La hausse annuelle des péages autoroutiers déplaît au gouvernement



© Michel Durand
© Michel Durand
Alors qu'une hausse du tarif des péages d'autoroute de 0,57 % doit être présentée vendredi 28 novembre aux usagers, dans le cadre de l'augmentation annuelle, les négociations s'annoncent houleuses, la ministre de l’Écologie en charge des Transports, Ségolène Royal, la jugeant "inadmissible". "On ne leur donnera pas cette autorisation", a-t-elle indiqué, associant le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, dans cette décision. "L'État, au nom du pouvoir d'achat des Français, va prendre ses responsabilités et va leur rappeler leurs droits et leurs devoirs", a-t-elle encore expliqué, en marge de la Conférence environnementale ouverte par le président, François Hollande.
Une hausse de 0,57 % du tarif des péages au 1er février 2015 doit être présentée au comité des usagers. Les tarifs des péages augmentent chaque année au 1er février, selon les termes des contrats signés entre l'État et les sociétés d'autoroute. Le pourcentage est calculé par les services de l'État, selon une formule déterminée dans les contrats, au regard de l'inflation, a rappelé jeudi 27 novembre l'Association des sociétés françaises d'autoroute (Asfa). Pour 2015, l'inflation du mois d'octobre 2014, prise en compte dans le calcul, est de 0,38 %. Les investissements réalisés par ces sociétés sont également pris en compte dans le calcul, ce qui fait l'objet de discussions avec l'État, avant de déterminer le pourcentage définitif d'augmentation, annoncé à la fin du mois de janvier. L'Asfa précise que la "consultation du comité des usagers est un processus administratif interne à l'État, auquel les sociétés d'autoroute ne sont pas associées", et qu'elles "s'étonnent donc des commentaires".
Ségolène Royal a estimé qu'il s'agit pour les sociétés d'autoroute de "faire un rapport de force", rappelant que la Cour des comptes avait "mis en exergue le fait que les autoroutes ont déjà trop augmenté leurs tarifs par rapport aux droits qui étaient les leurs". Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a déjà promis de renforcer la régulation dans tous les secteurs et de "baisser les tarifs là où c'est possible".
Au 1er février 2014, les tarifs autoroutiers avaient augmenté de 0,80 % en moyenne, tandis que la proposition formulée en novembre était de 1,14 %. La hausse moyenne annuelle s'élève à 1,9 % depuis 2003. Selon le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, il s'agit d'une "hausse absolument inacceptable alors que le ministre avait promis une baisse". Il a précisé que l'association comptait riposter, avec le lancement du site www.stopauxpeagestropchers.com, sur lequel les usagers pourront signer une pétition. Y seront également recensés les parlementaires et présidents de partis politiques qui se sont prononcés contre une hausse des tarifs.
Les concessionnaires autoroutiers sont dans le collimateur du gouvernement, qui s'appuie notamment sur un rapport de l'Autorité de la concurrence, rendu en septembre, et qui faisait état d'une situation de "rente". L'Autorité pointait aussi une hausse des péages qui a quasiment toujours dépassé l'inflation depuis dix ans et des contrats qui garantissent en outre que les tarifs ne baisseront pas, même en cas de déflation. La mission d'information parlementaire sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport, qui a rendu un rapport d'étape le 19 novembre, a réclamé un débat public au Parlement et évoqué des pistes alternatives à une renationalisation prônée par certains.
De leur côté, les concessionnaires ont appelé récemment à "sortir de la critique excessive". Sur la durée d'une concession, "la rentabilité sera de 7 % par an si tout va bien, elle sera négative si tout va mal, c'est-à-dire si les taux d'intérêt montent et si le trafic baisse", avait expliqué Pierre Coppey, président de Vinci Concessions et de l'Asfa.

Julie Chabanas et Cécile Baraille

Vendredi 28 Novembre 2014



Lu 53 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse