La Libye veut rétablir l'ordre au sein de son secteur pétrolier


Le gouvernement libyen menace de faire usage de la force pour rétablir l’ordre dans le secteur pétrolier, poumon économique du pays agité par des mouvements de protestation qui ont fait chuter la production de brut.


© Temehu
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Un groupe de gardes des installations pétrolières, en conflit ouvert avec le gouvernement, a décidé de saisir des navires "et d'exporter le pétrole pour leur profit personnel", a annoncé vendredi 16 août Ali Zeidan, le Premier ministre libyen. En retour, Ali Zeidan a menacé de bombarder tout navire qui s'approcherait des ports pétroliers sans être lié par un contrat avec la Compagnie nationale de pétrole (NOC). "Un groupe libyen armé est actuellement en contact avec des concessionnaires sur le marché pétrolier international pour vendre du pétrole illégalement", a indiqué la NOC. Selon la Compagnie nationale de pétrole, le groupe en question cherche à écouler une cargaison de "700.000 barils" et œuvre "dans la région de Ras-Lanouf".
Depuis plusieurs semaines, ces conflits affectent la production libyenne, tombée à 500.000 barils par jour contre 1,5 million b/j auparavant. Fin juillet, la production est même descendue jusqu'à 330.000 b/j. Les groupes de gardes ferment régulièrement des terminaux pétroliers à Brega, Zoueitina, Ras-Lanouf et Sedra, et empêchent les navires de charger leur cargaison. Les gardes, qui dépendent du ministère de la Défense, accusent depuis plusieurs semaines le Premier ministre et le ministre du Pétrole d'avoir commercialisé du brut de façon irrégulière. "Les cargaisons de pétrole du brut libyen destinées à l'exportation ne sont quantifiées", selon ces gardes.

"Tout navire non lié à la NOC sera bombardé"


La NOC a volé au secours du gouvernement, assurant que toutes les transactions de pétrole avaient été régulières. Une commission composée de juges doit être créée "afin d'enquêter sur ces accusations", a annoncé Ali Zeidan. Mais les gardes, souvent d'ex-rebelles qui se sont illustrés dans la lutte contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, n'ont pas rouvert tous les terminaux pour autant. Leur unité a été formée après la chute du régime pour sécuriser les installations pétrolières du pays, situées essentiellement dans des zones désertiques, mais les ex-rebelles n'hésitent pas à recourir aux armes pour défendre leur existence ou leurs intérêts.

Pertes colossales

"Ces troubles ont affecté l'économie du pays. Depuis le 25 juillet, la Libye a perdu 1,6 milliard de dollars", a affirmé le ministre du Pétrole, Abdelbari al-Aroussi. Jeudi 15 août, le vice-ministre du Pétrole, Omar Chamakh, avait annoncé une perte de 2 milliards de dollars dans le secteur pétrolier sur les sept premiers mois de l'année. "Si les troubles continuent, l'État ne sera plus en mesure d'honorer ses engagements, et ne pourra plus verser les salaires", a-t-il averti.
Pour le Premier ministre, la situation a en outre "entamé la crédibilité de la Libye sur le marché mondial du pétrole", dont les cours ont été dopés par les événements en Égypte et par la chute de la production en Libye. "Certains clients se détournent de la Libye vers d'autres marchés pour s'approvisionner", a-t-il regretté. Représentant plus de 80 % du PIB, la production de pétrole avait rapidement retrouvé son niveau d'avant le conflit de 2011, favorisant une reprise économique, la croissance dépassant les 100 % sur l'année 2012, selon le Fonds monétaire internationale (FMI). La manne pétrolière rapporte entre 55 et 60 milliards de dinars libyens (entre 43,5 et 47,5 milliards de dollars) par an, selon le ministère du Pétrole.

AFP

Lundi 19 Août 2013



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