La France sur la vague des hydroliennes


La France, largement distancée dans l'éolien offshore, ne veut pas laisser lui échapper le leadership d'une autre énergie marine prometteuse, les hydroliennes.


© OpenHydro
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Lundi 19 mars, le ministre de l’Énergie a annoncé le lancement d'un futur appel d'offres en Normandie censé faire éclore une nouvelle filière industrielle concernant les énergies marines renouvelables (EMR). Cet appel à candidatures portera sur l'installation et l'exploitation de centaines d'hydroliennes sur le passage du raz Blanchard, un des plus forts courants marins du monde, qui s'écoule entre la Basse-Normandie et l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney), a indiqué Éric Besson, devant un parterre d'industriels et d'élus réunis au siège parisien du constructeur naval DCNS.

Une base européenne en France

Cet appel d'offres, qui doit être lancé d'ici deux ans, sera basé sur le modèle de celui en cours dans l'éolien offshore, lequel vise à installer des centaines d'éoliennes au large des côtes normandes et bretonnes, et dont les premiers lauréats seront annoncés le mois prochain.
L'objectif est clair : donner une longueur d'avance aux industriels français dans la course européenne à la fabrication des hydroliennes, ces grosses turbines sous-marines qui permettent de transformer l'énergie des courants en électricité, afin de garantir l'installation sur le territoire de milliers d'emplois qui iront autrement s'implanter ailleurs, comme cela s'est produit dans l'éolien offshore. "Une course contre la montre est engagée alors que de grands appels d'offres vont être lancés dans les prochaines années en Écosse : il faut être les premiers pour que la base industrielle européenne soit en France", a expliqué le ministre.
Afin de préparer cet appel d'offres, le gouvernement va demander aux industriels et énergéticiens de lui soumettre avant la fin de l'année des propositions techniques et des schémas financiers. Parallèlement, l’État délimitera les zones d'implantation des parcs d'hydroliennes et RTE, filiale d'EDF qui gère les lignes à haute tension, étudiera les conditions de leur raccordement au réseau électrique.
"Les énergies marines renouvelables constituent une opportunité industrielle pour la France et cette opportunité, nous allons la saisir complètement", a assuré M. Besson. Outre leur contribution aux objectifs nationaux et européens de réduction des émissions de CO2, les énergies marines renouvelables (EMR) représentent un vaste gisement potentiel d'emplois. En effet, le Groupement des industries de construction et activités navales (Gican) a identifié 356 entreprises françaises compétentes dans les EMR, dont 40 % n'ont pas encore cherché à saisir ce potentiel. Et il estime que les technologies marines naissantes, dont les hydroliennes, pourraient générer à terme plus d'emplois que les 10.000 postes déjà prévus dans l'éolien offshore.
Parmi les groupes français actifs sur ce marché (comme Alstom, EDF, STX...), DCNS estime disposer d'une avance technologique grâce à son partenariat avec le groupe irlandais OpenHydro, pionnier des hydroliennes dont il acquis 11 % du capital l'an dernier. DCNS, qui veut réaliser un tiers de son chiffre d'affaires dans les EMR d'ici la fin de la décennie, construit depuis l'an dernier avec OpenHydro le premier parc d'hydroliennes du monde au large de Paimpol et Bréhat, pour le compte d'EDF. La première hydrolienne, d'un diamètre de 16 mètres, a été installée sur ce site breton cet automne et les résultats initiaux ont montré un rendement supérieur de 15 % aux attentes, a indiqué Frédéric Le Lidec, responsable des énergies marines chez DCNS. Par ailleurs, le constructeur naval (détenu à 65 % par l’État et à 35 % par Thales) a annoncé la semaine dernière un projet d'ouverture en 2014 d'une usine d'hydroliennes à Cherbourg, qui pourrait non seulement équiper les futurs parcs du raz Blanchard, mais aussi fabriquer des pièces destinées à l'exportation.

Frédéric Pouchot

Mardi 20 Mars 2012


Tags : hydrolienne



     

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