La grève des ports creuse le déficit commercial américain


Le déficit américain s'est fortement creusé en mars pour atteindre son plus haut niveau mensuel en près de six ans et demi, sur fond d'appréciation du dollar et de la fin de la grève portuaire.


Les ports de l'Ouest des États-Unis ont subi une grève sévère en mars © The Port of Los Angeles
Les ports de l'Ouest des États-Unis ont subi une grève sévère en mars © The Port of Los Angeles
Selon les données du département du Commerce, le solde des échanges des États-Unis s'est établi à 51,4 milliards de dollars, soit une hausse de 43,1 % par rapport à février. Cela représente un sommet depuis octobre 2008 et montre la plus forte hausse depuis presque vingt ans. L'ampleur de ce creusement brutal du déficit, tiré par une augmentation historique des importations (+ 7,7 %) alors que les exportations ont stagné (+ 0,9 %), a surpris les analystes.

Les entrées de marchandises bondissent

L'appréciation de 15 % du billet vert depuis l'été explique en partie le creusement du déficit. Cela rend les exportations américaines plus chères et les importations au contraire, moins onéreuses. L'effet dollar peut se voir surtout dans les données annuelles, le déficit commercial américain ayant progressé de 5,2 % par rapport à mars 2014.
Mais, sur le seul mois de mars, c'est surtout la fin de la sévère grève des ports de l'Ouest du pays qui a fait bondir les entrées de marchandises. En mars les ports de la côte pacifique, tournée vers l'Asie, ont pu désengorger l'accumulation d'importations bloquées jusqu'ici. C'est ainsi que les importations de biens ont enregistré une hausse de 9 %, un record historique. En février lorsque la grève était encore en cours, le déficit commercial s'était fortement réduit pour tomber à son niveau le plus bas en cinq ans, à la faveur d'une diminution des importations. "La majorité des biens échangés avec l'Asie passe par les ports qui ont été directement affectés par le conflit social et les arrêts de travail au cours des derniers mois", notait Jesse Hurwitz, expert chez Barclays Research. "Après la résolution du conflit en février, le gonflement en volume des échanges a favorisé les importations" en mars, a-t-il souligné.
La plupart des analystes estiment que ces mauvais chiffres commerciaux de mars devraient se résorber le mois suivant: "les importations devraient s'atténuer en avril, ramenant le déficit commercial à un niveau plus normal", soulignait Paul Ashworth de Capital Economics. Le solde des échanges américains est de toute façon chroniquement déficitaire.
"Je ne vois pas un tel creusement du déficit comme étant une nouvelle tendance de l'économie américaine. Les données de mars sont clairement le fait de facteurs temporaires", estime encore l'analyste Jesse Hurwitz.

Impact négatif sur le PIB

Reste que le gonflement du déficit en mars est une mauvaise nouvelle pour la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) du premier trimestre.
La première estimation officielle publiée le 29 avril a annoncé un ralentissement de la croissance à 0,2 % de janvier à mars au lieu d'une croissance de 2,2 % le trimestre d'avant. Mais c'était sans connaître l'évaluation de ce volume faramineux d'importations. Celles-ci comptent pour une soustraction dans le PIB.
Il y a fort à parier que la deuxième estimation du PIB américain pour le premier trimestre, qui sera annoncée le 29 mai, montre finalement une contraction de l'activité. "Ce sera une modeste contraction de 0,3 % en rythme annualisé", prédit Paul Ashworth.
C'est peut-être la raison pour laquelle Wall Street, habituellement peu sensible aux chiffres mensuels très volatils du commerce extérieur, a réagi négativement mardi. Le Dow Jones perdait 0,45 % en milieu de journée.
En termes géographiques et en données brutes, le déficit américain avec la Chine a grimpé de 38,6 % à 31,2 milliards en mars. Il a aussi bondi de 35,7 % avec l'Union européenne, dont 1,6 milliard avec la France (+ 42,4 %) et 6,1 milliards (+ 14,9 %) avec l'Allemagne.
C'est avec le Japon que le déficit américain s'est le plus creusé en mars (7,1 milliards, soit 70,4 %), à l'heure où les deux pays sont prêts de conclure un traité commercial de libre-échange.

Virginie Montet

Mercredi 6 Mai 2015



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