La forme 10, pour remettre Marseille à flot


La remise en service dans six mois de la plus grande forme de réparation navale de Méditerranée doit relancer l'activité industrielle dans les bassins Est du port de Marseille.


La construction du futur bateau-porte s'achève au milieu de la forme 10 © Franck André
La construction du futur bateau-porte s'achève au milieu de la forme 10 © Franck André
Un an après le lancement de la réhabilitation de la forme 10 et six mois avant sa livraison, le Grand Port maritime de Marseille a convié financeurs et parties prenantes du projet pour une visite de chantier. Opération la plus spectaculaire, la construction d'un nouveau bateau-porte est la clé de voûte de ce projet de 31,1 millions d'euros comprenant 3 millions d'investissements privés. Une fois achevé, il sera posé début avril avant des tests de mobilité et d'étanchéité pour une mise en service de la forme de radoub le 1er septembre.
La résurrection prochaine de cet outil abandonné il y a trente ans, "troisième plus grande forme de réparation du monde et première en Méditerranée" est pour la directrice du port Christine Cabau-Woehrel un chantier emblématique de la redynamisation des bassins Est".

"Personne ne construirait une forme 10 aujourd'hui"


Après des années d'atermoiements, le GPMM entend désormais profiter de cet atout considérable, hérité d'une époque où les super-tankers grossissaient à vue d'œil et où tout semblait possible. "Plus personne ne construirait une forme 10 aujourd'hui", selon Patrick Olivier, chef d'établissement à Toulon pour STX France, partenaire commercial des opérateurs – San Giorgio del Porto et sa société sœur Mariotti – via Chantiers navals de Marseille (CNM). Selon Philippe Bion, chef du département ingénierie du GPMM, une telle réalisation coûterait de nos jours entre 600 et 700 millions d'euros.

Sur la route des croisiéristes

La croisière, en pleine explosion à Marseille, est le premier marché visé, mais les navires de services offshore du Nord de l'Europe sont aussi des objectifs, de même que ceux évoluant sur des lignes short-sea dans la région. Ancienne de CMA CGM, Christine Cabau-Woehrel rappelle que "l'idéal pour un armateur est de réparer sur sa route commerciale". Or, Marseille est le sixième port de croisière de Méditerranée, le deuxième marché mondial. Aux escales techniques programmées s'ajoutent les avaries qui peuvent provoquer des arrêts ponctuels. Le GPMM et ses concessionnaires comptent aussi prendre leur part sur le marché du "refit", en vogue chez les croisiéristes.
Marseille compte quelques concurrents, notamment Cadix, numéro un européen, et d'autres chantiers à Malte, en Italie ou en Grèce. Mais Christine Cabau-Woehrel rappelle que le gâteau à partager est en croissance continue.

Faible visibilité

Les objectifs sont pourtant flous, sur un marché habitué à naviguer à vue. "Les armateurs se décident au dernier moment. Très peu s'engagent sur des longues durées et les contrats sont faciles à casser", explique Pierenrico Beraldo. Le directeur adjoint de CNM, qui traite "7 à 8 paquebots par an dans les formes 8 et 9" serait "heureux d'atteindre la vingtaine avec la forme 10". Il se fixe un objectif à terme de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, même si l'opérateur admet n'avoir encore reçu aucune commande pour la forme 10. Pierenrico Beraldo évoque aussi l'hésitation des armateurs de se projeter sur un équipement qui n'est pas encore livré : "il y a eu plusieurs projets de réhabilitation de la forme 10 par le passé. Les clients se demandent si cette fois est vraiment la bonne".

Franck André

Mercredi 11 Février 2015



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