La croisière, nouveau défi du port de Nouméa


Le port néo-calédonien vient tout juste d'adopter son nouveau schéma directeur, qui fixe la ligne de conduite pour la période 2014-2025. Il mise en priorité sur le développement de la croisière.


Les paquebots vont délaisser la petite rade de Nouméa (au premier plan) pour la grande ©PANC
Les paquebots vont délaisser la petite rade de Nouméa (au premier plan) pour la grande ©PANC
Le Conseil d'administration du port autonome de Nouvelle-Calédonie (PANC) a adopté le 27 février son nouveau schéma directeur. Le document fixe les axes de développement de l'établissement public pour une période de onze ans, jusqu'en 2025. La question de la capacité conteneurisée étant en voie de finalisation, l'établissement va maintenant se consacrer au développement de la croisière, activité qui avait été écartée, faute de moyens, du précédent schéma directeur, qui s'achevait en 2013. "Nous n'avions pas la capacité de faire les deux, il a fallu choisir", explique Philippe Lafleur, le directeur du port.

Nouveaux retards pour le terminal à conteneurs

L'extension du terminal à conteneurs avance, malgré quelques péripéties puisqu'elle ne sera finalement pas bouclée avec un an de retard mais plutôt deux. "Alors que le marché pour le quai avait été attribué, deux des quatre entreprises du groupement choisi se sont retrouvées en liquidation judiciaire et les travaux n'ont jamais commencé", raconte, fataliste, Philippe Lafleur. Un nouvel appel d'offres a donc été lancé avant d'être annulé par le tribunal de commerce juste avant la signature pour un défaut de conformité de la procédure. Un troisième appel d'offres est en cours, pour une clôture du dépôt des candidatures le 10 mars et une attribution du marché le 21 avril.
Le projet consiste à ajouter 250 mètres de quais aux 750 mètres actuels, à porter le tirant d'eau de 10,30 à 12,50 mètres et à draguer le chenal d'accès, le tout pour une enveloppe d'environ 25 millions d'euros. "Nous avons décidé de ne pas être "feederisé"", résume celui qui dirige le port depuis vingt-deux ans. L'appel d'offres pour le dragage sera lancé une fois les travaux du quai lancés, pour une livraison fin 2016. Cette extension permettra au port de Nouméa de recevoir des porte-conteneurs jusqu'à 3.000 EVP de capacité, contre 2.000 aujourd'hui.

Une activité en pleine explosion

Dès lors, le PANC va pouvoir consacrer ses ressources à d'autres développements. Le projet principal du schéma directeur 2014-2025 concerne donc un secteur dont l'activité a explosé ces dernières années : + 28 % de croisiéristes entre 2012 et 2013 et un trafic qui a presque triplé depuis 2009.
Le quai d'honneur étant limité aux paquebots de 250 mètres, le plan prévoit le transfert total de l'activité depuis la petite vers la grande rade (partie Nord du port). Il s'agit de répondre à l'augmentation de la taille des navires alignés par les compagnies et de pouvoir traiter simultanément deux unités de 300 à 330 mètres. L'adaptation aux nouvelles règles du jeu a déjà commencé : "40 % des paquebots ne sont déjà plus accueillis en petite rade mais sur le quai commercial", précise Philippe Lafleur. Le projet prévoit la construction d'un épi dans le prolongement du futur quai rallongé. Le directeur du PANC estime qu'il faudra attendre six ou sept ans pour voir inaugurées les futures installations. Aujourd'hui, la quasi-totalité des escales à Nouméa sont assurées par P&O sur un trajet Australie, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu et Fidji.

"Nous ne pouvions pas développer à la fois conteneurs et croisière"


Parmi les autres projets, figurent le réaménagement du terminal de commerce après son extension en 2016 (agencement, circulation, sécurité), la réorganisation des terminaux dédiés aux navires passagers à grande vitesse (tourisme vers les îles Loyauté et trafic Nord-Sud) et de ceux consacrés aux navires d'utilité collective (Nuc). Le port de Nouméa mise ici sur le développement du transport urbain par navettes. Il pense également au développement de la grande plaisance, dont il veut améliorer l'accueil. Une meilleure répartition des espaces entre yachts et navires de commerce est aussi à l'étude.
Le dernier point inscrit au schéma directeur concerne la réparation navale. "Certains navires affectés au trafic local n'entrent pas dans notre cale de halage de 1.000 tonnes et vont caréner en Australie", regrette le directeur du port. La réflexion porte sur la pertinence de se doter d'une plus grande cale au regard du niveau d'activité et sur le choix de la situer à Nouméa ou ailleurs. "Aurons-nous la capacité d'attirer de nouveaux clients et notre main-d'œuvre qualifiée est-elle suffisamment abondante ?", interroge Philippe Lafleur. Le débat est lancé.

Tous les trafics du PANC en baisse en 2013

En 2013, le trafic total du port de Nouméa a reculé de 3,5 %, à 5,199 Mt. Le trafic intérieur, qui consiste essentiellement en l'approvisionnement par la mer de l'usine SLN de Nouméa en minerai de nickel extrait ailleurs dans l'île (3,227 Mt), est en léger recul de 1,1 % (3,34 Mt).
Le trafic extérieur a reculé plus sèchement, de 7,7 %, à 1,86 Mt. D'une part, les importations, représentatives de l'activité économique locale, ont décliné de 8,5 % (1,605 Mt), dont - 1,8 % pour les marchandises diverses (0,56 Mt) et - 9,1 % pour les vracs liquides (0,66 Mt). D'autre part, les exportations ont décru de 2,6 % (0,255 Mt), au gré des roulements de stocks et de la demande mondiale de produits semi finis issus du nickel, qui composent la majorité des sorties (0,165 Mt, - 17 %) et sont conditionnées en conteneurs.
En nombre de boîtes, les conteneurs ont légèrement baissé (94.680 EVP, -1,2 %), à cause des exportations (44.540 EVP, - 2,5 %). Le nombre total de conteneurs vides a augmenté de 2,2 %. L'industrie du nickel fournit directement 65 % du trafic total du port.
Au sujet du mouvement de grève contre la vie chère, qui a bloqué le PANC pendant douze jours en mai, son directeur Philippe Lafleur reconnaît que "le port en a subi les conséquences, même si les trafics déroutés reviennent inéluctablement", mais estime avoir eu "une année sociale normale".

Franck André

Lundi 3 Mars 2014



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