LGV Paca Est : six mois pour convaincre le gouvernement


L’échec de la section LGV de 200 kilomètres entre Marseille et Nice aura des répercussions considérables sur l’économie de la Côte d’azur. L’actuelle et unique voie ferrée, datant de Napoléon III, est à saturation… Réseau autoroutier asphyxié, trafic aérien limitée, les 2 millions d’habitants et les entreprises sur la Côte d’Azur craignent le spectre de l’enclavement…


© SNCF
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La route du fer vers l’Italie sera-t-elle condamnée 140 ans après avoir été inscrite dans le réseau ferroviaire européen par Napoléon III ? C’est un peu la dernière carte "ferroviaire" qui se joue dans quelques mois pour la Côte d’Azur (Var Est, Alpes-Maritimes et Monaco) et ses 2 millions d’habitants ainsi que plusieurs de millions de visiteurs par an. Le gouvernement donne un ultimatum de quelques mois aux élus et autorités pour proposer un calendrier et un budget raisonnable afin de trouver une solution ferroviaire entre Marseille et Nice. Une commission devra élaborer un document-cadre de la mobilité, compte tenu des impasses financières du projet de schéma national des infrastructures de transports. L’actuel tracé dit des métropoles Marseille-Toulon-Nice étant a priori non finançable (on parle de 20 milliards d’euros pour 200 kilomètres).

"Ultimatum pour proposer un calendrier et un budget raisonnable"


La commission gouvernementale devra choisir sur les quatorze projets de ligne à grande vitesse (LGV). Et autant dire que les contingences économique pourraient être fatales au projet actuel. Dès 2011, l’ancien préfet de région Paca Michel Sappin avait signalé que ce tracé des métropoles lui semblait irréaliste et trop coûteux. Pour "ne rien lâcher", les élus et décideurs locaux risquaient de ne rien avoir du tout. Le nouveau gouvernement pourrait s’appuyer sur cette position pour ne pas retenir le projet. Ce serait d’autant plus grave que la desserte ferroviaire dans cette région ne s’effectue que sur une ligne qui dessert Toulon, Nice et se connecte au réseau italien à Vintimille. Une ligne qui doit supporter tous les trafics (passagers et marchandises) dont le second réseau TER de France entre Cannes, Nice et Monaco (40.000 passagers par jour). Le nouveau préfet de région, Hugues Parant, a quasiment enterré cet été le projet de LGV en proposant un réaménagement de la ligne actuelle avec des sections nouvelles où c’est possible. Un projet à 5 milliards d'euros. Le gouvernement avertit : "Tout projet d'infrastructure non financé sera annulé".

Chaînon manquant entre Gênes et Barcelone

La Côte d’Azur attend depuis longtemps le feu vert pour être reliée au réseau ferrée à grande vitesse qui tisse sa toile à travers l’Europe. La ligne à grande vitesse vers l’Espagne au départ de la vallée du Rhône est en cours alors que le réseau rapide italien (200 km/h) arrivera aux portes de Vintimille en 2018. Reste ce chaînon ferroviaire manquant entre Gênes et Barcelone pour boucler un réseau ferré rapide desservant l’Europe du Sud. Car sur l’axe Nice-Paris, l’avion sera toujours le plus rapide. Il y a urgence, l’actuelle ligne littorale notamment dans les Alpes-Maritimes sature, malgré la création d’une troisième voie entre Antibes et Cagnes (8 kilomètres) destinée surtout à favoriser un cadencement au quart d’heure des TER entre Grasse, Cannes, Antibes, Nice et Monaco. Une nécessité face à une autoroute A8 en parallèle qui sature également sous l’effet conjugué d’un trafic urbain en fort développement et un trafic poids lourds venant d’Espagne vers l’Italie et l’Europe centrale également en augmentation. Après un premier échec dans les années 90, un deuxième serait fatal car il n’y aura pas de troisième tentative pour une LGV. L’urbanisation progressive du littoral rend hypothétique tout tracé si ce n’est en souterrain (très coûteux). La décision prise sera lourde de conséquence…

Michel Bovas

Lundi 29 Octobre 2012





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