véhicules au Japon avec un dollar à 76 yens alors que la moyenne des dix dernières années est plutôt à 110 yens. Il y a décrochage complet de la devise japonaise par rapport au dollar qui, pour un pays qui est exportateur, pose quand même un problème.

Q : Si le yen se maintient à ses niveaux actuels, quelles en seront les conséquences ?

R : Si cette situation ne devait pas se redresser à terme, cela va coûter beaucoup d'emplois au Japon. Je ne parle pas uniquement de Nissan, je parle de l'ensemble de l'industrie, cela ne fait aucun doute. C'est dangereux, car au Japon les gens agissent plutôt qu'ils ne parlent et il n'y aura pas d'avertissement. Il y aura de plus en plus de projets qui seront implantés en dehors du Japon, il va y avoir beaucoup de pertes d'emploi. Compte tenu de la concurrence qu'il y en Asie, entre la Chine, la Thaïlande, l'Indonésie, etc., il y a le choix.


Honda réduit ses exportations


Par ailleurs, Honda Motor a l'intention de réduire de moitié ses exportations d'automobiles depuis le Japon d'ici la prochaine décennie à cause de la vigueur du yen. "Avec une telle appréciation du yen, l'entreprise ne peut plus utiliser le Japon comme centre de sa production mondiale et base pour ses exportations", a expliqué le président de Honda, Takanobu Ito. "Honda exporte à l'heure actuelle entre 30 et 40 % de sa production japonaise, mais il est difficile de continuer à la vendre à l'étranger en étant toujours angoissé par les mouvements sur le marché des changes. L'entreprise exportera à l'avenir de 10 à 20 % de sa production japonaise", a précisé M. Ito. Il a ajouté que Honda allait mieux répartir sa production et ses ventes entre le Japon et ses autres régions stratégiques - Amérique du Nord, Chine, reste de l'Asie, Amérique du Sud et Europe.


Laure Fillon

Jeudi 6 Octobre 2011





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