La SNCM bientôt fixée sur son redressement et ses repreneurs



Plusieurs questions vont trouver leur réponse cette semaine pour la SNCM © Paul Williams
Plusieurs questions vont trouver leur réponse cette semaine pour la SNCM © Paul Williams
La SNCM a-t-elle les reins financiers assez solides pour poursuivre son redressement judiciaire? Le tribunal de commerce doit rendre sa décision le 4 février, deux jours après la date limite de dépôt des offres des repreneurs dont la liste sera enfin connue.
Mercredi 28 janvier, le tribunal a examiné "les capacités financières" de la compagnie maritime. Une semaine plus tard, il doit "statuer sur le mérite de la poursuite de la période d'observation ou l'éventuelle conversion en liquidation judiciaire", selon le jugement de mise en redressement judiciaire du 28 novembre, assortie initialement d'une période d'observation de six mois.
Le tribunal se fonde notamment sur un rapport d'étape des administrateurs judiciaires, présenté lors de l'audience. La situation positive de la trésorerie, "qui permet de tenir jusqu'à courant avril", selon la direction de la compagnie, laisse peu de doutes sur l'issue et devrait permettre d'"éviter la liquidation judiciaire". De source proche du dossier, la compagnie disposerait d'un niveau de liquidité similaire à celui qu'elle avait lors de sa mise en redressement judiciaire, soit à peu près 42 millions d'euros.
De quoi mener jusqu'à son terme le processus d'étude de reprise. La date limite de dépôt des offres – qui doivent être détaillées ligne par ligne –, initialement prévue le 19 janvier, a été reportée au 2 février : le voile devrait être enfin levé sur l'identité des candidats. Au moment du report, "quatre offres ou lettres d'intention" de reprise avaient été remises, selon les administrateurs judiciaires, qui précisaient toutefois que ces propositions étaient "soumises à d'importantes conditions suspensives" restant "à lever".

Condamnations européennes

Parmi les repreneurs, certains sont sortis du bois: la société américaine Baja Ferries, dirigée par Daniel Berrebi, qui prévoit la reprise des quatre lignes de la délégation de service public (DSP) pour assurer la continuité territoriale avec la Corse, ainsi que les lignes desservant le Maghreb.
Sous pavillon français, elle prévoit également le maintien de "750 à 800 emplois" en CDI, contre 1.500 aujourd'hui, "à la seule condition que les contrats de travail soient entièrement remis à plat".
Également sur les rangs, l'armateur et ancien président du port de Marseille Christian Garrin, qui a confirmé avoir déposé un dossier et qui entend "maintenir 900 emplois sous contrat de droit français à durée indéterminée". L'ex-président d'Armateurs de France, à la tête d'un "pool" et qui prévoit un renouvellement de la flotte, envisage deux compagnies distinctes, "une dédiée à la continuité territoriale avec la Corse" et "une dédiée aux activités hors délégation", notamment le Maghreb.
Un chef d’entreprise corse, Patrick Rocca, président du groupe éponyme (transport routier, traitement des déchets, immobilier), a également annoncé faire une "offre globale" sur l'ensemble de la délégation de service public.
Après les noms en début de semaine, les détails des offres devraient être précisées lors d'un comité d'entreprise prévu également mercredi 4 février. S'ouvrira alors une période de double négociation : l'une concernant les offres des repreneurs et l'autre portant sur les conditions du plan social et de son financement, puisque toutes les offres prévoient d'importantes réductions d'effectifs.
L'"audience ultime", qui clôturera ces négociations, devrait se tenir fin mars ou début avril, selon les syndicats. D'ici là, les administrateurs judiciaires attendent surtout le verdict de Bruxelles, qui doit permettre de lever les fameuses "conditions suspensives" portant sur la double condamnation de la SNCM à rembourser un peu plus de 400 millions d'euros d'aides publiques jugées indûment perçues par les instances européennes.

AFP

Lundi 2 Février 2015



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