La Caravelle, avion emblématique, fête ses 60 ans



La Caravelle, fleuron de l'aéronautique française
La Caravelle, fleuron de l'aéronautique française
Il y a 60 ans s'envolait pour la première fois la Caravelle, fleuron de l'aéronautique française qui a accompagné l'essor de l'aviation civile avant de prendre sa retraite définitive dans les années 2000. "Le premier prototype effectue son premier vol à Toulouse le 27 mai 1955", rappelle Jacques Rocca, directeur d'Airbus Héritage, service qui gère le patrimoine industriel de l'avionneur. "Air France met en service le premier appareil de production, baptisé «Alsace», le 6 mai 1959, suivi par la Scandinavian Airlines System" (SAS). L'équipage du premier vol le 27 mai 1955 était composé de Pierre Nadot, commandant de bord, André Moynet, copilote, Roger Beteille, ingénieur navigant, et de Jean Avril, mécanicien navigant. Premier biréacteur civil au monde produit en série, la Caravelle présente la caractéristique, innovante pour l'époque, d'avoir les moteurs placés à l'arrière du fuselage et non dans les ailes comme pour le De Havilland Comet. Elle avait aussi la particularité d'avoir une passerelle qui permettait de monter à bord sous la queue. Destinée aux itinéraires court et moyen-courriers, la Caravelle, d'une longueur de 36,50 mètres et d'une envergure de 34,40 mètres, fut construite entre 1954 et 1973 par la société française Sud-Aviation, qui deviendra Aérospatiale (un des ancêtres d'Airbus) en 1970. Elle fut conçue pour remplacer les avions à moteurs à pistons tels que les Douglas DC-3 et DC-4, mais surtout le Vickers Viscount, "un avion très important dans le moyen-courrier après la guerre", selon Denis Parenteau, du musée d'Air France. Elle pouvait, selon ses versions, emporter de 80 à plus de 130 passagers sur une distance maximale comprise entre 1.650 et 3.400 km.
"La Caravelle marque le renouveau de l'industrie aéronautique française", souligne Denis Parenteau. "Elle a montré que la France revenait dans la cour des grands constructeurs aéronautiques", poursuit-il, "c'était une très belle réussite en tant que moyen-courrier" dont le Douglas DC-9, largement inspiré de l'appareil français, a pris la place, selon lui. Elle souffrait notamment du fait d'avoir des soutes manuelles, donc plus difficiles à charger que des soutes à conteneurs. Les premières Caravelle étaient dotées de réacteurs Avon du motoriste britannique Rolls-Royce. Aujourd'hui, l'A350-900 d'Airbus peut transporter 315 passagers sur une distance de 14.500 km avec des moteurs Trent XWB de Rolls-Royce. Selon Airbus Héritage, "des versions sont préparées spécialement pour le marché américain avec des moteurs General Electric, mais ne rencontrent pas le succès escompté", de même que les versions ultérieures de la Caravelle, équipées de moteurs Pratt & Whitney JT8D.

Ultimes vols au début du millénaire

"Avec l'augmentation du trafic aérien dans les années 60 et 70, les compagnies se recentrent sur des avions plus gros et de nombreux appareils sont retirés du service ou transférés à des opérateurs charters", selon Airbus Héritage. La Caravelle sera ainsi très vite concurrencée par les Douglas DC-9 et Boeing 727 américains à plus grande capacité d'emport et à rayon d'action accru. Pour autant, "dans l'histoire de l'aéronautique européenne, la Caravelle marque une étape capitale de la maîtrise technologique des premiers jets commerciaux", selon Airbus Héritage. Elle commence à devenir obsolète dans les années 80 face aux avions de ligne modernes et de nombreux exemplaires actifs sont ferraillés ou revendus en Afrique et en Amérique du Sud, "où les compagnies ont rarement les moyens d'acquérir des avions récents". Ainsi, les dernières Caravelle encore en service en Europe sont retirées à la fin des années 90, et quelques-unes continuent à voler au Congo et en Colombie au début des années 2000. Le certificat de navigabilité est retiré en 2003. Au total, la Caravelle a été construite en 282 exemplaires, le dernier étant sorti des chaînes en 1973 : 279 ont été livrés à des clients, les trois autres étant des prototypes.
La toute dernière Caravelle construite, la MSN280, a été repeinte par Airbus Héritage aux couleurs de la compagnie française aujourd'hui disparue Air Inter, pour laquelle elle a effectué toute sa carrière, entre 1973 et 1991. Elle est désormais exposée au musée aéronautique Aeroscopia de Toulouse. La Caravelle MSN280 a effectué son premier vol le 8 mars 1973 et son exploitation a été stoppée en 1991, après dix-huit ans de service. Son dernier vol s'est déroulé en avril 1993 lorsqu'elle fut rapatriée d'Orly à Toulouse, pour terminer sa carrière sur le tarmac d'Airbus.

Djallal Malti

Jeudi 28 Mai 2015



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