La SNCF demande plus de moyens pour la modernisation des infrastructures


Le PDG de SNCF Réseau, Jacques Rapoport, a estimé vendredi 22 mai que "si le réseau continuait de vieillir, la qualité de service allait se dégrader" et souhaité que l'État consacre plus de moyens à sa modernisation, dans une interview aux "Échos".


© RFF Capa Pictures Michel Caumes
© RFF Capa Pictures Michel Caumes
Ce plaidoyer du patron de l'ex-Réseau Ferré de France (RFF) est rendu public le jour même où est dévoilé, par la lettre d'information spécialisées Mobilettre, l'existence d'un rapport qualifié de "sévère" de l’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) sur la maintenance des infrastructures de la SNCF. "Le nombre de retards liés à des problèmes de signalisation augmente aujourd'hui de 1 % à 2 % par an, et les trains doivent circuler à vitesse réduite du fait de l'état de la voie sur près de 4.000 kilomètres sur les 50.000 que compte le réseau ferré", fait valoir Jacques Rapoport.
Alors que l'entreprise négocie actuellement son contrat de performance avec l'État, qui devrait être signé à la fin de l'année, Jacques Rapoport propose un redéploiement des moyens. "SNCF Réseau consacre 2 milliards par an au développement du réseau, en finançant ou en cofinançant les nouvelles lignes à grande vitesse qui seront inaugurées en 2017. Passé cette date, le volume d'investissement va baisser", explique-t-il. "Nous proposons qu'une partie de la baisse soit affectée au renouvellement".

Phénomène de turn-over

Le rapport d'étape d'une campagne d'audits de l'infrastructure menée par l'EPSF depuis un an et qui se poursuivra jusqu'à l'automne, un document non public consulté par Mobilettre, relève pour sa part des "fragilités constatées" dans divers domaines "additionnées à des dysfonctionnements constatés au niveau local" qui "mettent en exergue une faiblesse de l'efficacité du système de gestion de la sécurité".
S'appuyant essentiellement sur des entretiens de terrain, le document relève des "lacunes dans l'animation du retour d'expérience" et des "absences de connaissances techniques et organisationnelles essentielles à la réalisation d'activités de maintenance ou à la maîtrise de processus de maintenance critiques du point de vue de la sécurité ferroviaire".
Il constate également un "phénomène de turn-over parfois important au niveau de l'encadrement des secteurs DPX" (dirigeants de proximité), des "faiblesses dans le processus de planification qui génèrent un volume conséquent de chantiers de maintenance déprogrammés" et une "faible culture de la traçabilité". L'EPSF n'a pas souhaité s'exprimer sur le contenu de son audit.
Lors d'une réunion de présentation de son avancement le 18 mai, le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, "a demandé aux opérateurs de lui fournir une réponse détaillée et argumentée", a indiqué le porte-parole de SNCF Réseau, Christophe Piednoel. "Beaucoup des points évoqués sont des points connus sur lesquels des plans d'actions sont déjà en cours", a-t-il souligné. SNCF Réseau se retrouve notamment "en pénurie de ressources humaines pour faire face à l'accroissement des chantiers de modernisation", a remarqué Christophe Piednoel. La société recrute actuellement de nouveaux salariés, mais fait notamment face à un "goulot d'étranglement" sur le sujet de la formation.
Le manque de moyens humains avait conduit le gouvernement et la SNCF à annoncer en février le report de plusieurs chantiers de modernisation. Une liste détaillant ces travaux mentionne entre autres le report de la réouverture de la liaison Chartres-Voves, ou de l'aménagement des gares de Hermes-Berthecourt, Mouy-Bury, Montataire et Abbeville, en Picardie, et de Fontainebleau, Nemours et Montereau en Île-de-France.

AFP

Lundi 1 Juin 2015



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