L'ère TechnipFMC commence par une énorme erreur de comptes


Un bénéfice transformé en perte : le parapétrolier TechnipFMC a rectifié une erreur à plus de 200 millions de dollars dans ses comptes du premier trimestre, les premiers publiés depuis la fusion entre le français et l'américain, plombant son action.


© TechnipFMC
© TechnipFMC
Le 27 avril, les résultats du premier trimestre, les premiers publiés par l'entité née du mariage entre le français Technip et l'américain FMC Technologies, avaient affiché un bénéfice net de 190,8 millions de dollars (175 millions d'euros), contre 150 millions de dollars attendus, dans un secteur parapétrolier en pleine recomposition face à des cours de l'or noir qui peinent à se relancer. Mais "ces résultats financiers ne sont plus valables à cause d'erreurs importantes", a annoncé mardi 25 juillet TechnipFMC dans un document, transmis au régulateur boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), à la veille de ses résultats du deuxième trimestre.
Ces erreurs représentent 209,5 millions de dollars : c'est donc une perte nette de 18,7 millions de dollars, soit environ 16 millions d'euros, que TechnipFMC a subi au premier trimestre. Cette surévaluation majeure est liée à des "erreurs dans les taux utilisés pour calculer les effets de changes", a expliqué TechnipFMC. Les investisseurs sanctionnaient mardi cette mauvaise surprise à la Bourse de Paris, où l'action TechnipFMC chutait de 8,42 % à 22,02 euros à midi.
Depuis la fusion achevée en janvier entre Technip et FMC, le nouveau groupe, coté à Wall Street comme à Paris, doit déclarer ses comptes au régulateur américain. La société est domiciliée à Londres, mais sa direction financière se situe à Houston, au Texas.
À la suite de ce mariage, TechnipFMC se revendiquait troisième acteur mondial du secteur, derrière Schlumberger et Halliburton. Mais, signe de la consolidation massive des parapétroliers, cette place est remise en cause par la fusion que viennent d'achever General Electric (GE) et Baker Hugues. Les services pétroliers affrontent la déprime des cours du pétrole. Bien qu'ils soient revenus des tréfonds de 2016, à moins de 30 dollars le baril, les prix n'arrivent pas à se hisser au-delà des 50 dollars en raison d'une offre abondante.

"Troisième acteur mondial du secteur, derrière Schlumberger et Halliburton"


Même si TechnipFMC avait annoncé un bénéfice net meilleur que prévu au premier trimestre, les marchés n'y avaient guère été sensibles, certains investisseurs évoquant alors des résultats difficiles à lire avec de nombreux éléments exceptionnels. À l'époque, TechnipFMC avait attribué une large part de ce bénéfice à un "gain de changes" de plus de 300 millions de dollars. L'erreur du groupe, qui n'a pas touché au chiffre d'affaires annoncé, vient avant tout de cet élément.

"Pas de mauvaise intention"

"Chaque trimestre, nous réévaluons les actifs et passifs de notre bilan, en fonction des changements de taux de change sur la période", a expliqué un porte-parole de TechnipFMC. "Il y a eu une erreur dans certains éléments de ce calcul". Assurant qu'il n'y avait pas de "mauvaise intention" soupçonnée en interne, le porte-parole n'a guère donné de détail sur ces erreurs de calculs, que ce soit sur les projets ou les pays concernés.
TechnipFMC a précisé que ses résultats du deuxième trimestre seraient bien publiés mercredi 26 juillet, après la clôture à Wall Street, et que ses prévisions annuelles ne seraient pas modifiées, puisqu'elles ne tiennent pas compte des effets de change.
"Il y a deux effets de cette annonce sur le titre", a estimé un analyste parisien. "Le premier est un ajustement mécanique du cours lié au changement de la valeur comptable qui passe d'un bénéfice à une perte. Le second est lié à toutes les questions que se posent les investisseurs sur cette erreur et son caractère volontaire ou pas, ce qui se traduit par une baisse supplémentaire de l'action." Selon lui, "cela ne veut pas dire pour autant qu'une majorité des investisseurs croient à un loup dans la bergerie, avec une manipulation de TechnipFMC, mais ils attendent des éclaircissements avant de revenir".

Angélina Boulesteix et Julien Dury

Mercredi 26 Juillet 2017



Lu 474 fois



     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide





















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 1/03/2013
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse