La croissance maritime de la Chine au rythme de la mutation économique du pays


Dans sa dernière analyse, l'Isemar explique que l'activité maritime et portuaire chinoise reflète la mutation économique du pays et va amener le shipping national à devenir "le premier au monde". Mais la croissance fulgurante des ports chinois devrait ralentir avec le débrayage de la croissance.


© Vincent Calabrèse
© Vincent Calabrèse
En 2012, les ports chinois ont vu transiter 10,8 milliards de tonnes de marchandises, soit le double du trafic comptabilisé en 2005 et presque le quadruple de celui enregistré dix ans auparavant, d'après la dernière note de synthèse de l'Institut supérieur d'économie maritime (Isemar) intitulée "le transport maritime chinois, puissance et limites". Selon Paul Tourret, le directeur de l'Isemar, "ce tonnage représente 2,5 fois les trafics de l'ensemble du continent européen en incluant la Russie et la Turquie. Le commerce extérieur pèse 3 milliards de tonnes qui se décomposent en 500 Mt de produits conteneurisés, 745 Mt de fer, 100 Mt de produits sidérurgiques, 290 Mt de charbon, 40 Mt de bauxite, 70 Mt de grains, 270 Mt de pétrole, 100 Mt de produits raffinés, 50 Mt de produits chimiques et 20 Mt de GNL".

"Les ports chinois ont vu leur trafic quadrupler en dix ans"


La note de synthèse souligne que la Chine pèse lourd dans le commerce maritime global puisqu'elle représente 22 % du tonnage transporté mondialement et 33 % des flux conteneurisés. Néanmoins, l'auteur du document confirme à son tour que la croissance de la demande se stabilise. Le trafic domestique est a priori équivalent aux 7,5 milliards de tonnes comptabilisées dans les ports de départ et d'arrivée. Selon l'Isemar, ce trafic se compose de redistribution des produits industriels (ciment, produits raffinés, chimie, produits métallurgiques), des échanges régionaux et de feedering de conteneurs ainsi que les approvisionnements des métropoles côtières et fluviales en charbon venu du Nord (640 Mt en 2012).
La note de synthèse ajoute qu'une trentaine de ports traite plus de 50 Mt, une dizaine dépasse 300 Mt, deux 600 Mt (Ningbo, Zhoushan et Shanghai). "Au fil des années, l'activité portuaire alimentée par les flux internes et les approvisionnements en matières premières importées s’est diversifiée à l'image de la conteneurisation qui touche pratiquement tous les ports du pays", poursuit l'auteur.
Le document souligne : "D'un point de vue maritime, ce qui frappe c'est la contribution aux échanges internationaux de produits manufacturés depuis l'adhésion de la Chine à l'OMC en 2002. La sous-traitance, les délocalisations puis la dynamique industrielle autonome ont fait de la Chine une formidable machine à produire des biens manufacturés. Le "made in China" est devenu un usage courant sur la planète et la baisse de la demande occidentale est en partie compensée par celle du reste du monde". Et l'Isemar d'ajouter que cette évolution s'est traduite par la très forte croissance des flux conteneurisés qui se sont élevés en 2010 à 37 millions d'EVP (M EVP) pleins exportés et 14 M EVP pleins importés.
Selon lui, en 2012, les chiffres portuaires chinois mentionnent 177,7 M EVP traités. Entre 2007 et 2012, les dix premiers ports sont passés de 93 M EVP à 139 M EVP.

L'État finance la construction navale

Au chapitre de la construction navale, remarque l'Isemar. Le pays, qui était placé au rang de 10e constructeur mondial en 1990, s'est hissé à la 3e place dès 2000, relève le document. En 2012, ses parts de marché se sont élevées en 2012 à 37 % "dans le cadre d'une concurrence forcenée avec les Sud-Coréens".
Avec 21 %, la part des commanditaires nationaux reste plus importante qu'en Corée mais demeure inférieure à celle du Japon où elle s'élève à 41 % , précise la note. Quelque 44 % du carnet de commandes en 2012 étaient constitués par des vraquiers pour le marché chinois et international.
Néanmoins, la construction navale chinoise ne se porte pas bien, observe l'Isemar. La crise maritime internationale se double d'une croissance trop rapide (spéculation, décentralisation, etc.) du secteur. "La faiblesse de la demande a introduit une crise sectorielle et Pékin est obligé d'agir", note le document, ajoutant que l'État est contraint de "stimuler la recherche et l'innovation".
La note de synthèse aborde le chapitre d'une politique chinoise visant à favoriser l'accès au financement des armements grecs qui est en réalité "une politique en faveur de la construction navale nationale". La Chine, bien que s'étant largement ouverte vers l'extérieur ces dernières années, a conservé une économie encadrée, (notamment pour ce qui concerne les industries lourdes) et reste un pays de strict contrôle administratif, ajoute l'auteur du document qui n'oublie pas de mentionner l'absence de la convertibilité de la devise (le renminbi).

Vincent Calabrèse

Mardi 31 Décembre 2013



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