La Méditerranée, un défi majeur pour le port de Marseille-Fos


Si le port de Marseille-Fos doit essentiellement sa position dans les échanges intraméditerranéens à l'Algérie et à la Tunisie, il commence à voir les flux avec la Turquie augmenter et mise sur la future ligne ro-ro sur Tanger pour continuer à progresser sur le secteur.


Rafik Belhadj-Amara (Isamar), Hervé Balladur (Via Marseille Fos) et Nadia Jabeur Layouni (OMMP) © Paul Williams
Rafik Belhadj-Amara (Isamar), Hervé Balladur (Via Marseille Fos) et Nadia Jabeur Layouni (OMMP) © Paul Williams
La conférence intitulée "Ports et logistique en Méditerranée : stratégies et vision des flux en 2015", qui s'est déroulée à Marseille sur le salon Stim Med, à l'initiative de "L'Antenne", a été l'occasion de faire le point sur le rôle du port de Marseille-Fos dans les échanges intra-méditerranéens.
Pour le port phocéen, le bassin méditerranéen constitue un marché phare. Hervé Balladur, le président de Via Marseille Fos (VMF), l'organisme de promotion de la plate-forme portuaire, a rappelé que si le Maghreb constitue toujours un secteur géographique clé, c'est grâce à l'Algérie, qui qui demeure le premier client du GPMM, en termes de tonnages, tous bassins confondus, et à la Tunisie, un pays qui reste le premier partenaire des Bassins Est.
"Sur l'Algérie, le conteneur se développe beaucoup mais la remorque connaît en revanche une régression", souligne-t-il. Quant à la Tunisie, il rappelle qu'elle représente un trafic de 50.000 remorques par an.



La ligne Marseille Tanger pour la fin de l'année


Pour ce qui concerne le Maroc, M. Balladur est persuadé que le projet de ligne reliant Marseille à Tanger verra le jour avant la fin de l'année. "Il nous faut des navires filant à 21 nœuds et un service bi-hebdomadaire", a-t-il lancé, rappelant que le port de Marseille ne traite actuellement que 3.000 remorques alors que 170.000 remorques transitent par la route via l'Espagne.
Abordant le sujet de la Turquie, il se félicite d'avoir vu le trafic conteneurisé progresser de 54 % depuis la mission conduite par VMF fin 2013 à Istanbul et Mersin. Du côté ro-ro, il espère voir arriver un armateur se positionner à Marseille pour ouvrir un service sur le pays. Quant à la ligne d'UN-Roro, elle devrait, selon lui, rester fidèle au port de Toulon.
Le président de Via Marseille Fos reste convaincu que que l'outil de la communauté portuaire marseillaise AP+ doit être mis à disposition gratuitement dans les ports de Méditerranée. Selon lui, il permet un gain de temps. Il est conscient toutefois qu'on se heurte à "des résistances politiques" dans certains pays.
Il a rappelé également la pérennité de l'Union maritime pour la Méditerranée (UMM), une structure qui a programmé une quatrième rencontre cette année à Marseille entre professionnels portuaires méditerranéens.

Deux postes à quai à Radès

Pour sa part, la Tunisienne Nadia Jabeur Layouni, de l'Office de la marine marchande et des ports (OMMP) a indiqué que le port de Radès a prévu de créer les postes à quai 8 et 9 dans l'objectif de minimiser les attentes en rade. L'autorité portuaire table sur cet investissement pour apporter une réponse aux problèmes de congestion dont il souffre et voir son trafic progresser de 15 %. Elle a également évoqué le projet de création du nouveau hub d'Enfidha. À cet égard, elle a indiqué qu'il ne verrait finalement par le jour avant 2020 et qu'il serait complémentaire du port de Radès.
Du côté algérien, Rafik Belhadj-Amara, directeur général France de l'agent maritime Isamar, filiale de Cevital, a indiqué que le groupe industriel algérien contribuait à un "rééquilibrage des flux à destination de l'Europe" avec des volumes de verre et de sucre. L'acquéreur de la société Fagor-Brandt pourrait également faire fabriquer de l'électroménager en Algérie pour le marché local et pour l'Europe. Un trafic qui pourrait transiter par Marseille-Fos.
En matière portuaire, Rafik Belhadj-Amara a fait le point sur la spécialisation des ports algériens.
Selon lui, "Alger a continué de se décongestionner grâce aux ports secs et au fait que les "car-carriers sont partis. Les véhicules neufs sont en effet traités à Mostaganem et Djen-Djen. Quant aux autres ports, ils sont aujourd'hui mixtes".
Le débat s'est achevé sur une polémique concernant la desserte terrestre entre le directeur général France d'Isamar et le président de VMF concernant la desserte terrestre du port de Marseille comparée à celle des ports espagnols.

Vincent Calabrèse

Vendredi 13 Juin 2014



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