La construction du 3e aéroport d'Istanbul à un consortium turc


Un consortium d'entreprises turques a remporté vendredi 3 mai l'appel d'offres pour la construction et l'exploitation du troisième aéroport géant d'Istanbul, avec une offre à plus de 22,1 milliards d'euros, a annoncé le ministre turc des Transports, Binali Yildirim.


© Istanbul Ataturk Airport
© Istanbul Ataturk Airport
La construction du troisième aéroport d'Istanbul a été remportée par un consortium turc, le groupement des entreprises Limak, Cengiz, Kolin, Ma-Pa et Kalyon. Parmi ses concurrents, figuraient le turc Tav, détenu par Aéroports de Paris (ADP), et l'allemand Fraport AG. Le groupement a fait une offre à 22,152 milliards d'euros plus taxes, soit au total "plus de 30 milliards d'euros", selon Binali Yildirim, pour la constructiion et l'exploitation pendant vingt-cinq ans de cet aéroport. Les autorités turques avaient lancé fin janvier l'appel d'offres pour la construction de cet aéroport, d'un coût estimé à plus de 7 milliards d'euros, et qui pourrait devenir à terme le plus important de la planète. Selon Binali Yildirim, la plate-forme sera dotée de six pistes et pourrait accueillir jusqu'à 150 millions de passagers par an, loin devant l'actuel premier aéroport au monde par sa fréquentation, celui d'Atlanta (plus de 90 millions de passagers en 2012). "Cet aéroport répondra aux besoins de la Turquie pour les trente, peut-être les cinquante années à venir", a souligné le ministre. "Il sera aussi un point de passage entre l'Occident et l'Orient, entre l'Orient et l'Occident, entre l'Afrique et l'Europe", a-t-il ajouté. Cette nouvelle infrastructure, qui doit être bâtie au nord-ouest d'Istanbul à proximité de la mer Noire, sur un terrain de quelque 80 millions de mètres carrés, doit accueillir ses premiers avions dès 2016.

Échec pour ADP

Quatre entreprises ont répondu à cet appel d'offres, dont le turc Tav, qui gère déjà le premier aéroport d'Istanbul, l'aéroport international Atatürk, et onze autres complexes aéroportuaires dans six pays. Pour Aéroports de Paris, qui a acquis en mai 2012 38 % des parts de Tav pour 667 millions d'euros, l'attribution du troisième aéroport stambouliote à un autre opérateur sonne comme un échec. L'aéroport Atatürk, avec ses quelque 35 millions de passagers annuels est en effet totalement saturé et les autorités prévoient sa fermeture lors de l'entrée en service de la troisième plate-forme. Le PDG d'ADP, Augustin de Romanet, avait toutefois fait état fin février de "compensations promises par le gouvernement" turc en cas d'ouverture du troisième aéroport avant 2021, date de la fin de la concession d'Atatürk arrêtée au moment de la prise de participation dans Tav. Un autre compétiteur était l'allemand Fraport AG, opérateur de l'aéroport de Francfort et d'une douzaine d'autres à travers le monde, qui a présenté une offre en partenariat avec l'entreprise turque de BTP IC Içtas Insaat.

"Cet aéroport s'inscrit dans une série de projets pharaoniques"


Istanbul dispose déjà d'un deuxième aéroport, baptisé Sabiha Gökcen, sur la rive "asiatique" d'Istanbul. Il affiche une capacité d'environ 3,5 millions de passagers par an, pour l'essentiel transportés par des compagnies à bas coûts. La construction du troisième aéroport s'inscrit dans une série de projets pharaoniques décidés par le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, ancien maire d'Istanbul, sur fond de forte croissance économique du pays, notamment en 2010 et 2011. Ceux-ci comprennent le creusement d'un large canal reliant la mer Noire à la mer de Marmara pour détourner le trafic maritime qui engorge le détroit du Bosphore, en plein cœur d'Istanbul, ainsi que la construction de deux villes nouvelles d'un million d'habitants chacune.

Nicolas Cheviron

Lundi 6 Mai 2013



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