La Nouvelle-Calédonie cherche à relancer sa croissance après la bulle nickel


Après avoir connu une bulle liée à ses richesses minières, la Nouvelle-Calédonie vit au rythme d'une croissance ralentie que les élus cherchent à relancer, à deux ans du référendum sur l'indépendance.


Au nord de la Nouvelle-Calédonie, Koniambo Nickel est une unité métallurgique de nickel d'une capacité nominale de 60.000 tonnes annuelles © Koniambo
Au nord de la Nouvelle-Calédonie, Koniambo Nickel est une unité métallurgique de nickel d'une capacité nominale de 60.000 tonnes annuelles © Koniambo
Jusqu'en 2012, la Nouvelle-Calédonie a traversé dix ans de croissance exceptionnelle, essentiellement due à la construction de deux usines métallurgiques de taille mondiale et à des cours du nickel bien orientés. La construction de nombreuses infrastructures publiques - hôpital, équipements sportifs, aéroport - a aussi joué dans cette bonne santé. "Pendant dix ans, les chantiers des usines ont injecté 150 milliards CFP (1,2 milliard euros) par an en Nouvelle-Calédonie, l'équivalent de ce que nous apporte chaque année la Métropole", a déclaré mercredi 19 octobre Philippe Germain, président du gouvernement collégial, à l'occasion d'un débat d'orientation budgétaire au Congrès.
Depuis, l'activité se tasse en raison de la fin des chantiers de ces usines, qui aujourd'hui peinent à monter en production, et de la dégringolade des cours de ce métal, dont la Chine est le premier consommateur mondial. Évaluée à 1,4 % en 2015, la croissance pour 2016 devrait osciller selon le gouvernement entre 0,3 et 0,5 % en 2016 avant une possible récession en 2017. Les observateurs se refusent toutefois à parler de crise.

"Pendant dix ans, les chantiers des usines ont injecté 1,2 milliard euros par an"


Mandataire judiciaire, Mary-Laure Gastaud observe que l'augmentation des procédures collectives (de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire, NDLR), passées de 258 en 2014 à 302 en 2015, "ne peut pour l'heure pas être attribuée à un ralentissement ou à une crise économique", invoquant des dossiers impécunieux ou des gestions défaillantes. Alors qu'aucun rebond des prix du nickel n'est attendu avant au moins deux ans, que l'investissement continue de s'éroder et qu'entre 2015 et 2016 plus de 2.000 emplois ont été détruits, les élus cherchent des moyens de relancer la machine. L'entreprise est d'autant plus impérieuse qu'une échéance politique à risque se profile avec l'organisation au plus tard en novembre 2018 d'un référendum d'autodétermination, au terme de trente ans de décolonisation accompagnée par l'État.

Des entrepreneurs s'en vont

"Le nombre d'entrepreneurs qui vendent pour partir au Vanuatu, à Fidji, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou en Thaïlande s'accélère", a déclaré Chérifa Linossier, présidente de la CGPME-NC. Jugeant le système économique "à bout de souffle", Philippe Germain (Calédonie ensemble, centre droit) est partisan du développement "d'une croissance plus endogène", grâce à des gains de productivité générateurs de "désinflation compétitive et de relance de la consommation". "La croissance calédonienne est portée à 70 % par la consommation", a-t-il souligné. "Le problème en Nouvelle-Calédonie, c'est que l'économie n'a pas de cap, pas de vision. On n'arrive pas à négocier avec les politiques", déplore Chérifa Linossier.

47 licenciements de Koniambo suspendus par la justice

Un tribunal de Nouvelle-Calédonie a suspendu mardi 18 octobre le licenciement de 47 employés de Koniambo Nickel (KNS), l'un des plus gros employeurs de l'archipel, pour non-respect du Code du travail, a-t-on appris de source syndicale. "Cette décision est une victoire. On a démontré qu'on avait raison, qu'une multinationale ne peut pas faire tout ce qu'elle veut au mépris des procédures", a déclaré Eddy Coulon, dirigeant du Soenc-Nickel, principale organisation syndicale du site. Avec le Syndicat des ingénieurs et cadres des industries de Nouvelle-Calédonie, le Soenc-Nickel avait assigné KNS en référé le 22 septembre, après l'annonce d'une réduction des effectifs de 140 personnes, dont 47 CDI locaux, dans le cadre d'un plan global d'économies. Dans sa décision, le tribunal de Koné "constate un trouble manifestement illicite par la violation des règles relatives à l'information et à la consultation du Comité d'entreprise de KNS". Il ordonne à l'entreprise, codétenue par le géant anglo-suisse Glencore et la société locale, SMSP, de "procéder" à ces consultations et "dans cette attente ordonne la suspension de la procédure de licenciement collectif". Au nord de la Nouvelle-Calédonie, KNS est une unité métallurgique de nickel d'une capacité nominale de 60.000 tonnes annuelles dont la montée en puissance est confrontée à des problèmes techniques. Son coût a flambé à plus de 8 milliards de dollars.

Claudine Wery

Lundi 24 Octobre 2016



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