L'industrie du transport aérien se porte bien


L'industrie du transport aérien se porte bien et ses bénéfices devraient atteindre en 2016 35 milliards d'euros, grâce notamment à la baisse du prix du carburant dont l'effet positif se tasse cependant.


Il existe de fortes disparités régionales entre compagnies aériennes © Airbus
Il existe de fortes disparités régionales entre compagnies aériennes © Airbus
"De façon générale, en dépit de conditions économiques générales défavorables, nous sommes dans une bonne période pour l'industrie du transport", s'est félicité le président de l'Association du transport aérien international (Iata), Tony Tyler, à l'ouverture à Dublin de la 72e assemblée générale de l'organisation. Pour la seconde année consécutive et seulement pour la seconde fois de l'histoire du transport aérien, le retour sur les capitaux investis sera positif en 2016 pour les compagnies aériennes, selon les prévisions de l'organisation.

Projections revues à la hausse

En 2015, les compagnies aériennes ont dégagé dans l'ensemble 35,3 milliards de dollars de bénéfices. Les projections pour 2016 ont été revues à la hausse de 3,1 milliards par rapport à celles établies en décembre 2015 (36,3 milliards), car les calculs avaient été faits à l'époque sur la base d'un baril de pétrole brut à 51 dollars, contre environ 45 dollars dernièrement, a précisé Tony Tyler.
"En fait, nous approchons probablement du maximum de l'effet positif" lié à la faiblesse des prix du pétrole, a-t-il toutefois ajouté. En 2016, la charge financière du carburant devrait représenter 19,7 % des dépenses de l'industrie du transport aérien, contre un pic récent de 33,1 % en 2012-2013. "Certaines compagnies ont commencé à pouvoir réduire leur endettement mais il faudra cependant enregistrer des bénéfices sur une période plus importante avant que les bilans des compagnies aériennes retrouvent leur bonne santé", a-t-il mis en garde.

"Voler est sûr mais nous ne pouvons tenir cela pour acquis"


Il existe cependant de fortes disparités régionales entre compagnies aériennes, plus de la moitié des bénéfices attendus cette année étant générés en Amérique du Nord (22,9 milliards), l'Afrique étant en queue de peloton avec des pertes prévues de 500 millions de dollars en 2016 (700 millions en 2015). En Europe, les bénéfices attendus sont évalués à 7,5 milliards de dollars (contre 7,4 milliards en 2015), les attaques terroristes ralentissant "la demande dans certains centres touristiques-clé", a précisé l'Iata. L'organisation dénonce également le "fardeau" de "lourdes taxes, d'une régulation onéreuse et d'une infrastructure inefficace notamment concernant l'organisation du trafic aérien", dans un contexte de concurrence intense surtout sur les lignes intra-européennes.
Les prévisions du trafic passagers restent "robustes", selon l'Iata, avec une croissance prévue de 6,2 % en 2016 (avec 3,783 milliards de passagers) mais elles sont toutefois freinées par rapport à 2015, où le trafic avait augmenté de 7,4 % (à 3,568 milliards de passagers). En avril, la demande a augmenté de 4,6 %, le taux le plus faible enregistré depuis janvier 2015. L'impact de l'attentat de l'aéroport de Bruxelles a pesé sur ces chiffres, a précisé l'Iata, estimant que la croissance aurait sinon atteint environ 5 %.
Abordant la question du risque terroriste, Tony Tyler a estimé que les "programmes de sécurité des aéroports ne sont pas le point central dans la bataille contre le terrorisme". "Les capacités de renseignement des États jouent le rôle le plus important dans le maintien de la sécurité et pour stopper les terroristes loin des aéroports", a-t-il souligné. Il a enfin mis en garde contre le "défi croissant" que pose la cyber-sécurité. "Notre monde connecté est vulnérable aux hackers déterminés à semer le chaos. Cela rend la collaboration et l'échange d'informations en temps réel avec les gouvernement et à travers l'industrie du transport aérien très importants", a-t-il prévenu. "Voler est sûr. Mais nous ne pouvons tenir cela pour acquis, même pour une seule seconde", a-t-il estimé.
L'Iata représente quelque 260 compagnies aériennes et 83 % du trafic aérien. Elle a pour but de favoriser le développement du transport aérien en unifiant et en coordonnant les normes et les règlements internationaux.

5 milliards de dollars bloqués dans cinq pays

L'Iata a appelé jeudi 2 juin les gouvernements de cinq pays - Venezuela, Nigeria, Soudan, Égypte et Angola - à intervenir pour permettre aux compagnies aériennes de rapatrier quelque 5 milliards de dollars bloqués. Ces cinq pays ont en commun "un besoin urgent de connexions aériennes solides" qui sont entravées "par les difficultés rencontrées par les compagnies aériennes pour rapatrier des fonds", a souligné Tony Tyler. L'Iata appelle les gouvernements de ces pays "à respecter les accords internationaux qui les obligent à s'assurer que les compagnies aériennes peuvent rapatrier leurs revenus". Près de 3,8 milliards de dollars sont ainsi bloqués au Venezuela depuis seize mois, 591 millions au Nigeria depuis sept mois, 360 millions au Soudan depuis quatre mois, 291 en Égypte depuis quatre mois et 237 millions en Angola depuis sept mois. "Il n'est pas raisonnable d'attendre de la part de compagnies d'investir et d'opérer dans des pays où elles ne peuvent pas recevoir un paiement en contrepartie de leurs services", a ajouté Tony Tyler.

Sonia Wolf

Vendredi 3 Juin 2016



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