La FNTR veut anticiper les évolutions du transport routier


La transition énergétique et la numérisation de l'économie annoncent des ruptures dans le transport de marchandises. Face à ces enjeux, la Fédération nationale des transports routiers propose plusieurs orientations et mesures d'accompagnement. Au-delà, les questions de compétitivité, de régulation européenne et d'attractivité de la profession demeurent.


Jean-Christophe Pic, président de la FNTR © FNTR
Jean-Christophe Pic, président de la FNTR © FNTR
À quelques semaines de la COP21, la transition énergétique dans le transport routier était au cœur du 70e congrès de la FNTR placé sous le signe des ruptures et de l'innovation. Face à une approche qui opposerait diesel à essence, un non-sens dans la profession, Jean-Christophe Pic développe le "mix énergétique" à l'origine d'un Livre vert présenté lors du congrès. Parmi les solutions alternatives, le président réélu pour trois ans à la tête de la fédération valorise le gaz naturel GNV et biogaz pour ses qualités environnementales et sa polyvalence proche de celle du diesel. "Notre transition énergétique devra être accompagnée et soutenue par les pouvoirs publics", souligne-t-il. Tout en saluant le vote de l'Assemblée nationale autorisant l'extension de l'amortissement exceptionnel de 40 % aux poids lourds roulant au gaz, "la stabilité du cadre fiscal est indispensable". Un horizon de cinq ans est préconisé avec en parallèle, "la fixation d'un taux spécifique de TICPE sur le bioGNV". Quant au label "Objectif CO2" visant à reconnaître par un dispositif crédible les efforts des entreprises engagées dans la charte "Objectif CO2", sa mise en œuvre "est en cours de finalisation", assure Alain Vidalies.

Paquet routier européen

Venu clôturer le congrès, le secrétaire d'État aux Transports ne s'est en revanche pas hasardé à donner un délai sur la transposition des dispositions de la loi Macron relative à l'application d'un Smic national obligatoire pour les conducteurs étrangers transitant par la France. Dans les rangs de la FNTR, ses modalités de mise en œuvre et surtout de contrôle apparaissent difficiles sinon impossibles. Inspirée de l'exemple allemand, cette initiative "a néanmoins le mérite de faire bouger les lignes à Bruxelles", relève Jean-Christophe Pic. Lequel encourage les pouvoirs publics à saisir l'opportunité des prochaines négociations sur la révision du paquet routier européen pour une remise à plat de certaines règles.

"La compétitivité du pavillon, c'est d'abord de la visibilité et de la stabilité fiscales"


À commencer par le cabotage : "Retrouvons son principe originel qui vise à limiter les retours à vide et à permettre le repositionnement du véhicule. Pourquoi ne pas instaurer la règle d'une opération dans un délai de trois jours après un transport international" ou encore définir "un régime de travailleur hautement mobile" ? Sur ce dernier point débordant sur la durée de travail, Alain Vidalies invite les partenaires sociaux à se consulter, et à trouver une position commune. L'occasion de saluer l'accord sur la revalorisation sur les minima conventionnels ouvrant à d'autres chantiers sur la formation professionnelle, la protection sociale ou la refonte des classifications métiers dans le secteur...

Le modèle "Uber"

Annoncée lors du congrès de l'OTRE le 29 octobre à Bordeaux, le secrétaire d'État a confirmé la solution retenue au titre de la contribution des transporteurs routiers pour le financement des infrastructures. De temporaire en 2015, la hausse de 4 centimes d'euros sera pérennisée "en 2016 et pour les années précédentes" sans apporter de garantie sur la destination à terme des sommes collectées... Quant au rattrapage gasoil-essence avec une augmentation d'un centime en 2016 et 2017, "il ne concerne pas le secteur du transport routier", rassure Alain Vidalies. Avec le dossier transmanche à Calais, ce dernier a enfin été sensibilisé sur "l'ubérisation" de l'économie et ses conséquences pour la filière. "L'économie collaborative peut être un vrai plus, mais elle ne peut pas être le foyer de l'exercice illégal de la profession, du travail dissimulé et de l'opacité fiscale et sociale", déclare Jean-Christophe Pic avant de demander une réflexion nationale sur le sujet. Un moyen pour le président "d'évaluer ce qui doit être réformé en termes d'obligations légales et réglementaires, mais aussi afin de rappeler que ces règles s'appliquent à tous ceux qui ont l'ambition d'exercer notre profession".

Érick Demangeon

Lundi 9 Novembre 2015



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