La SNCM toujours pas officiellement reprise


Les salariés de la SNCM, qui n'a toujours pas été officiellement reprise par le groupe Rocca pourtant choisi par le tribunal de commerce, sont "inquiets" sur l'avenir de la compagnie dont la trésorerie diminue, selon un représentant syndical.


© FDG
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La SNCM n'est toujours pas officiellement reprise et les salariés sont "inquiets". "Il y a une grande inquiétude des syndicats et des personnels sur l'absence de visibilité à court terme", a expliqué mercredi 10 février le représentant syndical CFE-CGC, Pierre Maupoint de Vandeul. Alors que le feuilleton de près d'un an semblait terminé après la désignation du groupe de l'entrepreneur corse Patrick Rocca comme repreneur de la compagnie maritime, les sujets d'interrogation s'accumulent depuis début janvier sur les conditions de la reprise de la compagnie maritime placée en redressement judiciaire. Le groupe Rocca n'a, en effet, pas encore bouclé les démarches pour devenir officiellement propriétaire. Selon une source proche du dossier, Rocca n'a pas fait les apports de trésorerie prévus, ce qui met la société, dont l'activité est saisonnière, en difficulté.

Une compagnie régionale

Le lancement d'une ligne de fret concurrente entre la Corse et le continent par l'un des candidats déçus à la reprise, Corsica Maritima, avait déjà jeté le trouble parmi les salariés début janvier provoquant une grève des marins SNCM, dont une partie avait bloqué pendant près d'une semaine le navire de cette compagnie. Fin janvier, François Padrona, à la tête du consortium d'entreprises corses Corsica Maritima, et Patrick Rocca, avaient annoncé un rapprochement capitalistique dont les pourparlers sont toujours en cours. Par ailleurs Les dirigeants nationalistes élus en décembre en Corse ont déclaré réfléchir à une "compagnie régionale" sur laquelle la collectivité garderait la main.

"La situation pourrait conduire à un retour au tribunal de commerce"


Pierre Maupoint de Vandeul regrette que les salariés ne soient pas mieux tenus au courant de la situation. "Il n'y a pas de comité d'entreprise convoqué (il a été plusieurs fois repoussé, NDLR), il y a des négociations en coulisses sur lesquelles personne n'a de regard", déplore-t-il, "et une situation de trésorerie qui impose qu'on trouve une solution dans les jours qui arrivent". La situation pourrait conduire à un "retour au tribunal" de commerce, selon le syndicaliste, qui évoque "une inquiétude, mais aussi un grand ras-le-bol" des personnels.

"La fusion Transdev/Veolia : un échec"

La fusion de Transdev, filiale de la Caisse des dépôts, et Veolia Transport, filiale de Veolia Environnement, en 2011, a été un "échec économique et financier à court terme", a estimé la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi 10 février. "C'est un échec économique et financier à court terme, qui s'est traduit par un recul de l'activité et des pertes de l'ordre d'un milliard d'euros (pour la nouvelle société, NDLR). Le coût financier pour la Caisse des dépôts est élevé, de l'ordre d'un demi-milliard d'euros", déplore la Cour dans ce rapport. Cette fusion "a été décidée précipitamment, insuffisamment étudiée et conduite de manière déficiente", relèvent encore les Sages de la rue Cambon.

Négociations bloquées à cause de la SNCM

"La Caisse des dépôts a lourdement sous-estimé les difficultés et les risques de l'opération", et, "en décembre 2011, soit neuf mois seulement après la fusion, Veolia Environnement a annoncé sa décision de se désengager du domaine des transports et de céder sa participation dans Veolia-Transdev", déplore ce rapport. Des négociations bloquées depuis par la situation de la SNCM, compagnie maritime filiale à 66 % de Veolia Transport, placée en redressement judiciaire en novembre 2014, reprise par le groupe corse Rocca en novembre 2015, et rebaptisée Maritima Ferries. Si la présence de la SNCM "semble avoir été ignorée lors de l'examen initial du projet en 2009", le récent règlement de sa situation a permis la reprise des discussions. Les Sages observent néanmoins que "le redressement engagé par Transdev commence à porter ses fruits avec un retour à l'équilibre en 2014, et le choix stratégique fait par la Caisse des dépôts devra être apprécié sur le long terme". En 2014, Transdev avait réalisé un bénéfice net part du groupe de 24 millions d'euros, tandis que sa perte nette avait été de 130 millions d'euros en 2013.

AFP

Jeudi 11 Février 2016



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